JPIC au Québec

 

 

Chers confrères, AssociéEs et Soeurs spiritaines,

Ce mardi 22 mai 2012 marquait le 100e jour de ce qu’il est désormais convenu d’appeler la

‘grève des étudiants’ des niveaux collégial et universitaire au Québec. De la revendication pour

un gel des droits de scolarité, le débat est pratiquement devenu une lutte à finir avec le gouvernement

sur sa manière de gérer le financement des universités et de l’accès à l’éducation

supérieure pour tous, sans parler des autres dossiers chauds avec lesquels il est aux prises.

L’adoption, le 18 mai dernier, de la loi spéciale (Loi 78) qui espérait mettre fin à une crise

sociale de plus en plus inquiétante semble n’avoir réussi qu’à jeter de l’huile sur le feu : une

29e manifestation nocturne consécutive avait lieu au centre-ville de Montréal en ce 22 mai, qui

marquait aussi la 3e grande manifestation mensuelle (après celles des 22 avril et 22 mars derniers)

depuis le début de la grève le 13 février.

Et, depuis le 18 mai, comme pour démontrer l’imagination fertile des gens de la rue et leur

capacité à contourner les pièges d’une loi insensée - même au risque de frôler l’illégalité -tous

les soirs à partir de 20 h, ce sont des centaines de personnes, de tous âges, qui sortent et se

rassemblent aux intersections des grandes artères de Montréal (et de plus en plus dans

d’autres villes) en frappant sur leurs casseroles (ou autres objets métalliques), créant ainsi un

grand tintamarre en réponse à l’invitation de manifester contre la Loi 78 : ils le font en traversant

la rue au feu vert, en aller-retour et dans les quatre directions de l’intersection, dans la

bonhommie et sous les yeux attentifs des policiers qui ne sont pas loin…

Il est bien difficile de prédire combien de temps dureront ces démonstrations de ‘ras-le-bol’ populaire

envers des politiques abusives et un système économique qui crée de plus en plus d’écarts

entre les riches et les pauvres…

Pour tenter d’y voir un peu plus clair, vous trouverez ci-dessous, d’abord un texte de Christian

Nadeau, professeur au département de philosophie à l’Université de Montréal, publié juste avant

l’adoption de la Loi 78. - Ce texte est interprété par Christian Bégin et Dominique Leduc dans une vidéo

accessible sur le site ‘http://profscontrelahausse.com/’ intitulée ‘Un grand tonnerre’ -. Christian Nadeau a

publié quelques autres textes depuis le début du conflit étudiant et a participé à des tribunes publiques, notamment

au Réseau de l’Information (RDI).

Puis suivra un texte éditorial cosigné par les cinq éditorialistes du DEVOIR après l’adoption de

la Loi 78.

Le conflit étudiant québécois attire l’attention et l’appui de l’étranger – particulièrement des

États-Unis et de la France - depuis des semaines déjà. Un coup d’oeil sur l’une de ces réactions

nous aidera peut-être à encore mieux saisir les enjeux qui s’y révèlent pour notre société. Une ‘lettre

ouverte’ intitulée ‘L’acte fondateur de l’âge barbare’ signée par deux enseignants et d’abord

publiée sur <mediapart.fr> (France) le 20 mai, nous invite à la réflexion.

De plus, pour vous aider à resituer ce conflit dans le temps, vous pouvez réécouter, sur la 1re

Chaine de Radio-Canada, l’émission ‘Dimanche magazine’ du 20 mai, en particulier ‘Le reportage

d’Akli Aït Abdallah’ qui en retrace les étapes depuis les rumeurs de hausse des droits de

scolarité en mars 2010.

Enfin, si vous avez le goût d’aller plus loin, lisez la ‘Libre opinion’ d’Isabelle Morissette, Enseignante

au collège Bois-de-Boulogne (Montréal) intitulée ‘Mauvaise foi populaire’, sur le site du

DEVOIR du jeudi 24 mai, en page éditoriale.

Bonne lecture et réflexion.

(Berthier Thériault, pour le Comité JPIC)

LE DEVOIR -

17 mai 2012 - par Christian Nadeau

 

U

N GRAND TONNERRE.

L

ETTE OUVERTE AUX ÉTUDIANTES ET AUX ÉTUDIANTS EN GRÈVE

 

Chères étudiantes, chers étudiants,

Vous me permettrez tout d’abord de m’adresser à

votre groupe dans son ensemble, et non à vos

porte-paroles, ou à ceux que les médias nomment

vos « leaders », une expression qui reflète bien

l’abrutissement servile de notre époque. Voilà

pourquoi je veux parler à tous les militants et

militantes du mouvement étudiant.

Je vous écris cette lettre afin de vous saluer et de

vous demander, humblement, de nous aider à

poursuivre votre oeuvre. Votre lutte est la renaissance

de la gauche au Québec, endormie depuis

des années par les privilèges de quelques-uns et

étourdie par sa propre rhétorique préfabriquée.

Vous êtes les travailleurs de la liberté. Vous avez

dénoncé les fastes doucereux de nos paradis artificiels.

Vous nous avez rappelé ce qu’est un peuple

dans ce qu’il peut être de plus beau : un grand

acte de confiance. Vous nous avez parlé, vous

nous avez tendu la main, même lorsque nous

vous laissions sans réponses. Mais il n’est pas

trop tard. Nous serons d’abord quelques centaines,

puis des milliers à oeuvrer avec vous. Reste la

question de la violence, qui serait le mur entre

nous. Mais de quelle violence parlons-nous au

juste ?

 

Violence et contestation

 

Il est confortable de condamner la violence lorsqu’on

ne la subit pas au quotidien. Commode de

juger sans comprendre, et de juger en bloc tous

les étudiants pour des gestes favorisés, voire

peut-être même espérés avec cynisme par nos

élus. Certes, certains d’entre vous jugent que

l’heure n’est plus aux évènements festifs où

l’imagination confronte le pouvoir. Mais vous

savez aussi que la raison du plus fort ne peut être

la meilleure.

Pour ma part, je serai toujours contre un pouvoir

qui est au bout du fusil, quelle que soit la personne

qui tient le fusil. Mais je n’ai jamais vu une

matraque entre les mains d’un étudiant. En revanche,

je n’ai jamais été témoin d’une telle violence

à l’égard d’un groupe social au Québec. Je

n’ai jamais vu un tel mépris du gouvernement à

l’égard de ses propres citoyens. Je n’ai jamais vu

une telle arrogance d’un trop grand nombre de

journalistes et de chroniqueurs devant ceux qui

pourraient leur apprendre à écrire et à s’exprimer

décemment.

Le mouvement étudiant s’insurge contre les bastonnades

par des matamores de la matraque,

maniant celle-ci comme s’il s’agissait d’un hochet.

Ils postillonnent du poivre de Cayenne et

dégradent toute leur profession. Je suis peut-être

naïf, mais je demeure absolument convaincu que

les policiers sont profondément divisés sur

l’image donnée d’eux lors des répressions à la

sauce militaire. Les charges martiales de policiers

en armures contre des manifestants pacifiques

n’ont pas pour premier but de vous effrayer. Elles

visent en réalité à vous humilier, jusqu’à ce que la

raison cède le pas à la colère et déclenche des

hostilités dont les forces de l’ordre se voient déjà

vainqueurs. Voilà contre quoi vous luttez : à la

raison du plus fort, vous opposez la force de la

raison. En dénonçant la violence commise sur

des personnes, vous avez rappelé le sens réel de

ce débat moral. Vous avez fait ce que vous faites

depuis des mois : vous nous apportez une parole

édifiante

 

La grève est étudiante…

 

Chacun connaît le fameux passage de

Terre des

hommes

, où l’auteur condamne la volonté de

mettre un terme à ce qu’il y a de meilleur dans le

coeur de tous.

« Ce qui me tourmente, dit Saint-

Exupéry, les soupes populaires ne le guérissent

point. Ce qui me tourmente, ce ne sont ni ces

creux, ni ces bosses, ni cette laideur. C’est un

peu, dans chacun de ces hommes, Mozart assassiné

»

. Cette phrase, souvent galvaudée, résonne

malgré tout dans le contexte actuel, car elle exprime

le dégoût devant l’ignoble. Le gouvernement

s’obstine à vous mépriser, au mépris même

de sa raison d’être. Il espérait une humiliation

publique et il l’a fait à coup de matraque, mais

aussi et peut-être surtout d’invectives des chiens

de garde des nantis, des profiteurs et des saboteurs

de la chose publique. Aux courtisans du

pire, vous répondez en refusant de perdre votre

dignité. Vous offrez une leçon de morale publique

à un gouvernement qui ne se préoccupe plus

d’honneur depuis trop longtemps.

 

Mais la lutte est populaire

 

Il est étonnant de voir les commentateurs

s’étonner du tournant politique de la grève étudiante.

Pourtant, depuis le début, vous avez dit

clairement pourquoi votre lutte concernait un

enjeu fondamental de notre société. Depuis le

début, vous avez refusé toute forme de corporatisme.

Vous avez proposé des options et vous

avez accepté tous les débats sociaux, y compris

avec ceux-là mêmes qui préféraient vous traîner

dans la boue plutôt que de vous accorder le

moindre crédit. Quelle que soit la suite des choses,

vous avez déjà remporté une victoire que

vous avez eu l’immense générosité de nous offrir

tous les jours depuis le début de la grève.

Si une partie de notre société a voulu vous humilier,

c’est qu’elle craint le retour d’une véritable

option social-démocrate. Si elle réagit avec une

telle violence à votre mouvement, c’est par peur

de ceux qui redressent l’échine et se disent prêts

à défendre le bien commun. Pourquoi vouloir

enfermer la liberté dans une cage et briser

l’espoir d’une société plus juste ? Est-ce bien Mozart

qu’on assassine en voulant détruire votre

mouvement ? Ne devrions-nous pas plutôt chercher

à comprendre pourquoi ils veulent tuer Jaurès

?

 

Un grand tonnerre

 

Je termine en vous remerciant, encore une fois,

et en conviant tous ceux qui, comme moi, ressentent

au plus profond d’eux-mêmes cette infinie

reconnaissance qu’ils ont à votre égard, à en faire

autant. Nous saluerons votre courage, et votre

refus de l’abdication. Et ensemble, nous reconstruirons

une société civile et un État que les thuriféraires

du privé voudraient voir disparus.

Chères étudiantes, chers étudiants, vous nous

avez montré la voie. On dit de vous que vous exigez

l’impossible. Au contraire, vous ouvrez les

possibles. C’est la raison pour laquelle nous serons

nombreux à vous accompagner lors de la

grande manifestation du 22 mai, en marchant

avec vous ou en formant une grande haie

d’honneur pour saluer votre détermination, en

vous saluant de toutes les fenêtres. Nous formerons

ensemble un grand tonnerre, oui, un très

grand tonnerre d’applaudissements, une ovation

dont l’écho se fera entendre encore et encore,

pour que durent la lutte et l’espoir.

 

Christian Nadeau est professeur au Département

de philosophie à l’Université de Montréal.

 

L

OI 78 - ABUS DE POUVOIR

 

LE DEVOIR -

19 mai 2012 Québec

 

Cet éditorial a été cosigné par Bernard Descôteaux, Josée Boileau,

Jean-Robert Sansfaçon, Marie-Andrée Chouinard, Serge Truffaut

 

Le gouvernement Charest a choisi de dénouer la

grève étudiante sur les droits de scolarité par la

manière forte, suite logique de sa gestion d’une

crise qu’il n’a jamais comprise ni maîtrisée. Son

scénario était mauvais et la conclusion de

l’histoire ne peut qu’être lamentable. Nous la dénonçons.

Les seuls mots qui peuvent qualifier la loi numéro

78 adoptée hier par l’Assemblée nationale

pour assurer un retour aux études sont ABUS DE

POUVOIR. S’il fallait une loi pour assurer les

conditions d’accès à l’enseignement, ce qui était

nécessaire en soi, rien ne justifiait de suspendre

les droits démocratiques fondamentaux de

l’ensemble des citoyens québécois, tel le droit de

manifester qui sera désormais soumis à des

conditions et des contrôles exercés arbitrairement

par les corps de police.

Pourquoi un tel excès d’autorité ? On ne peut que

remarquer que, dans l’histoire du Québec et du

Canada, deux États démocratiques dotés de chartes

des droits et libertés qu’on porte fièrement à

la boutonnière, la tentation autoritaire est présente

dès que la tension sociale croît. Elle est le

corollaire de la peur engendrée par la faiblesse

des autorités en place. Les exemples sont nombreux.

Il y a bien sûr la Crise d’octobre, mais aussi

l’abus de force des policiers lors du sommet du

G20 à Toronto il y a deux ans. Dans le cas présent,

cette faiblesse a été démontrée par

l’incapacité du gouvernement Charest à régler

par le dialogue cette crise.

Ces tentations autoritaires, nous avons toujours

cru au Devoir qu’il fallait les dénoncer, même s’il

fallait être seul contre tous. C’est ce qu’avait fait

avec courage en 1970 Claude Ryan lorsque fut

imposée la Loi sur les mesures de guerre. Le respect

des droits fondamentaux fait partie de nos

valeurs. Nous avons toujours été préoccupés par

le destin collectif de notre société, mais tout autant

soucieux d’assurer aux individus une protection

contre les abus et dérives de l’État. Les voix

qui protestent contre ceux contenus dans la loi

numéro 78 sont nombreuses. Le gouvernement

Charest a bien accepté quelques amendements à

son projet de loi, mais la loi telle que votée va

trop loin.

Le mépris ressenti par les groupes étudiants, et

qui a fait obstacle à de saines négociations de

toutes parts réclamées, s’articule aujourd’hui

dans une loi porteuse d’arrogance et d’une volonté

affirmée de casser une crise devenue hors de

contrôle, alors qu’il s’agissait au départ d’un désaccord

politique comme le Québec en a souvent

connu. Pour les étudiants, cette loi est une « déclaration

de guerre ». Pour les groupes sociaux,

c’est l’occasion saisie par l’État pour miner des

droits fondamentaux. La contestation juridique

qui s’annonce sera vive.

L’idée d’une pause dans cette escalade insoutenable,

par suspension des cours, eût suffi. Mais

non. La dégaine est excessive : elle heurte de

plein fouet des droits aussi cruciaux que ceux de

l’expression et de la manifestation, bafouant la

démocratie. Elle déborde du cadre habituel de la

dissuasion avec des amendes outrancières - pour

des étudiants qui dénoncent une hausse des

droits ! Elle menace l’existence des groupes étudiants,

leur nie tout rapport de force par voie de

grève en faisant du droit à l’éducation le principe

suprême, écorchant du coup le droit

d’association. Elle incite à la délation. Sombre

dans la dangereuse insignifiance en s’en prenant

aux carrés rouges.

Elle fait des dirigeants d’établissements des préfets

de discipline. Exige des associations qu’elles

mettent au pas leurs membres. Elle confère aux

corps policiers des pouvoirs d’encadrement qui

effacent, en définitive, la manifestation spontanée.

Elle rend l’État omnipuissant, lui conférant

des pouvoirs exorbitants qui flirtent avec le déni

de droit. Ses imprécisions et son arbitraire pourraient

s’étendre à d’autres sphères. L’inquiétude

et la méfiance se justifient pleinement. Rien ne

fut fait pour les dissiper, tout au contraire pour

les cristalliser.

Cette loi colorée par la répression ne pouvait

qu’entraîner stupeur et indignation, comme on

l’a vu hier dans un flot de réactions. Elle était

destinée à calmer le jeu ? Elle ajoute au climat

social trouble des dernières semaines un pan

d’incertitude susceptible d’ajouter au désordre.

Les citoyens ont eu raison de s’émouvoir devant

les images de violence auxquelles le conflit étudiant

a malheureusement mené. Mais cette loi

sournoise contient elle aussi sa part de violence.

Dans la population, on reçoit cela comme une

invraisemblance, une erreur, une honte. On

s’interroge : que seront les rassemblements désormais

? La ministre de l’Éducation dit que cette

loi est faite pour les étudiants, mais cela n’est pas

écrit dans le texte même. Comment sera-t-elle

interprétée ? Il y a une porte ouverte à des abus.

Provoquée par une opposition à la hausse des

droits de scolarité, cette loi spéciale laisse dans

son sillage la peur d’exprimer une idée contraire

à la ligne gouvernementale. Cela ébranle le socle

de la démocratie.

Que faire maintenant que cette loi est adoptée ?

Elle est la loi et il faut la respecter. Mais la résistance

est possible. Des recours existent. Il y a la

voie des tribunaux que prendront avec raison les

associations étudiantes et les groupes de défense

des droits. Et il y a celle de l’opinion publique qui

aura à se prononcer lors de la prochaine élection.

Le gouvernement voudra alors défendre sa décision

de hausser les droits de scolarité universitaires,

mais il lui faudra expliquer pourquoi il a laissé

un conflit si prévisible dégénérer en crise et

n’est intervenu que lorsqu’il était trop tard.

Il y a une troisième voie, celle de la raison que

pourrait retrouver le gouvernement Charest une

fois retombée la tension qui prévaut aujourd’hui.

Négocier est toujours possible. Il l’a fait il y a tout

juste quelques mois avec les procureurs de la

Couronne, négociant avec eux après leur avoir

imposé un retour au travail par une loi spéciale.

Prendre cette voie et retirer la loi 78 montrerait

que le premier ministre, ses ministres et ses députés

ne cherchent pas à instrumentaliser le droit

à des fins politiques, mais que leur préoccupation

première est la paix sociale.

Bernard Descôteaux , Jean-Robert Sansfaçon,

Josée Boileau,

Marie-Andrée Chouinard,

Serge Truffaut.

 

L’acte fondateur de l’âge barbare

 

LE DEVOIR - 23 mai 2012, Gordon Lefebvre, Enseignant à la retraite; Éric Martin, Professeur de philosophie au collège Édouard-Montpetit,

 

Pour une première fois, nous prenons la plume au Québec

en craignant que cela puisse entraîner des représailles à

notre endroit. Malgré cela, il existe des choses qu’il faut dire

et écrire lorsque des crises significatives éclatent qui risquent

d’ébranler les fondements mêmes de la démocratie.

Depuis le début du conflit étudiant, le gouvernement présente

l’augmentation des droits de scolarité comme une

décision purement budgétaire qui relèverait du bon sens et

de la saine administration. Or, malgré son aspect comptable

à première vue, il s’agit dans les faits d’une décision proprement

politique, laquelle participe d’un projet néolibéral de

transformation du rapport que la jeunesse entretient avec le

savoir, les institutions et la société en général.

En effet, dans son discours de présentation de la loi

d’exception, Jean Charest a qualifié la réforme du financement

universitaire « d’acte fondateur » : « le gouvernement

a posé un acte fondateur, il s’agit de l’avenir de nos universités

et de nos collèges, il s’agit donc de l’avenir de nos

enfants, du financement d’institutions qui sont névralgiques

pour l’avenir de notre peuple ». Il faut entendre cette refondation

comme une rupture avec les valeurs cultivées par

notre société depuis la Révolution tranquille : universalité,

égalité, caractère public de l’éducation.

Désormais, l’éducation est entendue comme un bien de

consommation individuel que s’arrachent des clients en

concurrence. Cette transformation pousse les étudiants à

intérioriser sous la contrainte les idées et comportements

qu’attendent d’eux les entreprises et l’économie capitaliste.

Les étudiants ne sont pas les seuls à qui on impose la

culture de « l’utilisateur-payeur ». Cet imaginaire se diffuse

dans toute la société, et tous les services publics.

C’est le sens de la « révolution culturelle » dont parle le

ministre des Finances, Raymond Bachand. Si le gouvernement

tient tant à casser la résistance de la jeunesse, c’est

qu’il veut s’assurer que la transition d’ensemble se fasse

docilement.

 

Faux-fuyants

 

Afin d’éviter un débat de fond sur les finalités qui animent

ses politiques, le gouvernement a tout fait pour faire dévier

la discussion sur des enjeux réels, mais secondaires. Par

exemple, on peut faire de savants calculs sur l’accès aux

prêts d’études, mais cela ne règle en rien le débat fondamental

sur la gratuité scolaire, une revendication dépeinte

dès le départ comme utopique et irréaliste.

Avant d’en arriver au décret d’une loi spéciale, le gouvernement

a tenté d’épuiser le mouvement étudiant. Par la

suite, il a prétendu être ouvert à des négociations au moment

même où il préparait le projet de loi 78.

Cette loi menace les libertés fondamentales et rompt avec

les principes fondateurs de la démocratie. Par exemple, en

vertu de l’article 9 : « le ministre de l’Éducation […] peut

prendre toutes les mesures nécessaires, notamment prévoir

les dispositions législatives et réglementaires qui ne

s’appliquent pas et prévoir toute autre adaptation nécessaire

aux dispositions de la présente loi ainsi qu’aux dispositions

de toute autre loi ». Ces dispositions ouvrent la porte

à la soumission de toutes les lois au pouvoir discrétionnaire

et à l’arbitraire d’un seul ministre. L’effet recherché par cette

loi spéciale est-il vraiment de calmer les esprits comme le

prétend M. Charest ? Faut-il aller jusqu’à comprendre,

comme le disent certains avocats, qu’il faudrait même parler

d’un « coup d’État constitutionnel » auquel il ne manquerait

que la « loi du cadenas » ?

 

La Noirceur est en avant

 

Pour la génération des baby-boomers, la Grande Noirceur

est peut-être derrière dans le souvenir de Duplessis. Mais

pour la jeunesse qui est dans la rue actuellement et depuis

2001, 2005 et le G20 de Toronto, la Grande Noirceur est

droit devant : Charest à Québec, Harper à Ottawa. Dans les

deux cas, le budget sert d’arme de destruction massive des

politiques sociales.

Contre cela, depuis des semaines, la jeunesse persiste

pour introduire dans le débat public une conception du rapport

au savoir et une conception du monde qui s’opposent

aux politiques néolibérales actuelles. Elle nous donne

l’exemple de la résistance aux politiques de Charest et Harper

par sa combativité, sa ténacité, sa résilience et sa solidarité.

Si nous abandonnons les jeunes au matraquage

policier et aux lois matraques, nous aurons laissé dire qu’il

s’agissait uniquement d’une lutte corporatiste ou d’un conflit

de générations.

Or, il s’agit d’une revendication qui concerne toute la société

et son avenir. Nous choisissons aujourd’hui le visage du

Québec de demain. Sera-t-il une collection d’individusentrepreneurs

en guerre concurrentielle, ou une société

rassemblée autour de valeurs humanistes, de justice sociale

et de respect de l’écologie ? Pour empêcher la barbarie

néolibérale de prendre racine, il faut s’engager résolument

auprès de la jeunesse et lutter à ses côtés.

Chers confrères, AssociéEs et Soeurs spiritaines,

 

DÉVELOPPEMENT ET PAIX, l'organisme officiel de solidarité internationale de l'Église catholique au

Canada, pas encore réellement sorti de la crise interne qui l’accable depuis trois ans (cf. nos dossiers

précédents : INF. 05/2011, No. 300 et INF. 09/2011, No. 302), vient de subir de nouvelles coupures

budgétaires de la part de l’Agence canadienne de développement international (ACDI). Un article

récent du journaliste Jean-Claude Leclerc souligne la vulnérabilité de cet organisme, comme de la

plupart des Organismes non-gouvernementaux (ONG), du fait de leur dépendance des subventions

gouvernementales, surtout quand ils font face à un gouvernement conservateur comme celui que nous

connaissons actuellement au pays.

 

Lueur d’espoir, cependant, les membres de Développement et Paix ne baissent pas les bras. De

nouvelles initiatives pour signifier leur désaccord avec les politiques gouvernementales actuelles, tout en

suscitant davantage de générosité chez les catholiques convaincus de la nécessité de maintenir la qualité

des services de leur organisme en faveur des populations les plus en besoin, se font jour… Et il nous

suffira d’un tout petit effort pour emboîter le pas à notre tour…

C’est le menu que vous proposent les pages qui suivent en cette Semaine sainte.

 

Bonne lecture et réflexion. (Berthier Thériault, pour le Comité JPIC)

 

P.S.

Par ailleurs, en ce Mercredi saint au matin, les médias nous rapportent une autre nouvelle désolante : « Ottawa

saborde Droits et Démocratie »

, titre à la une le journal LE DEVOIR, par exemple.

 

C’est la fin pour l’organisme Droits et Démocratie : le gouvernement a annoncé hier qu’il mettra un terme aux

activités du centre fondé en 1988 et pris dans la tourmente depuis deux ans. Une décision vivement contestée

par l’opposition, qui accuse les conservateurs d’avoir créé eux-mêmes la crise qui sert aujourd’hui de prétexte

au sabordage

[…] Le Centre international des droits de la personne et du développement démocratique – le nom au long de

Droits et Démocratie – a été mis sur pied par le gouvernement Mulroney en 1988. Une loi fédérale définit son

mandat et son indépendance.

Exclusivement financé par le Parlement (11 millions), l’organisme non partisan travaillait surtout à

« encourager

et appuyer les valeurs universelles des droits humains et à promouvoir les institutions et les pratiques

démocratiques partout dans le monde »

. Son action se concentrait dans une quinzaine de pays. […] (LE

DEVOIR, Guillaume Bourgault-Côté, Mercredi 4 avril 2012, p. A1).

Nous en reparlerons dans un prochain dossier…

 

L'aide aux peuples démunis

- À qui profite le coup de l'ACDI porté à

Développement et paix?

 

LE DEVOIR -

Jean-Claude Leclerc 2 avril 2012 Éthique et religion

 

Si le cabinet Harper avait réduit des deux tiers les

fonds alloués à Radio-Canada, le pays aurait compris

qu'on veut en finir avec la société d'État. La réduction

étant plutôt de 10 %, il n'y aura pas de tempête

politique au Canada. Par contre, la subvention que

l'ACDI verse à Développement et paix, coupée des

deux tiers, annonce, sinon la fin d'une importante

ONG, du moins une diversion radicale de l'aide aux

pays pauvres. À qui donc profite ce coup de l'Agence

canadienne de développement international?

Dès la création de Développement et paix, en 1967,

dans la foulée du concile Vatican II, l'aide financière

promise par l'Église catholique aux peuples démunis

était convoitée par deux «groupes de pression» déjà

implantés dans le tiers-monde: des évêques en mal

de bâtir des cathédrales en pays de bidonvilles

(comme Haïti) et des firmes cherchant fortune en

Afrique et en Amérique latine, continents menacés,

disait-on, par le «communisme athée».

À cette époque, les Églises des pays riches, en

Europe occidentale et en Amérique du Nord, ne

furent pas seules à voir dans le «développement» le

nouveau nom de la «paix». Des gouvernements, au

titre d'une «coopération internationale» à portée plus

générale, ont créé la Banque mondiale, pour financer

des travaux, ainsi que diverses organisations de

«coopérants». Au Canada, avec l'ACDI, Ottawa visait

également à plaire au Québec par le soutien de

projets dans la Francophonie.

Le premier président de l'ACDI, Paul Gérin-Lajoie —

aujourd'hui engagé dans l'alphabétisation des enfants

en pays pauvres — avait dû rassurer les gens

d'affaires qui s'inquiétaient qu'on dépense l'argent

des contribuables à «faire la charité» ailleurs. L'exministre

les avait invités à se prévaloir eux aussi des

fonds de l'ACDI. Des entreprises ne furent pas lentes

à voir qu'il y avait de l'argent à faire là-bas. L'aide

humanitaire aura même servi de couverture aux

entreprises bénéficiaires de l'aide canadienne.

Pendant près de 40 ans, ce modus vivendi ACDIONG-

entreprises a traversé avec succès les

changements de cabinet à Ottawa et les

bouleversements politiques ailleurs sur la planète.

Nos firmes de génie préféraient, bien sûr, la

construction de barrages en Asie plutôt que le

creusage de puits au Sahel. Mais les ONG

découvrirent qu'éducation, santé et autres exigences

du développement ne pouvaient se passer d'un

minimum de progrès économique. Ainsi, certaines

s'engagèrent-elles dans des projets agricoles.

Au fil des ans, appui du public oblige, l'ACDI se

convertira aux tendances à la mode: environnement,

droits fondamentaux, promotion de la femme et,

récemment, saine gouvernance. C'était sans compter

sur l'arrivée d'un gouvernement Harper. L'ACDI s'est

d'abord empressée de donner au chef conservateur

un programme d'aide aux femmes enceintes. Les

Africaines, enceintes ou non, ne votent pas au

Canada, mais les militantes pro-vie, oui. Ce n'était là

qu'un début.

Les sociétés minières, en effet, ne votent pas, et la

plupart d'entre elles ont rarement perdu du temps en

projets humanitaires. Néanmoins, à l'ère du village

planétaire, la connivence avec un régime pourri, le

mépris d'une population indigène, le saccage de

terres agricoles pouvaient ternir l'image du Canada.

Coïncidence malencontreuse, quelques ONG osaient

même se porter à la défense de populations ainsi

opprimées. L'agence allait devoir s'en occuper!

Tout d'abord, dans un «projet-pilote», l'ACDI a conscrit

quelques minières et ONG dans des partenariats.

Vision mondiale, Plan Canada et l'Entraide universitaire

mondiale ne connaissent rien aux mines? Pas

de problème! Barrick Gold, IAMGOLD et Rio Tinto ne

connaissent pas grand-chose au monde rural? Pas

de problème non plus! Ottawa, explique Bev Oda, la

ministre, veut rendre l'aide «plus efficace», explorer

de «nouvelles approches» et exploiter l'expérience du

«secteur privé».

Et puis, peu après, l'ACDI allait déclasser Développement

et paix, une organisation qu'elle a pourtant

reconnue et soutenue depuis des décennies. Non

seulement l'agence fédérale a-t-elle réduit des deux

tiers les fonds prévus dans une nouvelle entente

quinquennale, mais elle a dicté les noms des sept

pays où ces sommes devaient être affectées.

Développement et paix devra donc sabrer ses

effectifs et diminuer ses appuis aux projets en

marche ailleurs.

L'organisation va se retirer de l'Afrique (sauf du

Congo). Elle avait déjà réduit de plus de la moitié les

subsides qu'elle octroyait à une trentaine de

partenaires. L'ACDI maintient, certes, le financement

de projets alimentaires et de coopératives agricoles

en Colombie et au Cambodge. Mais le Mexique est

rayé de la liste des pays reconnus dans l'entente

avec Développement et paix.

Les ONG d'ici avaient fait un pari fort risqué en

misant sur les fonds de l'ACDI. Car les dons venus du

public n'allaient pas nécessairement, en cas de perte

des subventions, suffire à assurer le respect de leurs

engagements à l'étranger. Mises en concurrence

pour des fonds aléatoires, maintes ONG risquaient,

en plus, de sacrifier leur mission et leur autonomie

aux nouvelles «conditions» posées par l'ACDI. Tel est

le dilemme dans lequel Développement et paix est

tombé.

Les évêques du Canada ont émis une protestation —

un peu trop diplomatique, il est vrai — et invité les

fidèles à donner encore plus à cette organisation de

solidarité internationale. Mais quelques membres de

l'épiscopat portent une part de responsabilité dans la

présente crise, ayant mis en doute certains des

projets de leur propre organisation. Minée de

l'intérieur, Développement et paix va-t-elle maintenant

pouvoir résister à la liquidation qui la guette?

 

***

 

Jean-Claude Leclerc enseigne le journalisme à

l'Université de Montréal.

 

Réduction du financement obtenu de l'ACDI :

Forte mobilisation des membres de D

ÉVELOPPEMENT ET PAIX

 

29 mars 2012

Montréal

 

Depuis qu'ils connaissent le montant que l'Agence canadienne de développement international (ACDI) versera

à D

ÉVELOPPEMENT ET PAIX au cours des cinq prochaines années, les membres de cet organisme de

coopération internationale multiplient gestes et activités afin de manifester leur déception et faire connaître leur

désaccord.

En juillet 2010, D

ÉVELOPPEMENT ET PAIX a déposé une demande de 49,2 millions de dollars auprès de l'ACDI

afin de financer des programmes de développement dans vingt pays. Partenaire majeur de l'ACDI depuis

45 ans, la dernière contribution reçue par D

ÉVELOPPEMENT ET PAIX s'élevait à 44,6 millions de dollars.

L'agence gouvernementale a indiqué qu'elle verserait plutôt, au cours des cinq prochaines années, une somme

totale de 14,5 millions de dollars pour des projets dans sept pays. [Ce sont l’Afghanistan, le Cambodge, la

Colombie, la République démocratique du Congo, Haïti, l’Indonésie et les Philippines. – cf. le Communiqué du

20 mars 2012].

La nouvelle, parvenue la veille de sa collecte annuelle, a fouetté les membres de D

ÉVELOPPEMENT ET PAIX qui

ont d'abord demandé aux donateurs et donatrices d'augmenter leur contribution annuelle à l'organisme. Depuis,

ils acheminent des lettres à la ministre de la Coopération internationale, madame Bev Oda, au premier ministre

Stephen Harper, ainsi qu'à tous les députés.

Vendredi saint, le 6 avril, des centaines de membres ont déjà indiqué qu'ils entendent jeûner et qu'ils verseront

les sommes recueillies à D

ÉVELOPPEMENT ET PAIX.

L'an dernier, D

ÉVELOPPEMENT ET PAIX a appuyé 186 projets de développement dans 33 pays.

Fondé par les évêques catholiques du Canada en 1967, D

ÉVELOPPEMENT ET PAIX a reçu ces derniers jours

l'appui de plusieurs évêques qui ont exprimé publiquement leur désaccord face à ces réductions.

« Nous sommes toujours surpris par cette nouvelle. Cette réduction aura des conséquences dramatiques pour

les populations pauvres de plusieurs pays que nous rejoignons grâce à nos partenaires », indique Michael Casey,

directeur général de D

ÉVELOPPEMENT ET PAIX.

« Il nous semble que cette décision – avec d’autres de même nature depuis quelque temps – montre que le

gouvernement canadien change ses orientations dans le domaine de la coopération internationale. Cela nous

préoccupe. Et cela inquiète nos 11 500 membres qui ont bien l'intention de le faire savoir. »

D

ÉVELOPPEMENT ET PAIX entend participer aux débats que mènent le Conseil canadien de la coopération

internationale (CCCI) et l'Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI) sur

ces nouvelles orientations du programme d’aide internationale du Canada.

Pour plus d’information, veuillez vous adresser à :

François Gloutnay, agent de communications

514 257-8711

Un dollar pour le monde !

 

Dans Membres en action

3 avril 2012

 

Par Mayalène Lavigne-Martel, agente de réseautage en ligne

 

Samedi dernier [31 mars 2012], j’ai participé à un dîner-causerie avec Alexandre

Boulerice du NPD, mon député dans Rosemont-Petite-Patrie. Lors de cette

rencontre, j’ai pris la parole pour expliquer aux personnes présentes que le

financement de D

ÉVELOPPEMENT ET PAIX avait été coupé par l’ACDI et que

l’avenir de l’aide internationale au Canada devenait préoccupant.

J’ai profité de la rencontre pour remettre à Monsieur Boulerice

mon dollar pour

le monde

.

 

Un dollar pour le monde

est une initiative des membres de DÉVELOPPEMENT

ET

PAIX en réponse à la coupure de 35 millions de dollars de l’ACDI au budget

de D

ÉVELOPPEMENT ET PAIX pour les 5 prochaines années.

Il s’agit de poser un geste symbolique en envoyant à notre député une pièce de 1 $ pour lui faire connaître

notre préoccupation face à la décision de l’ACDI, particulièrement aux impacts qu’elle aura sur nos partenaires

du Sud.

Monsieur Boulerice a renchéri sur mon intervention en affirmant que selon l’ONU, les pays riches devraient

accorder 0,7 % de leur revenu national brut à l’aide publique au développement, mais que le Canada n’en

accorde que 0,3 %, et ça c’était avant les coupures annoncées dans le budget fédéral de jeudi dernier [29 mars

2012]…

 

Pour en savoir plus sur l’initiative

Un dollar pour le monde, visitez le blogue des membres de DÉVELOPPEMENT ET PAIX.

 

L’initiative symbolique

Un dollar pour le

monde

nous offre l’occasion de manifester

publiquement notre désaccord au gouvernement,

qui a choisi délibérément de cesser d’appuyer

et d’encourager les Canadiens qui font

des sacrifices personnels pour aider les pays

en développement depuis de longues années.

 

Envoyez un dollar à votre député et

demandez-lui de faire en sorte que l’ACDI

envoie une contribution équivalente à

Développement et Paix.

 

Nous voulons ainsi nous assurer que les députés de

tous les partis politiques ont été mis au courant des

coupures draconiennes dans le financement des

projets de nos partenaires, des organisations des pays

pauvres que nous, en tant que citoyens canadiens,

avons contribué à appuyer avec l’argent de nos impôts

et que l’ACDI décide maintenant d’abandonner.

Nous avons mûrement réfléchi avant de fixer à un

dollar le montant de la contribution que nous vous

proposons d’envoyer à votre député. Avec un montant

plus élevé, notre action perdrait sa dimension

symbolique, et nous ne voulons pas non plus risquer

de perdre des contributions importantes pendant les

envois. Comme il n’y a pas de frais de port

pour les lettres adressées aux députés,

vous pourrez transmettre vos préoccupations

à votre député sans coût. Les jeunes

enfants et les personnes à faibles revenus

pourront aussi participer à ce programme

d’action sur un pied d’égalité.

Dès qu’elle sera rendue publique, l’initiative

Un dollar pour le monde

attirera

l’attention des médias et contribue-ra à

sensibiliser la population sur les ques-tions

en jeu. Vous pouvez inviter des per-sonnes

de votre entourage (des évêques, des

leaders communautaires, des mem-bres de

votre groupe de pastorale, des camarades

de classe, des collègues de travail, etc.) à

se joindre à vous et à signifier publiquement

qu’elles ont donné un dollar. De notre

côté, nous encou-rageons les députés à

dire qu’ils reçoivent des contributions d’un

dollar et à déclarer ce qu’ils ont l’intention

d’en faire.

Nous demandons aux personnes qui

participeront à l’initiative

Un dollar pour le

monde

d’envoyer leur contribution symbolique

à leur député et de lui annoncer qu’elles

sont déçues par le fait que le gouvernement

ne fait pas sa part pour appuyer les

partenaires de D&P, qu’elles augmenteront

le montant de leur propre contribution au

Carême de partage pour atténuer les conséquences

de cette décision, et qu’elles

aimeraient qu’il fasse en sorte que l’ACDI

envoie à D&P une contribution équivalente

à celle de leur propre contribution d’un

dollar. Quelques milliers de contributions

individuelles devraient suffire pour obliger

le gouver-nement à s’expliquer et, par ricochet,

à faire enfin face aux conséquences

d’un problème qui est resté dans l’ombre

jusqu’à présent.

Si vous avez décidé de prier, de jeûner et

de protester contre les coupures du

gouvernement à Développement et Paix et

à d’autres organisations de développement

progressistes, augmentez la portée

de ces gestes en participant à ce programme

d’action en cinq étapes visant à

empêcher le gouvernement conservateur

de renverser le programme d’aide internationale

du Canada, qui a toujours été progressiste.

POUR FAIRE VOTRE PART

1. Envoyez un dollar à votre député en y joignant ce

message.

Lettre à envoyer à votre député

[voir page suivante]

Vous ne savez pas qui est votre député? Entrez votre

code postal sur la page de recherche du site du

Parlement et vous obtiendrez son nom.

Pour ne pas avoir à payer de frais de port, envoyez

votre lettre à cette adresse:

Nom de votre député

Chambre des communes

Édifices du Parlement

Ottawa, Ontario, K1A 0A6

2. Informez toutes les personnes de votre liste de contact

que vous avez mené cette action et demandez-leur de

se joindre à vous.

3. Faites-nous savoir que vous avez participé à l’initiative

Un dollar pour le monde

et donnez-nous les noms des

députés auxquels vous avez envoyé votre dollar.

Formulaire de participation à envoyer à

onedollarforoneworld@activist.com

[voir page suivante]

4. Invitez personnellement cinq de vos amis à mener cette

action. Vous pouvez aussi recueillir vous-même leur

dollar et le poster en leur nom.

Autres précisions et suggestions:

Si vous jeûnez en famille le Vendredi saint, demandez

à chacun d’envoyer leur dollar à leur député.

Pour la modeste somme de cinq dollars, les personnes

qui veulent à tout prix défendre notre cause peuvent

augmenter la portée de leur action en envoyant un

dollar à leur député, un dollar à Bev Oda, un dollar à

Thomas Mulcair, un dollar au chef libéral Bob Rae et,

pour le coût d’un timbre, un dollar à la Présidente de

l’ACDI, Margaret Biggs. (Refaites ensuite l’étape 3

pour nous informer de votre action à

onedollarforoneworld@activist.com).

N’envoyez pas votre dollar par voie électronique, car

votre député aura toute la liberté de décider de ne pas

demander de contribution équivalente à l’ACDI. Pour

que cette action produise les résultats escomptés, il

faut que les députés reçoivent vraiment votre dollar.

De plus, votre institution bancaire exigera 1,50 $ de

frais pour transmettre votre dollar par voie

électronique.

Amusez-vous, faites du bruit, éduquez et informez les

membres de votre famille, vos amis et même votre journal

de quartier que vous avez participé à

Un dollar pour le

monde

.

 

Lettre à envoyer à votre député

 

Ville

Date

 

Cher(ère)

nom de votre député

 

Je viens d’apprendre que l’ACDI a subitement réduit de près des

deux tiers son financement à Développement et Paix, l’une des

principales organisations de développement international canadiennes,

et cela sans fournir aucune explication. Je suis profondément

choqué et consterné par ce geste injustifié, et je déplore le fait que

mon gouvernement refuse de faire sa part pour maintenir son appui

aux partenaires du Sud qu’il a pourtant longtemps soutenus

efficacement à travers D&P, et son choix délibéré de renoncer à

encourager la population canadienne à contribuer à l’éradication de

la pauvreté mondiale par le travail des organisations sans but

lucratif.

Cette triste décision ne fait qu’aggraver les souffrances des pauvres

dans une trentaine de pays en voie de développement, et, avec

d’autres décisions de la même nature, les privera de l’appui d’un

grand nombre d’organisations de la société civile canadiennes

vouées à améliorer leur sort. Plus grave encore, ces partenariats

efficaces qui sont maintenant en voie d’être démantelés avaient été

mis en place au fil des années au prix d’importants coûts financiers

et humains, basés à la fois sur l’engagement personnel des Canadiens

et sur le financement du gouvernement. Pour cela, il devient

vraiment nécessaire et urgent de tenir un débat national et des

consultations publiques partout au Canada au sujet des orientations

que ce gouvernement donne au programme d’aide internationale,

et plus précisément au sujet de l’impact des der-niers changements

apportés par ce gouvernement à la gestion de la participation

des organisations de la société civile au développement

international.

Ce Vendredi Saint, je jeûnerai et je prierai pour que cette mauvaise

décision soit renversée. En plus, j’augmenterai le montant de ma

contribution habituelle à la campagne du Carême de partage de

Développement et Paix pour atténuer certaines des conséquences

négatives de la position de mon gouvernement. Dans le même

esprit, je sollicite votre appui et votre aide pour que l’ACDI

fournisse à Développement et Paix une contribution équivalente à

celle que j’inclus dans cet envoi.

J’ai mis ma contribution dans cette lettre et je vous demande de me

tenir au courant de toute action que vous déciderez de mener pour

corriger cette situation profondément injuste.

Avec mes sincères salutations,

 

Nom

Adresse

 

Je participe à l’initiative

 

Un dollar pour le monde

 

Je vous informe que j’ai envoyé

un dollar aux personnes suivantes :

Mon député (insérez son nom) :

 

Bev Oda

Thomas Mulcair

Bob Rae

Margaret Biggs

 

Présidente de l’ACDI

200 PROMENADE DU PORTAGE

GATINEAU QC K1A 0G4

Autre personne (insérez son nom) :

Autre personne (insérez son nom) :

 

Information facultative

 

(pour assurer un suivi)

:

 

Nom : ____________________________

Adresse électronique :

__________________@__________.___

Adresse postale:

_________________________________

_________________________________

_________________________________

_________________________________

 

Merci beaucoup !!!

.

 

Vous trouverez les informations ci-dessus à l’adresse suivante :

http://devpaixmembres.wordpress.com/agissons/un-dollar-pour-un-monde/

 

 

Chers confrères, AssociéEs et Soeurs spiritaines,

Tous les records battus: La tournée itinérante de la Commission spéciale sur la question de mourir

dans la dignité (CSQMD) a visité 8 villes différentes: Gatineau, Saguenay, Saint-Jérôme, Montréal,

Sherbrooke, Québec, Trois-Rivières, Rimouski. 29 jours d'audiences publiques ont été tenues dans 8

régions du Québec; 271 mémoires déposés dont 76 mémoires n'ayant pas été présentés en personne; 50

interventions orales sans mémoire ont été entendues; 106 interventions d'individus pendant les périodes

de micro ouvert au public; environ 6 700 questionnaires remplis. (www.cyberpresse.ca/le Soleil)

La Commission doit très bientôt déposer son rapport à l’Assemblée nationale. Afin de nous sensibiliser

aux enjeux que représente ce rapport, voici un texte éclairant, suivi d’une métaphore tout aussi parlante.

Bonne lecture et réflexion. (Berthier Thériault, pour le Comité JPIC)

P.S. Le sondage sur nos « Valeurs communes dans un Québec pluraliste », dont il a été question dans les deux

dernières éditions des « Informations », fait du chemin : le vendredi 18 février dernier, la douzaine de participants au

camp de l’Équipe d’animation du Centre IN’AFU a repris l’exercice à son compte pour sa période d’Approfondissement.

L’échange qui a suivi a permis une nouvelle prise de conscience sur les valeurs qui guident nos engagements

dans le contexte de la société québécoise actuelle… Connaissez-vous d’autres initiatives semblables?

Mourir dans la dignité

- Permettre une fin de vie paisible, un devoir politique

LE DEVOIR - Collectif d'auteurs 13 février 2012 Actualités en société

Alors que la Commission sur la question de mourir

dans la dignité s'apprête à déposer ses

recommandations, nous souhaitons insister sur

l'importance de bien poser cette question, qui

concerne la politique elle-même, autant que la

médecine ou le droit. Désirons-nous que le cadre

principal de notre vie en société et de notre vie

personnelle maintienne le respect de la vie et

l'interdit formel de porter atteinte à la vie

d'autrui? Pensons-nous que ce cadre reste légitime

et porteur d'un avenir? C'est à ces questions qu'il

faut répondre d'abord. Et c'est après cette

réponse qu'il est possible de poser et de répondre

aux autres questions: celle de l'euthanasie, celle

du suicide assisté, celle des «soins balisés»

provoquant la mort, celle des modalités juridiques

gouvernant l'application de la loi.

Jusqu'à aujourd'hui, notre Charte québécoise des

droits et libertés de la personne répond par

l'affirmative aux questions fondamentales

précédemment posées. Elle stipule que «tous les

êtres humains sont égaux en valeur et en dignité

et ont droit à une égale protection de la loi».

Dans son article premier, elle affirme: «Tout être

humain a droit à la vie, ainsi qu'à la sûreté, à

l'intégrité et à la liberté de sa personne.» Ces

droits affirmés solennellement sont garantis par

notre volonté collective et «constituent le

fondement de la justice et de la paix».

Pour sauvegarder l'égalité, la dignité, le droit à la

vie ou à la sûreté, il est impératif de saisir le sens

de ces articles et de bien en évaluer la portée.

Les signataires de cette lettre reconnaissent la

nécessité d'incarner ces valeurs par des

orientations politiques tablant sur une recherche

effective du bien commun. C'est pourquoi, à

l'heure des choix, nous attirons l'attention sur

quatre considérations politiques à ne pas négliger:

le respect effectif de l'égalité en fin de vie; le

respect de la sécurité des lieux de santé; la prise

en compte du consensus exprimé par les gens du

milieu de soins palliatifs; le souci de ne pas

énoncer de recommandations aux effets

contradictoires.

Respect de la fragilité

 

En fin de vie, nous sommes tous semblables par

notre dénuement. Nous sommes fragiles et nous

craignons de souffrir. C'est notre lot à tous. Dans

un tel contexte, l'État doit garantir aux citoyens

des milieux de soins où le respect de cette

fragilité est assuré. L'humanité d'une civilisation

se mesure à la manière dont elle prend soin des

personnes marginales, handicapées, mourantes,

parce qu'elles sont toutes des membres à part

entière de la communauté, et ce, malgré leurs

limites. Le devoir de l'État consiste à rendre

accessibles en tout temps des soins adéquats de

fin de vie pour tous, éliminant des situations de

souffrances mal soulagées autant que

l'acharnement thérapeutique. Il s'agit de préserver

l'égalité des citoyens à l'heure où elle est le plus

menacée.

Respecter l'égalité et l'intégrité implique

aussi de maintenir un climat sécuritaire

dans les lieux de soins. La sécurité des

milieux de santé est un pilier de

consensus social et un fondement de

l'équité s'y exprimant fortement. Le

système public de santé doit être un

endroit où nul ne peut nourrir ni mettre à

exécution une intention claire

d'interrompre la vie de quiconque. On

peut comprendre la réflexion de bienportants

apeurés par l'anticipation de

conditions débilitantes au terme de leur

existence et certaines carences du

système de soins, ce qui les amène à

souhaiter la légalisation de l'euthanasie

comme une sorte de police d'assurance.

Néanmoins, le système de santé public doit

demeurer un milieu intègre où toutes les

ressources capables d'apporter du confort sont

utilisées à bon escient sans jamais prendre la

décision de provoquer la mort, mais de tout faire

pour soulager les souffrances. Cette politique doit

demeurer claire et inviolable.

 

Risques liés à l'euthanasie

 

Nous attirons votre attention sur le consensus

contre toute forme d'euthanasie exprimé devant

la Commission par les intervenants du milieu des

soins palliatifs. Ces gens sont les mieux placés

pour saisir les enjeux reliés à la question.

Contrairement à l'avis de certains théoriciens,

comme ceux de la Société royale du Canada à

l'origine d'un récent rapport sur la question, les

personnes oeuvrant en soins palliatifs bénéficient

d'une expertise concrète de premier plan.

Or, les mémoires présentés par des gens de soins

palliatifs convergent de manière étonnante et

significative. En effet, au lieu de défendre les

soins palliatifs eux-mêmes, ils s'inquiètent plutôt

des risques liés à toute forme d'ouverture à

l'euthanasie. Leurs points de vue soutiennent la

sauvegarde et la protection des liens humains, du

climat de confiance et du sentiment de sécurité

requis dans le contexte délicat des soins en fin de

vie. Leur préoccupation touche directement le

cadre politique assurant un climat social paisible

et stable.

Ainsi, nous pensons qu'il est politiquement néfaste

de recommander, d'une part, un accès accru aux

soins palliatifs et, d'autre part, d'autoriser

l'euthanasie sous forme de

«soins appropriés en

fin de vie dans certaines circonstances»

.

L'euthanasie acceptée dans ces lieux

transformera nos institutions de soins en

lieux ambigus où l'on peut aussi provoquer

la mort. Celle-ci arrivant toujours comme

une surprise, les familles qui verront un

des leurs parler et rire la veille puis

mourir brusquement le lendemain ne

pourront pas ne pas se demander: qu'estce

qu'ils lui ont fait?

 

Devoir politique

 

Cette question est lourde à porter. Il faut

ici penser aux familles qui se diviseront

sur cette décision d'euthanasie entre ceux

qui aiment trop leur être cher pour le tuer

et ceux qui l'aiment trop pour le laisser

vivre. Si l'euthanasie est possible, on ne sait pas

où la souffrance des survivants les mènera, quelle

avalanche de contestations ou d'enquêtes surgira.

Que dire aussi des soignants eux-mêmes, qui se

verront imposer un lourd fardeau? Car celui qui

exige de mourir exige qu'on le supprime. Quel

poids cela imposerait aux soignants! Serait-il

justifiable que le droit de l'un gomme ainsi le

droit de l'autre? Ne sommes-nous pas devant une

rupture profonde d'équité dans une société où

chacun devrait avoir droit aux mêmes égards? La

liberté de l'un ne s'arrête-t-elle pas quand celle de

l'autre commence?

Les signataires de cette lettre souhaitent, tout

comme vous, préserver les valeurs soutenant

notre démocratie québécoise, valeurs clairement

exprimées par notre charte des droits et libertés.

Nous ne voulons pas que soit mis à mal notre

respect de l'égalité, de la sûreté et de l'interdit de

porter atteinte à la vie d'autrui, valeurs

fondamentales à la base de notre vie en société.

En fin de vie, nous sommes tous semblables et

notre droit à la sécurité et aux soins est plus

important que jamais. C'est un devoir politique

que d'assurer une fin de vie paisible dans un

milieu sécuritaire pour toutes les citoyennes et

tous les citoyens québécois.

 

Ont signé cette lettre:

Louis Balthazar, professeur

émérite en sciences politiques de l'Université Laval;

 

Thomas De Koninck

, titulaire de la Chaire «La

philosophie dans le monde actuel» de l'Université

Laval;

Michel L'Heureux, directeur général de la

Maison Michel-Sarrazin et professeur associé au

département de médecine familiale de l'Université

Laval;

Louis-André Richard, professeur de

philosophie, président de l'Institut Jean-Paul-

Desbiens et membre du comité d'éthique de la

Maison Michel-Sarrazin;

Patrick Vinay, médecin

en soins palliatifs à l'hôpital Notre-Dame du CHUM.

 

EXCLUSIF Rapport des résultats des auditions publiques

 

Le collectif

Vivre dans la Dignité a mené une analyse indépendante exhaustive des quelque 427 mémoires et

présentations orales à la Commission sur mourir dans la dignité. « Les chiffres sont clairs. Parmi les mémoires et

présentations faites devant la CSQMD, 99 % considèrent que les soins palliatifs constituent le choix digne pour les

Québécois en fin de vie. De plus, 60 % sont totalement opposés à l’euthanasie et au suicide assisté. » Seulement un

tiers (34 %) des personnes qui ont participé aux auditions étaient favorables à l’euthanasie.

 

Les dérives de l'euthanasie et le principe de la grenouille dans la marmite d'eau

 

Quelques éléments d'analyse
 

 

Chers confrères, AssociéEs et Soeurs spiritaines,

La dernière édition des « Informations » vous invitait à participer à un sondage sur nos « Valeurs

communes dans un Québec pluraliste ».

Les résultats de ce sondage sont disponibles depuis quelques jours sur le site du Centre culturel chrétien

de Montréal (CCCM). Nous les reproduisons ici pour votre information.

Bonne lecture et réflexion. (Berthier Thériault, pour le Comité JPIC)

 

Quelques éléments d'analyse

 

En décembre dernier, le Centre culturel chrétien de Montréal (CCCM) décidait de mener un sondage en vue de favoriser la réflexion

sur les valeurs communes dans un Québec pluraliste, thème de la conférence de M. Gérard Bouchard du 19 janvier 2012.

Un comité de travail présidé par Marilyse Lapierre et formé de quelques-uns des membres du comité de programmation du

CCCM a donc préparé une liste de 37 valeurs susceptibles d'inspirer l'action publique des citoyennes et des citoyens, et ultimement

des politiciennes et politiciens. Cette liste, résultat de compromis entre les membres du comité, avait donc essentiellement une visée

politique et a été présentée comme telle aux répondants après mise en forme et choix d'un certain nombre de variables « indépendantes

» jugées pertinentes. Aucune hypothèse n'a été formulée quant aux résultats. Le sondage a donc avant tout une valeur exploratoire.

Sa mise en ligne a été préparée par Marc Chevarie à l'aide d'un logiciel Google.

Le comité n'a pas voulu ni n'aurait pu, faute de ressources, mener ce sondage auprès d'un échantillon représentatif des Québécoises

et des Québécois. Il a jugé préférable, aux fins de cet exercice de nature avant tout pédagogique, de sonder les membres et les

sympathisants du Centre culturel chrétien inscrits sur la liste d'envoi des courriels du CCCM. Mais il a invité ces derniers à diffuser

librement le sondage à leurs amis et connaissances. De plus, à la mi-décembre, les membres de la communauté chrétienne Saint-

Albert-Le-Grand ont été invités au prône dominical à compléter le sondage dont l'adresse internet a été inscrite sur le site de la communauté.

La procédure de dissémination s'est inspirée de la technique dite « boule de neige ».

En somme, ces résultats ne représentent que l'opinion des répondants, mais des indices laissent croire qu'ils sont probablement

assez représentatifs de l'opinion des membres du CCCM et de la Communauté Saint-Albert-Le-Grand qui sont en partie les mêmes.

Le sondage a d'abord été expédié par courriel le 30 novembre dernier aux 430 sympathisants et membres du CCCM. Un certain

nombre d'entre eux, sans que l'on puisse dire précisément combien, l'ont fait suivre à leurs connaissances. Mais ils sont nombreux

puisque plus de 160 répondants disent l'avoir reçu via une connaissance et quelque 150, via le CCCM. Peu l'ont reçu via le site internet

de la Communuté chrétienne Saint-Albert.

 

1.0 - Les caractéristiques des répondants

 

Trois-cent-cinquante-trois

(353) personnes ont

répondu au questionnaire.

Les répondants

pouvaient identifier leur

sexe, leur groupe d'âge,

leur activité principale,

leur lieu de naissance,

leur croyance ou leur

incroyance ainsi que le

canal par lequel ils ont

reçu le questionnaire.

Voici leurs caractéristiques

principales.

 

Constat :

 

Les hommes et les femmes ont répondu

dans la quasi même proportion.

 

Constat :

 

Près des deux tiers des répondants (62,5 %) ont plus de 60

ans et 81,5 % ont plus de 50 ans.

 

Sexe

Nbre %

Femme 167 47,3

Homme 172 48,7

NRP 14 4,0

 

Âge N %

 

moins de 20 ans 1 0,3

entre 20 et 29 ans 13 3,7

entre 30 et 39 ans 12 3,4

entre 40 et 49 ans 28 8,0

entre 50 et 59 ans 67 19,0

entre 60 et 69 ans 122 34,7

entre 70 et 79 ans 81 23,0

80 ans ou plus 17 4,8

âge non précisé 12 3,4

 

Situation N %

 

Au travail 136 38,9

Autre 17 4,9

Étudiant(e) 11 3,1

Étudiant(e), au travail 4 1,1

Étudiant(e), retraité(e) 2 0,6

Retraité(e) 166 47,4

Retraité(e), autre 1 0,3

Situation non précisée 13 3,7

 

Constat :

 

Les retraités constituent

presque la

moitié des répondants,

ce qui ne

saurait surprendre

vu leur âge. Près

de quatre sur dix

sont néanmoins

encore au travail.

 

Constat :

 

Les répondants sont très majoritairement des Québécois

d'origine, les immigrants ne comptant que pour 10 % et les

« Canadiens » pour un peu plus de 2 %.

 

Croyance et incroyance N %

 

Croyant(e) 253 71,7

Indécis(e) au sujet de la croyance 39 11,0

Non-croyant (e) 47 13,3

Croyance non précisée 14 4,0

Total général 353 100,0

 

Constat :

 

La majorité se déclare croyante, mais près de 25 %

se déclarent non croyants ou indécis à cet égard

 

Constat général

:

La première caractéristique des répondants est qu'ils forment une population

particulièrement âgée. Il s'agit là d'une caractéristique propre des

croyants et plus généralement des pratiquants. Nous ne connaissons pas

le taux de pratique des répondants. Mais nous savons aussi que la très

vaste majorité a été rejointe soit par le CCCM, soit par la Communauté

Saint-Albert-Le-Grand. Aussi, on peut légitimement présumer que ces

répondants manifestent un intérêt certain pour la religion. En cela, ils se

distinguent très certainement des Québécoises et des Québécois en

général. À noter: les femmes et les hommes ont répondu dans une proportion

égale, ce qui est en soi intéressant. Les répondants sont par

ailleurs à 85 % des Québécois nés au Québec.

 

2- Les résultats

2.1 La hiérarchie des valeurs privilégiées

 

Valeurs (353 répondants) nbr %

Éducation 257

73

 

Justice 232

66

 

Démocratie 223

63

 

Dignité de la personne 210

59

 

Famille 185

52

 

Langue française 180

51

 

Santé 172 49

Protection de l'environnement 160 45

Égalité hommes/femmes 158 45

Liberté 148 42

Valeurs (353 répondants) nbr %

 

Solidarité 145 41

Intégrité 108 31

Ouverture sur le monde 105 30

Travail 103 29

Partage 102 29

Développement durable 93 26

Égalité 90 25

Respect des différences 89 25

Responsabilité individuelle 82 23

Participation citoyenne 67 19

Laïcité 65 18

Pacifisme 65 18

Liberté religieuse 64 18

Fraternité 63 18

Autonomie 55 16

 

Valeurs (353 répondants) nbr %

 

Sécurité 52 15

Créativité artistique 48 14

Transparence 48 14

Solidarité intergénérationnelle 46 13

Concertation 41 12

Sauvegarde du patrimoine 37 10

Entrepreneuriat 19 5

Ordre 17 5

Prospérité 17 5

Civisme 14 4

Compétitivité 9 3

Élitisme 3 1

 

Constats :

 

Les répondants étaient invités à choisir parmi la liste des 37 valeurs qui leur étaient proposées, les dix qui étaient les plus importantes

pour chacun d'entre eux. Le tableau et l'histogramme révèlent au premier abord une grande dispersion de ces valeurs, mais qui ne se

distribuent pas au hasard. L'histogramme révèle l'existence d'une véritable hiérarchie des valeurs. Et parmi les dix valeurs qui arrivent

en tête de liste, six ont été choisies par une majorité des répondants, soit

l'éducation, la justice, la démocratie, la dignité de la

personne, la famille et la langue française

. Il s'agit, pour ainsi dire, des valeurs les plus communes des répondants.

 

Lieu de naissance N %

 

À l'extérieur du Canada 34 9,6

Ailleurs au Canada 8 2,3

Au Québec 300 85,0

NRP 11 3,1

 

Histogramme des valeurs

 

2.2 - Le « poids » relatif des valeurs

 

Valeurs Rang % Points Nombre de

répondants

Rang

moyen

1

 

Ordre

1

Rang

pondéré

2

 

Ordre

2

Écart à la

moyenne

Éducation

1 73 1601 257 6,23 4 4,54 1 Ext

 

Dignité de la personne

4 59 1481 210 7,05 1 4,2 2 Int

 

Justice

2 66 1466 232 6,32 2 4,15 3 Int

 

Santé

7 49 945 172 5,49 8 4,00 4 Int

 

Démocratie

3 63 1288 223 5,78 6 3,65 5 Int

 

Langue française

6 51 834 180 4,63 9 3,37 6 Int

 

Famille

5 52 1151 185 6,22 5 3,26 7 Int

 

Liberté

9 42 927 148 6,26 3 2,63 8 Int

 

Égalité hommes/femmes

8 45 880 158 5,57 7 2,49 9 Ext

 

Solidarité

10 41 643 145 4,43 10 1,82 10 Ext

 

Note : La protection de l'environnement qui fait partie des dix valeurs les plus choisies

cède ici sa place à la solidarité.

Moyenne :

3,41

Écart type :

0,87

 

Constats :

 

Après avoir sélectionné, parmi les 37 valeurs proposées, les dix jugées les plus importantes pour eux, les répondants ont été invités à

classer par rang d'importance ces dix mêmes valeurs, en accordant à la première 10 points, à la seconde 9 points et ainsi de suite. On

constate alors un ordre quelque peu différent de l'importance relative des valeurs choisies. Huit des 10 valeurs retenues comme importantes

ont été placées au cinquième rang et plus, dont 6 au sixième rang et plus. Toutefois, la situation change de façon significative si

l'on tient compte du rang pondéré et de l'écart-type (0,87) à la moyenne (3,41) des rangs pondérés. La valeur supérieure de l'écarttype

est 4,28 et la valeur inférieure est 2,54. Or sur les dix valeurs, sept se situent à l'intérieur de cet écart, ce qui veut dire qu'il n'y a

pas de différences statistiquement significatives entre ces dernières. Par ailleurs, aucune valeur n'occupe un rang d'importance pondé-

 

1

Le rang moyen est obtenu en divisant le nombre de points attribués à une valeur divisé par le nombre de personnes qui

ont choisi cette valeur.

 

2

Le rang pondéré est égal au nombre de points qu'a obtenus une valeur (soit de 10 à 1), multiplié par le nombre de répondants

qui ont choisi cette valeur, le tout divisé par le nombre total de répondants (353). Cette mesure est plus juste,

car on pourrait imaginer qu'une valeur a été choisie par une seule personne et qu'il lui aurait attribué la première place.

Dans ce cas le score moyen serait 10 divisé par 1, soit 10. Cette valeur occuperait alors la première place dans les

rangs moyens.

 

ré supérieur à 4,54.

Une seule se démarque vraiment : l'éducation, avec une moyenne pondérée de 4,54. tandis que l'égalité

hommes/femmes se distingue par le bas, de même que la solidarité. Ces deux valeurs ont d'ailleurs été choisies par moins de 50 %

des répondants.

Note importante : pour des raisons liées aux limites du logiciel permettant l'analyse des résultats et par manque de temps, il n'a pas

été possible de présenter les résultats qui suivent en tenant compte de la moyenne pondérée de chaque valeur. Toutefois, comme ces

valeurs présentent, comme on vient de le voir, une grande homogénéité, l'analyse qui suit nous paraît valide, même si elle ne tient

compte que du nombre de répondants qui ont choisi les dix valeurs jugées par eux comme les plus importantes. L'ordre des valeurs

dans les tableaux suit celui obtenu à l'ensemble des résultats.

 

2.3 - Les 10 valeurs des hommes et des femmes

 

Valeurs Rg Hommes Femmes % Rg % Rg

Écart

H/F

 

Éducation

1 64 2 74 1 -10

Justice

2 66 1 67 2 -1

Démocratie

3 58 3 54 5 +4

Dignité de la personne

4 57 4 62 3 -5

Famille

5 47 5 55 4 -8

 

Valeurs Rg Hommes Femmes % Rg % Rg

Écart

H/F

 

Langue française

6 47 6 52 6 -5

Santé 7 41 7 48 7 -7

Protection de l'environnement 8 39 9 47 8 -8

Égalité hommes/femmes 9 45 9 -

Liberté 10 39 9 +

 

Constats :

 

À deux exceptions près, les mêmes valeurs rallient aussi bien l'ensemble des répondants que les hommes et les femmes. Dans

l'ensemble des répondants, six valeurs ont obtenu la faveur de 50 % et plus. C'est aussi le cas chez les femmes et pour les mêmes

valeurs tandis que chez les hommes, quatre valeurs ont rallié la majorité d'entre eux. Seule l'égalité hommes/femmes ne fait pas partie

des dix premières valeurs des hommes tandis que la liberté ne fait pas partie du

top ten des femmes.

L'ordre qu'occupe chacune des valeurs dans le choix des hommes et des femmes se rapproche beaucoup l'un de l'autre. Toutefois, il y

a possiblement une différence significative entre le choix des hommes et des femmes en ce qui concerne l'éducation (10 points

d'écarts). Pour la plupart des dix valeurs, les femmes sont proportionnellement plus nombreuses que les hommes à les avoir choisies.

 

2.4 - Les valeurs selon l'âge

 

Les répondants étaient invités à indiquer leur âge en se répartissant entre catégories décennales, à partir des moins de 20 ans allant

aux 80 ans et plus. Voici les faits les plus significatifs :

 

L'éducation se retrouve parmi les valeurs qui ont rallié une

majorité substantielle dans toutes les catégories d'âge, soit

60 % et plus des répondants et même 100 % des 13 répondants

âgés entre 20 et 29 ans.

 

La justice est de même une valeur majeure pour tous les

groupes : elle recueille 55 % de la faveur des 70-79 ans et

76 % chez les 80 ans et plus.

 

La démocratie rallie aussi les sept groupes d'âge : elle fait

partie des 10

top ten dont une majorité chez les 40-49 ans

(64 %), les 50-59 ans (58 %), les 60-69 ans (57 %) et les 80

et plus ( 53 %).

 

La famille occupe ensuite l'un ou l'autre des dix premiers

rangs dans six des sept groupes d'âge : elle est un choix majoritaire

chez les 40-49 ans (57 %), les 50-59 ans (52 %) et

60-69 ans (53 %).

 

La solidarité fait partie du top ten dans six groupes d'âge,

mais n'est majoritaire que chez les 50-59 ans.

 

La liberté se retrouve dans les dix premières places dans

cinq groupes d'âge sur sept et rallie la majorité chez les 20-29

ans (62 %) et les 60-69 ans.

 

La langue française fait aussi partie des 10 premiers choix

dans cinq catégories d'âges et recueille 54 % chez les 20-29

ans et 51 % chez les 60-69 ans.

 

La protection de l'environnement attire cinq des sept groupes

d'âge et particulièrement les 50-59 ans (51 %).

 

La dignité de la personne préoccupe exclusivement les

quatre groupes qui ont plus de 50 ans et la majorité d'entre

eux, pour un sommet de 72 % chez les 70-79 ans.

 

Enfin, la santé préoccupe quatre groupes d'âge sur sept et

particulièrement les 50-59 ans (52 %).

Notons encore que l'ouverture sur le monde est le lot des seuls 30-39 ans (67 %), mais on ne compte que 11 personnes dans leur

groupe.

 

Au total, on observe que quatre valeurs sont dominantes, quels que soient les groupes d'âge, soit l'éducation, la justice, la

démocratie, la famille.

Elles se retrouvent du reste parmi les valeurs dominantes de l'ensemble des répondants, soit celles qui recueillent

plus de 50 % d'adhésion. On peut dire que ce sont là des valeurs fortes.

 

2.5 - Les valeurs des Québécois nés au Québec vs les Québécois nés ailleurs

 

Constats

 

Ce sondage portant sur les valeurs communes des Québécois,

il paraissait intéressant de vérifier l'existence d'une différence

entre celles que partagent les Québécois nés au Québec et

ceux nés ailleurs. Or quelle que soit leur origine, les Québécois

placent au sommet de leurs valeurs

, l'éducation (69 % et

57 %), la justice (67 % et 62%), la dignité de la personne

(57 % et 74 %) et l

a famille (50 % et 52 %). La démocratie,

la langue française, l'égalité des hommes et des femmes et

la liberté se retrouvent aussi parmi les valeurs partagées en

commun, mais par une minorité des deux groupes, sauf

la démocratie

chez les répondants nés au Québec. Notons au

passage que la dignité de la personne est la valeur la plus

importante des « Néo-Québécois » (74 %).

 

2.6 - Les valeurs des croyants vs celles des indécis et des incroyants

 

Valeur Ensemble Croyants

Indécis & autres

 

Nombre et Rang : 353 % Rg 253 % Rg 82 % Rg

 

Éducation 257

73 1 162 64 3 68 83 1

 

Justice 232

66 2 169 67 1 57 70 2

 

Démocratie 223

63 3 144 57 4 46 56 3

 

Dignité de la personne 210

59 4 168 66 2

Famille 185

52 5 138 55 5

Langue française 180

51 6 128 51 6 37 45 6

Santé 172 49 7 108 43 8 43

52 4

 

Protection de l'environnement 160 45 8 106 42 9 39 48 5

Égalité hommes/femmes 158 45 9 112 44 7

Liberté 148 42 10

 

Constats

 

Trois valeurs font consensus tant dans l'ensemble de la

population que chez les croyants et les non-croyants et les

indécis regroupés

: l'éducation, la justice et la démocratie.

Les trois rallient plus de 50 %. L'éducation obtient le

plus haut score chez les non-croyants et les indécis avec 83

% d'adhésion. Vu le poids des croyants (253 répondants),

on ne s'étonne pas qu'ils partagent neuf des dix premières

valeurs choisies par l'ensemble alors que c'est le cas de six

valeurs sur dix dans le groupe des non-croyants et des

indécis. Chez les croyants, seule la liberté ne fait pas partie

du

top ten, tandis que, chez les indécis et non-croyants, la

dignité de la personne, la famille et l'égalité hommes/

femmes en sont aussi exclues.

 

Conclusion générale

 

Un premier fait s'impose : les répondants à ce sondage déclarent majoritairement partager six valeurs qui sont par ordre d'importance :

 

l'éducation, la justice, la démocratie, la dignité de la personne, la famille et la langue française

. Et parmi ces six valeurs, et compte

tenu du nombre de répondants qui y adhèrent, on retrouve au premier rang

l'éducation, mais aussi avec un poids peu différent, la dignité

de la personne, la justice, la démocratie, la famille, la langue française

. On peut voir dans ces cinq valeurs le noyau dur des valeurs

partagées en commun par les répondants.

Si l'on compare, par ailleurs, les valeurs choisies tant par les hommes que par les femmes, on y retrouve quatre de ces mêmes cinq valeurs,

soit, dans l'ordre,

l'éducation, la justice, la démocratie et la dignité de la personne. Les femmes privilégient par ailleurs l'égalité

hommes/femmes, tandis que les hommes accordent plus d'importance à la liberté.

En tenant compte par ailleurs de l'âge des répondants,

l'éducation, la démocratie, la justice, la famille sont choisies majoritairement

par au moins sept des huit groupes d'âge analysés, donc, ici encore, quatre des cinq valeurs du noyau dur.

Les Québécois nés ici ou hors du Québec partagent ensemble et majoritairement les mêmes quatre valeurs suivantes :

l'éducation, la

justice, la dignité de la personne, la famille

. Les Québécois d'origine québécoise ajoutent à ce palmarès la démocratie.

Enfin, les croyants et les non-croyants ont en commun trois valeurs :

l'éducation, la justice et la démocratie.

Cinq ou six valeurs, donc, constituent le noyau dur commun. Elles rallient une majorité de répondants, quelles que soient leurs caractéristiques,

ou présentent un rang pondéré supérieur à la moyenne de 3,6.

Là s'arrêtent les consensus forts. Pour le reste, on observe une grande dispersion des choix. Ainsi, il n'y a pas dix valeurs sur 37 qui

ont rallié une majorité des répondants. Or ceux-ci forment un ensemble relativement homogène, en particulier en ce qui concerne l'âge, leur

origine et leur appartenance à un réseau chrétien ou leur proximité de ce réseau. On peut alors formuler l'hypothèse que chez l'ensemble des

Québécoises et des Québécois qui vivent maintenant dans un monde pluraliste, il sera plus difficile de trouver les consensus. Aussi, il serait

très intéressant de vérifier à quelle enseigne logent l'ensemble des Québécoises et des Québécois à l'égard des valeurs qui ont fait l'objet de

ce sondage.

Marc Chevarie, Marilyse Lapierre, Jean-Pierre Proulx. (Janvier 2012).

 

Chers confrères, AssociéEs et Soeurs spiritaines,

Vous trouverez, ci-dessous, le communiqué conjoint des délégations pour l'observation des élections du 28 novembre dernier en République démocratique du Congo (RDC) de Développement et Paix (dont Denis Tougas, de l'Entraide missionnaire (EMI), était membre) et du Canadian Friends Service Committee (Quakers).

De plus, grâce aux contacts de notre confrère Cornélius Boekema avec le Centre culturel chrétien de Montréal (CCCM), nous vous proposons de participer à un sondage sur nos « Valeurs communes dans un Québec pluraliste ». Vous pouvez y répondre directement sur la dernière feuille de ces « Informations » ou le faire par Internet en suivant les liens qui y sont donnés.

Joyeux Noël et Bonne Année 2012 ! (Berthier Thériault, pour le Comité JPIC)

 

En RDC, des aspirations démocratiques à respecter!

Montréal - Ottawa 20 décembre 2011 - Les conditions dans lesquelles se sont déroulées les élections du 28 novembre dernier en République Démocratique du Congo de même que les irrégularités qui les ont entachées, ont jeté le discrédit sur la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et sur l’ensemble du processus électoral. La confirmation des résultats des élections présidentielles1 par la Cour suprême de justice (CSJ) le 17 décembre, sans analyse des nombreuses accusations de fraude provenant des partis politiques et des groupes d’observateurs nationaux et internationaux ne peut que contribuer à alimenter la méfiance vis-à-vis de la légitimité du nouveau chef d’État issu de ces urnes.

Développement et Paix et le Canadian Friends Service Committee (Quakers), avaient dépêché chacun de leur côté une délégation d’observation dans deux provinces de la RDC : Kinshasa et le Katanga. Répartis dans différents centres de vote de plusieurs villes2, ces observateurs, qui accompagnaient leurs partenaires3 sur place, ont pu se rendre compte de la détermination avec laquelle les citoyens et citoyennes ont répondu à leur devoir de choisir leurs prochains dirigeants. Et devant des gestes qu’elle a jugé illégaux de la part d’agents électoraux, de candidats ou d’autorités locales, la population s’est objectée, parfois violemment, pour défendre son droit démocratique.

Cependant, la grande confusion qui a régné durant cette journée de vote a dans un premier temps, réussi à décourager bon nombre d’électeurs et à multiplier les éventualités de fraude. Une part importante de la population a eu le sentiment de s’être fait voler son droit de vote. De plus, le manque de transparence et la désorganisation qui ont prévalu les jours suivants lors de la compilation des résultats, ont contribué à faire douter de leur véracité. Devant l’absence ou le défaut de mécanismes pour sécuriser chaque étape du processus (présence des témoins et observateurs, entreposage sécurisé des documents, transmissions simultanées des documents officiels aux instances désignées), tout porte à croire qu’il serait impossible de valider les scores globaux sans une contre-vérification indépendante des résultats à tous les échelons et la reprise du vote dans les circonscriptions où il n’a pas eu lieu ou dont les procès verbaux ont disparu. La prétention à la victoire des présidentielles par les deux principaux candidats ne pourra vraisemblablement être soutenue par des éléments valides, en toute transparence. Et, si rien n’est fait pour identifier et corriger les manquements organisationnels et condamner les possibles fraudes, les résultats des élections législatives qui avaient lieu en même temps pourraient susciter les mêmes doutes.

La tenue en toute hâte de ces élections présidentielles et législatives est le dernier élément d’une longue série de décisions qui ont préparé cette situation politiquement incertaine et risquée : la composition hau_______________

1 Ce résultat donne Joseph Kabila gagnant avec 48,9% de voix devant Étienne Tshisekedi, 32,33%.

2 Kinshasa, Likasi, Lubumbashi et Kasenga.

3 Quakers de Kinshasa, Commission nationale Justice et paix du Congo.


 

tement politique de la CENI4, l’amendement de la Constitution sans débat public5, la nomination, par le président quelques semaines avant le vote, de 18 juges supplémentaires pour statuer sur d’éventuelles plaintes, de même que la non-conformité à plusieurs articles de la loi électorale lors de la préparation et du déroulement du vote6, ont fini par produire une des élections les plus coûteuses du continent mais qui a conduit à la crise actuelle où les partis d’opposition dans leur ensemble et une partie de la population en rejettent la légitimité.

 
Contrairement au premier scrutin de 2006, les pays les plus riches de la communauté internationale ainsi que les Nations Unies7 se sont tenus à distance de ces élections financées en majeure partie par le gouvernement de la RDC et dont l’organisation a reçu, in extremis, le soutien logistique de nombreux pays africains. Pour sa part, la Mission de l’ONU pour la stabilisation en RDC (MONUSCO) a vu son mandat réduit à la fourniture d’appui logistique à l’organisation électorale. Cependant, elle a continué à documenter les violations des droits humains durant cette période. À ce titre elle a produit, début novembre, un rapport dénonçant 188 cas de violations des droits de la personne liées au processus électoral qui vont de l’assassinat de civils aux atteintes aux libertés d’expression, d’association ou de réunion pacifique.

Face aux résultats douteux de ce premier cycle électoral, la communauté internationale apparaît divisée et fragilisée : d’une part, les organisations africaines régionales invitées à observer les élections et la plupart des présidents des pays voisins ont accepté rapidement l’élection du candidat Joseph Kabila; d’autre part, les pays occidentaux, dont le Canada, impliqués dans la région à différents titres8, ont réclamé le recours aux mesures judiciaires prévues par la loi pour assurer toute la transparence nécessaire afin de garantir la légitimité des résultats. Ces divergences ne devraient en aucun cas servir de prétexte pour priver les citoyens de leur droit élémentaire.

Devant de prévisibles actes de violence et la crise politique annoncée en RDC, nous réclamons que le gouvernement du Canada, en coordination avec l’ensemble des pays impliqués :

- appelle l’État congolais, et les principaux acteurs politiques, à ne pas utiliser ou encourager la violence pour sortir de l’impasse actuelle;

- insiste auprès de l’État congolais pour qu’il identifie et apporte les correctifs nécessaires aux nombreux manquements de la CENI dans l’organisation du scrutin;

- s’assure que les allégations de fraude durant les élections soient analysées de manière impartiale;

- s’implique dès maintenant dans la compilation des résultats des élections législatives afin d’en assurer la légitimité.

Développement et Paix, L’Entraide missionnaire, Canadian Friends Service Committee (Quakers) et Centre justice et foi.

Pour information :

Serge Blais - Développement et Paix (514) 257-8711

Denis Tougas – L’Entraide missionnaire (514) 270-6089

Gianne Broughton – Canadian Friends Service Committee: (disponible par courriel durant la période des vacances : gianne@quakerservice.ca)

____________________

4 Créée en juillet 2010, la CENI est composée de membres nommés uniquement par les partis politiques et son président

a été élu par les membres majoritaires du parti au pouvoir.

5 25 janvier 2011 : réduction à un tour de l’élection présidentielle prévue à deux tours dans la Constitution de 2006.

6 Au niveau de la confection de la liste des électeurs et de son affichage notamment.

7 Entre autres, en 2006, l’ONU avait dépêché 2 250 observateurs électoraux; en 2011, aucun.

8 Notamment par la promotion d’investissements dans les ressources naturelles. Plusieurs contrats avec ces entreprises occidentales ont été contestés depuis ou font aujourd’hui encore l’objet de critiques pour leur opacité :

http://ericjoycemp.files.wordpress.com/2011/11/deal-summary-5-5m-loss-to-congolese-people-throughquestionable-mining-deals.pdf

 

Sondage du CCCM (Centre culturel chrétien de Montréal)

« Quelles valeurs communes dans un Québec pluraliste? »

Tel est le sujet de la conférence que prononcera Gérard Bouchard le 19 janvier 2012 au Centre culturel chrétien de Montréal. Et vous, qu’en pensez-vous?

Pour vous permettre de répondre à la question posée à M. Bouchard, nous vous proposons aujourd’hui un sondage sur les valeurs prioritaires qui, d’après vous, devraient fonder nos choix collectifs présents et à venir.

L’affirmation de valeurs communes est en effet essentielle pour une société. Ces valeurs contribuent à construire l’identité de la collectivité, elles assurent une cohésion et une solidarité entre ses membres et elles constituent des repères qui guident les choix pour le présent et pour l’avenir. Or, depuis la Révolution tranquille, l’homogénéité d’antan a disparu au Québec. Le déclin de l’autorité de l’Église catholique, la valorisation de la liberté individuelle, l’arrivée d’immigrants nombreux aux origines culturelles très diversifiées ont façonné une société de plus en plus pluraliste.

Or dans ce Québec pluraliste de 2012, y a-t-il des valeurs communes susceptibles d’orienter les choix de la société et de la nation québécoise?

Nous vous demandons donc d’exprimer vos choix de valeurs avant tout comme citoyens membres de la communauté politique. Mieux encore, si vous étiez député ou ministre, quelles sont les valeurs qui inspireraient vos choix et vos décisions?

Nous vous invitons à partager ce sondage avec vos connaissances et amis. Plus on comptera de répondants, mieux ce sera. Nous communiquerons le résultat de ce sondage à monsieur Bouchard en plus de l’afficher sur notre site web.

Surtout, inscrivez dès maintenant la soirée du 19 janvier à votre agenda. C’est à ne pas manquer.

Centre culturel chrétien de Montréal

Si vous avez seulement la copie papier, la remplir à la main et la poster, avant le 19 janv. 2012, à :

Centre culturel chrétien de Montréal, 2715 CHEMIN DE LA CÔTE SAINTE-CATHERINE, MONTRÉAL QC H3T 1B6

Si vous avez reçu le fichier ‘MSWord’, remplir ces deux pages à l’ordinateur, les imprimer et les poster à l’adresse ci-dessus.

Vous pouvez aussi répondre directement au sondage en cliquant sur le lien suivant : Sondage sur les valeurs

Répondez d’abord aux questions suivantes

Je suis un homme une femme

J'ai moins de 20 ans entre 20 et 29 ans entre 30 et 39 ans entre 40 et 49 ans

entre 50 et 59 ans entre 60 et 69 ans entre 70 et 79 ans 80 ans ou plus

Je suis étudiant(e) au travail retraité(e) sans travail autre

Je suis né(e) au Québec ailleurs au Canada à l'extérieur du Canada

Je suis croyant(e) non croyant(e) indécis(e) au sujet de la croyance

J’ai reçu ce sondage via (cocher plus d’une réponse si vous l’avez reçu plus d’une fois)

le Centre culturel chrétien de Montréal la Communauté St-Albert le Grand une connaissance

Répondez maintenant aux questions du sondage au verso
Quelles valeurs communes pour un Québec pluraliste?

Notes 1- Si vous avez reçu ce sondage plus d’une fois, n’y répondre qu’une fois.

2- Vos réponses sont complètement anonymes.

Nous vous invitons à exprimer vos choix de valeurs comme citoyen et membre de la communauté politique.

Mieux encore, si vous étiez député ou ministre, quelles sont les valeurs qui inspireraient vos choix?


Cocher d’abord les dix valeurs les plus importantes pour vous


 

L’autonomie

Le civisme

La compétitivité

La concertation

La créativité artistique

La démocratie

Le développement durable

La dignité de la personne

L’éducation

L’égalité

L’égalité hommes/femmes

L’élitisme


L’entrepreneuriat

La famille

La fraternité

L’intégrité

La justice

La laïcité

La langue française

La liberté

La liberté religieuse

L’ordre

L’ouverture sur le monde

Le pacifisme


Le partage

La participation citoyenne

La prospérité

La protection de l’environnement

Le respect des différences

La responsabilité individuelle

La santé

La sauvegarde du patrimoine

La sécurité

La solidarité

La solidarité intergénérationnelle

La transparence

Le travail


 

Veuillez maintenant classer par ordre d'importance

les dix valeurs que vous venez de sélectionner.

Sélectionnez la première valeur la plus importante pour vous

Sélectionnez la deuxième valeur la plus importante pour vous

Sélectionnez la troisième valeur la plus importante pour vous

Sélectionnez la quatrième valeur la plus importante pour vous

Sélectionnez la cinquième valeur la plus importante pour vous

Sélectionnez la sixième valeur la plus importante pour vous

Sélectionnez la septième valeur la plus importante pour vous

Sélectionnez la huitième valeur la plus importante pour vous

Sélectionnez la neuvième valeur la plus importante pour vous

Sélectionnez la dixième valeur la plus importante pour vous

[Cette copie du sondage a été préparée par Berthier Thériault, cssp, le 20 décembre 2011, à partir du site du CCCM:

http ://centreculturelchretiendemontreal.org

 

 

Chers confrères, AssociéEs et Soeurs spiritaines,

Pour ce premier numéro des « Informations » de l’année en cours, nous reprenons presque là où nous sommes laissés en vous proposant une mise à jour sur ce qu’il est maintenant convenu d’appeler la « crise » à Développement et Paix (DP).

En effet, le « blogue » mis en ligne par quatre membres de l’organisme a continué à bouger et à alimenter les échanges de réflexion. Ci-dessous, dans un texte du 1er septembre 2011, il commente les propositions du document «Moment de grâce», produit par un groupe de travail mandaté par le Conseil national de DP pour «élaborer une stratégie de réponse globale» aux attaques du site LifeSiteNews.com (LSN) contre DP, parce qu’il considère que ces propositions mettent en péril l’identité même de l’organisme…

Bonne lecture et réflexion. (Berthier Thériault, pour le Comité JPIC)

 

 

Des enjeux de fond dans la crise à Développement et paix

Publié le 1er par Soutenons Développement et Paix

Par Lucille Plourde, Constance Vaudrin, Gérard Laverdure, Normand Breault, membres de DP


La crise que vit Développement et Paix (DP) depuis déjà quelques mois, sinon quelques années, nous préoccupe grandement. Le virage à droite, dans lequel l’Église s’engage de plus en plus, affecte désormais DP et tout le réseau de Caritas Internationalis. Une question s’impose à nous, membres de ce mouvement : DP demeurera-t-il une ONG de solidarité et d’ouverture au monde ou deviendra-t-il un outil de propagande identitaire catholique?

L’IDENTITÉ CHRÉTIENNE

Certains, qui se disent les seuls vrais catholiques, les «real catholics», exigent que la Conférence des Évêques Catholiques du Canada (CECC) «nettoie» D&P de ses impuretés progressistes (Moment de grâce , p. 1). Ces accusations visent donc tous les chrétiens qui, dans leur engagement social et en leur âme et conscience, se réclament de l’Évangile. Ce dernier n’est-il pas notre référence ultime, la source à laquelle nous avons accès, chacun dans sa langue, depuis le Concile Vatican II (1962-65)?

Que trouve-t-on dans la vie, l’enseignement et la pratique de Jésus? Gratuité, liberté, libération, inclusion et grand respect pour chaque personne et sa conscience, même à l’endroit des personnes qui ne le suivaient pas et que ses disciples voulaient faire taire. Jésus faisait confiance aux humains : jugez donc de tout par vous-mêmes, dira-t-il (Lc 12, 57).

Jésus est allé au-delà du «partage du pain»; au péril de sa vie, il a dénoncé les oppressions et les injustices — «tous les jougs», disait Isaïe 58, 6-7 — de son temps. À la «pureté de la doctrine et des lois» défendue par les grands prêtres et les pharisiens, Jésus a préféré la solidarité avec les exclus. On lui reprochera d’ailleurs de se tenir avec n’importe qui, les «impurs», les non orthodoxes (Lc 5, 27-32; 7, 34-35 et Mc 2, 15-17). Ses rares colères, il les a adressées aux chefs religieux tatillons sur la morale et la lettre de la Loi (Mt 23). Pour nous aujourd’hui, c’est fondamentalement la fidélité au message de l’Évangile (Voir les deux volumes d’Albert Nolan : Jésus avant le christianisme et Suivre Jésus aujourd’hui. De même Être chrétien de Hans Küng et ses Mémoires.) qui est en jeu dans cette «affaire d’orthodoxie catholique», affaire qui déborde largement la crise à DP. Être chrétien, n’est-ce pas, en effet, d’abord et avant tout suivre Jésus, être son disciple, chercher à pratiquer son ouverture aux autres ?

ESPRIT de VATICAN II et CRÉATION de DP

Cet esprit évangélique et ses priorités ont été retrouvés et réaffirmés dans l’Église lors du Concile Vatican II (1962-65) qui a regroupé les 2500 évêques de la planète. Dans des textes comme l’Église dans le monde de ce temps, le «peuple de Dieu» a retrouvé sa place fondamentale, et l’Église s’est décentrée d’elle-même, de ses sécurités, pour s’ouvrir au monde et marcher avec lui. «Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des humains de ce temps, des pauvres surtout, et de tous ceux qui souffrent» sont aussi les nôtres.

C’est dans cette mouvance conciliaire que les évêques canadiens, brassés par leurs rencontres avec certains pasteurs latino-américains, ont créé DP, en «partenariat» avec les laïcs. Dès le départ, ce sont ces derniers qui se sont vus confier la mission de combattre l’injustice dans le monde, à mieux en faire connaître les mécanismes, à appuyer des groupes engagés auprès des appauvris en quête de libération au Sud et à lutter avec ces derniers contre les causes qui se trouvent souvent au Nord. D’où l’impérieuse nécessité des campagnes d’éducation au Nord et des dénonciations des structures d’injustice, politiques, sociales et économiques.

DP a reçu le mandat de faire prendre conscience aux baptisés, en particulier aux pratiquants du dimanche, que la foi en Christ comprend une dimension d’engagement social et politique afin de rendre la société mondiale vraiment humaine (Encycliques La Progression des Peuples (Paul VI, 1967), Synode sur la justice dans le monde (1971) et «Sollicitude pour la question sociale» (Jean-Paul II, 1987). DP était alors une concrétisation de cet engagement pour la justice. Et, dans les années 70 et 80, les évêques canadiens ont fait de nombreuses interventions dans ce même esprit.

(À la fin de 1983, la Commission des Affaires sociales de la CECC publie Choix éthiques et défis politiques : réflexions éthiques sur l’avenir de l’ordre socio-économique du Canada :

1) «Être présent et écouter les expériences des pauvres, des marginalisés et des opprimés de notre société;

2) Faire une analyse critique des structures économiques, politiques et sociales qui sont la cause de la souffrance humaine;

3) Porter des jugements sur les valeurs et les priorités sociales à la lumière des principes évangéliques et de l’enseignement social de l’Église;

4) Stimuler la réflexion et l’action créatrice en ce qui a trait à des visions et des modèles nouveaux, en vue du développement social et économique;

 
5) Agir en solidarité avec les groupes populaires dans leurs luttes pour la transformation des structures économiques, politiques et sociales qui sont une source d’injustice»).

CHANGEMENT DE CAP

Au-delà des attaques de groupes catholiques intégristes, un fort vent souffle du Vatican qui tend à refermer l’Église sur elle-même dans un réflexe de peur et de repli identitaire et à lancer ses troupes conquérantes à l’assaut du monde païen. Ce fut particulièrement évident lors de la dernière rencontre internationale des Caritas à Rome.

De signe d’ouverture gratuite et de solidarité universelle, DP devrait devenir organe de propagande, faisant en priorité la promotion des enseignements du pape et de la morale catholique, adoptant ainsi un fonctionnement de secte prioritairement vouée à la défense de sa vérité au détriment de ses partenaires.

Il faudrait désormais mettre l’accent sur le dépannage des pauvres, l’urgence, sans se demander pourquoi ils/elles sont si nombreux et de plus en plus pauvres. Il ne faudrait donc plus agir sur les causes des injustices, ni appuyer la promotion de leurs droits, ni lutter pour changer les «structures de péché» qui tiennent des milliards de personnes en quasi-esclavage. On reviendrait alors à la charité/dépannage sans questionner ni dénoncer les puissants de ce monde pour ne pas nous les mettre à dos. DP et ses partenaires dérangeraient trop.

COLLÉGIALITÉ et «NIHIL OBSTAT»

(droit de véto / demande de permission)

Quant au fonctionnement en «collégialité» décidé clairement au Concile Vatican II, il y a longtemps qu’on l’a enterré à tous les niveaux dans l’Église. Même DP, organisme qui se voulait démocratique au départ, en fait les frais avec des prises de décisions unilatérales de la part de la direction en complicité avec le secrétariat de la CECC. Même le Conseil national est tenu à distance. La culture ecclésiale du secret, du huis clos, a contaminé DP. C’est ainsi que risque de se prendre bientôt la grave décision de donner un «droit de véto» aux évêques des diocèses sur les partenariats, comme si la société appartenait aux évêques. Ces derniers pourraient, à partir de simples soupçons ou d’une quelconque incompatibilité, faire rayer de la liste tel ou tel partenaire. N’est-ce pas ce qui s’est produit ce printemps, quand le Centre PRODH a été largué par DP. L’ont emporté, après vingt ans de partenariat, les doutes exprimés par le cardinal Norberto Carrera de Mexico, à l’encontre des résultats d’une enquête officielle conduite par trois évêques qui, en 2009, avaient trouvé non fondées les accusations portées contre ce centre. C’est le règne de l’arbitraire et de l’injustice qui s’installe.

Vatican II a insisté lourdement sur la responsabilité du «peuple de Dieu», donc de tous les baptisés, dans la poursuite de la mission de Jésus. Nous sommes l’Église ensemble. Nous en sommes tous et toutes responsables. Et comme Paul, au nom même de l’Évangile, nous pouvons contester Pierre et les évêques quand ils ne sont plus dans l’esprit de l’Évangile ou abusent de leur pouvoir. Nous avons été appelés à la liberté et entendons participer pleinement, comme sujets, aux défis et débats actuels qui agitent notre Église.

MOMENT DE GRÂCE ! … VRAIMENT ?

Le document «Moment de grâce» a été produit par un groupe de travail mandaté par le Conseil national de DP pour «élaborer une stratégie de réponse globale» aux attaques du site LifeSiteNews.com (LSN) contre DP. Ce site accusait des partenaires de DP, en particulier au Mexique, de faire la promotion de l’avortement. Ce document daté du 10 novembre 2010 fut déposé au Conseil national en juin dernier. Vous pouvez le consulter sur le blogue soutenonsdetp.wordpress.com.

Un bref historique introduit le document. On y affirme que «Si, dans l’ensemble, les dirigeants et la plupart des évêques canadiens appuient D&P, plusieurs évêques ont exprimé des inquiétudes au sujet du mandat ou de l’orientation de notre organisation et de notre financement… il est clair que si ce point de vue venait à se répandre, D&P serait changé du tout au tout». Peut-on être plus clair? D&P risquerait alors d’y perdre son identité, son âme. Par la suite, le groupe de travail présente quatre blocs de propositions. Les paragraphes qui suivent présentent nos remarques sur ces dernières.

A) Relations de D&P avec nos partenaires

Moment de grâce dit:

Lors de la réunion du Conseil permanent de la CECC les 17 et 18 juin, les évêques ont insisté sur l’importance de «…déterminer si des partenaires de D&P avaient été impliqués dans des activités contraires aux enseignements de l’Église et sur la nécessité pour D&P de se doter de critères fondés sur des principes moraux en matière de collaboration».

L’archevêque Collins a lui aussi évoqué ce problème dans une lettre adressée à DP le 24 juillet 2009: «Les organismes qui administrent ces projets doivent aussi être en harmonie avec les principes de notre foi catholique». (pp. 2-3)

Nous disons:

En page 3 de Moment de grâce, nous notons une fluctuation inquiétante dans l’opinion des rédacteurs du document qui, après les extraits ci-haut mentionnés, prennent à leur compte l’extrait suivant de Principes de base et orientations (novembre 1982) qui affirme: «…D&P, dans son objectif de coopération au développement, ne souhaite faire aucune distinction entre les bénéficiaires de cette coopération.» et que «D&P peut compter sur les compétences de professionnels hautement qualifiés, y compris les chargés de projets qui connaissent intimement leurs domaines de responsabilités».

De plus, cette «orientation théologique de base» contredit leurs recommandations 1 à 6 qui visent essentiellement à mettre en place un système de contrôle minutieux, sinon tatillon, – protocoles, surveillance des sites internet, des articles de journaux – pour repérer les situations «moralement délicates» (principalement l’avortement et la morale sexuelle). Pourtant, ces mêmes personnes acceptent que toutes ces mesures de contrôle soient appliquées pour éviter les attaques de «ces individus (qui) ne font pas de visite «sur place» ni d’inspection en personne, et n’interviewent pas nos partenaires ni n’ont de contact direct avec eux». On ajoute même que ces gens «ne comprennent pas nos partenaires» (p.5).

B) Relations de D&P avec les évêques ou les conférences épiscopales dans le Sud

Moment de grâce dit:

Encore une fois, la Commission d’enquête aborde la question. On peut lire dans son rapport « … que DP favorise de bonnes relations avec les évêques… tout en travaillant étroitement avec Caritas Internationalis». (p. 6)

Nous disons:

Sous prétexte de «bonnes relations avec les évêques» du Sud, la tendance lourde semble être de leur accorder un droit de véto («nihil obstat»). L’expérience dramatique du Centre PRODH de Mexico a démontré que l’archevêque du lieu, Norberto Carrera, a bel et bien appliqué un droit de véto sur ce centre de défense des droits humains. Des motifs idéologiques et moraux, en particulier «la dépénalisation de l’avortement» (p.10) sont très souvent à la base de ces jugements.

Pour nous, la responsabilité finale du choix des partenaires et des projets doit rester à D&P. Voir le paragraphe «Collégialité et «nihil obstat» plus haut.

C) Relations de D&P avec la CECC, et notre mandat

Moment de grâce dit:

Dans son rapport, la Commission d’enquête a évoqué cette question : «…Reconnaissant les bonnes relations et communications qui existent déjà entre D&P et la CECC, nous encourageons D&P à faire en sorte de tenir des consultations plus complètes avec les évêques du Canada et en particulier les deux évêques qui sont nommés au Conseil national. » Par conséquent, nous « … recommandons à la CECC de continuer à soutenir l’organisation qu’elle a fondée il y a plus de 40 ans ». Section C recommandations 7 à 16.

Nous disons:

Les rédacteurs du document proposent donc le maintien des pratiques et orientations et non le changement proposé par les visions divergentes de quelques évêques (qui voudraient «refonder») et de quelques mouvements doctrinaux purs et durs (qui voudraient «nettoyer»). Quelques questions: D&P est-il «le volet du développement» des seuls évêques ou plutôt de l’Église canadienne qui ne se réduit pas aux évêques? Au bas de la page 9, ne parle-t-on pas de D&P «comme un mouvement laïque national agissant pour la justice sociale et la solidarité»?

Des relations plus étroites et le dialogue avec les évêques sont souhaitables, mais D&P ne doit pas devenir une succursale du Secrétariat de la CECC et du Vatican. Nous comprenons que des millions de dollars, recueillis principalement auprès des catholiques pratiquants, supposent la précieuse collaboration des évêques diocésains, et que certains voudraient voir tout cet argent investi ailleurs…

D) Réflexions internes et formation à D&P

Moment de grâce dit:

«La Commission d’enquête encourage «…le personnel de D&P à acquérir une saine et solide compréhension de la doctrine sociale de l’Église. C’est le seul moyen de rétablir la confiance des catholiques » (p. 10 ).

Nous disons:

Les catholiques auraient-ils vraiment perdu confiance en D&P? Ne s’agit-il pas plutôt le fait de quelques radicaux qui veulent le «nettoyer»? Le personnel de D&P aurait donc une «malsaine» compréhension de la doctrine catholique? La haute direction de D&P devra-t-elle vérifier la «pureté catholique» de ses employés? L’encyclique «Caritas in veritate» - très limitée dans son analyse sociale et qui ne cible pas les «structures collectives de péché» - remplace-t-elle désormais l’Évangile, le Concile Vatican II et les encycliques sur la justice sociale?

Moment de grâce dit encore:

Articuler – comme pratique courante – qu’au sein de D&P, sur les questions d’adhésion à la foi ou aux valeurs catholiques :

- le directeur général est le seul porte-parole autorisé à parler aux médias sur ces sujets;

- si une question se pose, le directeur du service concerné doit en informer promptement le directeur général;

- des rapports complets sur ces questions ou incidents sont présentés au Conseil national au moins une fois par an.

En bref, élaborer une politique de relations de presse, y compris les nouveaux médias sociaux. (Recommandation 19, p.11)

Nous disons:

La stratégie de communication médiatique proposée, faisant relever du seul directeur reconnu l’unique porte-parole sur ces sujets, est une copie conforme de l’approche du Vatican, de la CECC et de tout gouvernement refusant la transparence face à la population et aux media. Tout est sous contrôle par en haut et tout le monde doit respecter la «ligne de parti», alors que «Caritas in veritate» prêche fortement la transparence.

__________

Le document se termine sur une citation émettant le vœu que cette féroce opposition ne vienne pas «gaspiller» le «précieux trésor» qu’est D&P (p.12).

Nous, nous pensons que la crise peut se transformer vraiment en «un moment de grâce»… si, et seulement si, les membres de D&P peuvent assumer pleinement leur membership et réfléchir sérieusement aux enjeux de cette crise.

NOTRE CONCLUSION

En résumé, le document Moment de grâce incite à renouveler DP, non pas en fonction de son mandat de solidarité avec les partenaires du Sud et du Nord, mais pour rendre notre organisation la moins vulnérable possible aux attaques de radicaux qui ne méritent pas d’attention véritable (attitude défensive). Il nous incite à constamment rechercher une pureté toute théorique plutôt que de poursuivre librement nos actions de libération (attitude d’ouverture).

À l’instar des Pères du concile qui ont rapidement mis de côté les schémas préparés par la Curie romaine, le Conseil national devrait mettre de côté ce texte frileux et repartir à neuf sa réflexion. Il nous faut, membres du Conseil national, personnel et «simples membres» consolider DP dans son mandat original. C’est une question de fidélité à sa pratique éprouvée de partenariats aux effets positifs pour les populations appauvries ainsi qu’à son travail d’éducation et d’action permettant aux catholiques d’ici de vivre la dimension sociale de leur adhésion de foi.


Lucille Plourde, Constance Vaudrin, Gérard Laverdure, Normand Breault, membres de DP

 

 

Chers confrères, AssociéEs et Soeurs spiritaines,

Pour ce dernier numéro des

« Informations » de l’année en cours, nous vous proposons, ci-dessous, une évaluation des activités du Comité JPIC de septembre 2010 à juin 2011. Puis, dans les deux pages qui suivent, vous trouverez une nouvelle de dernière heure sur une des réalités du Nigéria dont nous entendons parler assez fréquemment mais sur laquelle il y a rarement une réflexion en profondeur. Mgr John Onaiyekan, archevêque d’Abuja, - que la majorité d’entre nous connaissent - propose une approche inédite et nouvelle. Bonne lecture et réflexion, juste avant les vacances qui arrivent… (Berthier Thériault, pour le Comité JPIC)

 

ÉVALUATION DES ACTIVITÉS DU COMITÉ JPIC

Dès le mois de septembre 2010, tous les membres du Comité ont accepté le défi que Marie-Reine Guil-mette leur proposait pour la préparation et la présenta-tion des exposés relatifs au thème sur lequel devait se pencher le Colloque des Spiritains associés d’A-mérique du Nord qui s’est tenu à Châteauguay du 1er au 3 avril dernier : « L’impact de certaines décisions des gouvernements des pays bien nantis, dont le Ca-nada et les États-Unis, sur les populations des pays les plus pauvres de notre planète ainsi que sur les gens moins bien nantis de leur propre pays ». En plus des Spiritains membres du Comité, Dieu-donné Yenga (Spiritain associé) a épaulé Augustin Kasongo pour l’exposé sur la République Démocrati-que du Congo (R.D.C.) et Marc Hébert (Centre IN’AFU) a fait de même avec Berthier Thériault sur « L’investissement socialement responsable ». Les AssociéEs présentEs au Colloque ont apprécié la qua-lité des présentations. Suite à cet exercice, Alfredo Ramanandraibe s’émerveillait de la qualité de la col-laboration de plusieurs personnes impliquées dans la mise en oeuvre de ce projet d’équipe, incluant la secré-taire au Provincialat, Mme Béatrice Siou, et Cornélius Boekema pour la traduction de nombreux textes du français à l’anglais. Il faut aussi retenir la proposition finale du Collo-que en vue d’une nouvelle collaboration Nord-Sud en faveur de Madagascar et de la R.D.C. que nous espé-rons voir se matérialiser dans un futur rapproché. Le Comité s’est réuni sept fois de septembre 2010 à juin 2011. Et, chaque mois, un sujet d’actualité a fait l’objet d’une « Fiche JPIC » de quelques pages acco-lée aux « Informations » de la Province. Ces publica-tions ont traité, entre autres, du thème du Congrès de l’Entraide missionnaire 2010 « Par-delà l’aide inter-nationale : des solidarités à inventer » (Alfredo); de la Déclaration conjointe contre le guerre et le milita-risme : « Pour en finir avec la logique de guerre et de domination! »; du débat public sur les gaz de schiste qui faisait l’actualité particulièrement au début de cette année; d’un autre dossier proposé par la coalition « Pas de démocratie sans voix (PDSV) » pendant la campagne électorale fédérale en mars et avril; d’un appel du Collectif pour un Québec sans pauvreté nous invitant à poser un geste de plus en faveur d’une aide sociale au niveau de la « mesure du panier de con-sommation (MPC) »; et, finalement, d’un aperçu de la crise que vit actuellement Développement et Paix, l’organisme catholique canadien de coopération inter-nationale. En rétrospective, les membres du Comité pren-nent conscience que nous pourrions, à l’avenir, souli-gner davantage le lien entre ces sujets de réflexion – et bien d’autres – et l’invitation évangélique à toujours orienter notre action en faveur de plus de justice dans notre monde. Finalement, tous les membres du Comité tiennent à souligner la participation assidue et toujours très encourageante de Michel Last à nos rencontres, mal-gré ses nombreuses préoccupations comme Provincial, jusqu’à son retrait récent à cause des problèmes de santé auxquels il doit faire face présentement. Nous lui souhaitons courage et comptons bien le voir nous revenir dans un avenir prochain… Bonnes vacances à tous et toutes! Berthier Thériault, au nom des membres du Comité.

 

Nigeria : Appel d’un archevêque à la prière pour la concorde nationale

 

« La communauté musulmane doit isoler les extrémistes » ROME, Vendredi 17 juin 2011 (ZENIT.org) – « La communauté musulmane doit isoler les extrémistes » demande l'archevêque d'Abuja après un attentat ayant touché le siège national de la police. Il demande la prière de tous pour la paix et la réconciliation dans le pays. Une synthèse de l’agence vaticane Fides. Mgr Onaiyekan déclare en effet : « Je demande la prière de tous afin que le Nigeria puisse trouver le chemin de la paix et de la concorde nationale ». « Il s'agit d'un développement très préoccupant parce que c'est la première fois dans l'histoire du Nigeria qu'est perpétré un attentat suicide qui a été presque immédiatement suivi d'une revendication de la part des auteurs de l'attentat », déclare à Fides Mgr John Olorunfemi Onaiyekan, archevêque d'Abuja, capitale du Nigeria. Hier, 16 juin, deux personnes ont trouvé la mort dans l'explosion d'une voiture piégée dans le par-king du quartier général de la police fédérale. L'at-tentat a été revendiqué par la secte islamique radi-cale Boko Haram. « Ce groupe n'est pas inconnu. Les Nigérians s'at-tendent à ce que le gouvernement fasse son devoir en ce qui concerne la garantie de la sécurité du pays vis-à-vis d'un groupe qui s'est rangé contre l'ensemble du système de police de la nation », affirme Mgr Onaiyekan, insistant sur les modalités de l'attentat : « la voiture piégée s'est infiltrée dans le parking du chef de la police. Comment cela a-t-il été possible ? Cela démontre qu'il est nécessaire de mener une enquête approfondie à l'intérieur du système de sécurité ». L'archevêque d'Abuja remarque également que « l'on parle d'un réseau international avec les fonda-mentalistes étrangers » : « Un porte-parole de Bo-ko Haram a affirmé que certains de leurs adeptes qui se sont rendus en Somalie pour suivre un en-traînement auprès des extrémistes locaux sont re-venus au Nigeria. Ces hommes se seraient disper-sés dans tout le pays pour semer la peur et la ter-reur ». « Les extrémistes représentent un défi pour tous les nigérians et en particulier pour la communauté islamique nigériane. Aucun musulman ne peut continuer à affirmer que le terrorisme n'a rien à voir avec l'islam. Je suis un homme de paix et de dialogue. C'est pourquoi je dis toujours à mes amis musulmans qu'ils doivent isoler les extrémistes qui sont présents dans leur communauté. Il ne suffit pas de dire « ils ne sont pas des nôtres », affirme l’archevêque. Il invite à « prendre des mesures concrètes pour identifier et isoler ceux qui, par leurs activités, ne sont pas cohérents avec le bien du pays et le bien de l'islam lui-même ». La secte est particulièrement active dans le nord du pays. Voici quelques jours, la Cathédrale de Maidu-guri a été sérieusement endommagée par un at-tentat revendiqué par Boko Haram (voir Fides 14/06/2011 [ci-dessous]). « Nos églises sont touchées notamment parce qu'elles représentent une cible très facile : ce sont des édifices bien visibles et non protégés. Nous ne déployons pas de soldats en armes autour de nos églises qui sont en revanche des lieux de culte ou-verts à tous », déclare l'archevêque d'Abuja. « En considérant la situation générale du pays, nous devons reconnaître que nous avons de sé-rieux problèmes » poursuit Mgr Onaiyekan qui ex-plique : « Les élections présidentielles, législatives et locales se sont à peine conclues. Pour imparfai-tes qu'elles aient été, avec des fraudes ici et là, elles ont été considérées comme la preuve d'une amélioration générale du système politique. Mal-heureusement, cette lente amélioration n'est pas partagée par tous. La majorité de la population affronte encore patiemment les problèmes de la pauvreté, du chômage, du manque de structures mais certains nigérians commencent à perdre leur calme et sont tentés par le recours à la violence. Mais il ne constitue pas la solution notamment parce que la violence est seulement l'expression de la colère. Ceci doit cependant nous faire compren-dre que nous ne sommes pas seulement face à une question d'ordre public qui consisterait à arrêter les malfaiteurs, mais que nous devons assurer des conditions de vie meilleures aux gens ».

AFRIQUE/NIGERIA – Témoignage de l’Évêque de Maiduguri à Fides à propos des violences dans le nord-est du Nigeria

Agenzia Fides , le 14 juin 2011 Maiduguri (Agence Fides) –

Le Diocèse de Mai-duguri, dont le territoire s’étend sur deux États et demi du nord-est du Nigeria, se trouve depuis des années au centre de fortes tensions sectaires. S. Exc. Mgr Oliver Dashe Doeme, Évêque de Maiduguri, a envoyé à l’Agence Fides son témoi-gnage sur les événements qui ont frappé son Dio-cèse au cours de ces dernières années. « Depuis 2006 dans notre Diocèse, s’est déroulée une série de crises sectaires qui a provoqué la mort de fidèles et la destruction par le feu d’églises, d’habitations et de magasins. La secte Boko Haram a frappé pour la première fois en 2009. Dans ce cas également, on a assisté aux mêmes événements : assassinats, mutilations, incendies d’églises, d’habitations et de magasins. Ce groupe a encore frappé en 2010 et 2011, se faisant toujours plus menaçant et dangereux ». Cette année encore, le Diocèse a eu son lot d’actes de terrorisme. Ils ont débuté avec les violences postélectorales qui ont réduit en cendres l’un des établissements scolaires diocésains de l’enseignement secondaire sis à Potiskum, au mois d’avril. Le 27 mai, à la veille de la cérémonie de prestation de serment du Chef de l’État, Goo-dluck Jonathan, l’une de nos églises de Domboa a été incendiée. Alors que nous célébrions la So-lennité de l’Ascension, nous avons subi une atta-que à la dynamite qui a provoqué de graves dommages à la Cathédrale Saint Patrick où se trouve le Secrétariat épiscopal. Une bombe de forte puissance a été placée à côté de la rampe de la Cathédrale, non loin d’une chambre où vit l’un de nos prêtres. La bombe a provoqué de graves dommages aux bureaux du Secrétariat et Dieu seul a préservé la vie du prêtre qui se trouvait dans la pièce au moment de l’explosion. Nous remercions le Seigneur parce que le prêtre n’a pas eu une égratignure. Cinq jours plus tard, le 7 juin, une autre bombe, encore plus puissante, placée à l’intérieur d’une voiture garée dans la rue se trouvant à côté de la rampe, a explosé, mais sur le côté opposé par rapport à la première explosion (voir Fides 08/06/2011). Cette fois, la déflagration a été dévastatrice. Les prêtres présents ont été jetés à terre. Le toit du Secrétariat s’est écroulé alors que toutes les por-tes et les fenêtres ont été arrachées. Les domma-ges sont notables au point qu’il est nécessaire de procéder à la reconstruction des bureaux du Se-crétariat et du presbytère. (L. M.) (Agence Fides 14/06/20

 Nigeria : la cathédrale du diocèse de Maiduguri sérieusement endommagée par un attentat islamiste Juin 10, 2011 par admin

Un groupe armé, dont tout porte à croire qu’il appartient à la secte islamiste Boko Haram (l’éducation occiden-tale – ou non islamique – est un sacrilège – ou un péché, selon les traductions depuis la langue Haussa), a fait exploser une bombe le 7 juin devant la cathédrale St. Patrick de Maiduguri (capitale de l’État de Borno, au nord-est du Nigéria), provoquant de très sérieux dégâts : portes et vitraux soufflés, structures de l’édifice ébran-lées jusqu’aux fondations. Cette secte islamiste violente, qui a déjà attaqué une autre église catholique voici deux semaines, veut l’application généralisée de la shariah dans tout le Nigéria et conteste l’élection le 16 avril d’un chrétien, Goodluck Jo-nathan, à la présidence de l’État. Depuis cette date, les attentats de ces islamistes ont causé la mort d’au moins 500 personnes et contraint à l’exode environ 40 000 Nigérians. Les experts artificiers de Boko Ha-ram auraient été formés, entre 2006 et 2009, en Algérie par l’ancien Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat devenu Al Qaïda au Maghreb. Daniel Hamiche Sources : Catholic News Agency, Catholic News Service

Chers confrères, AssociéEs et Soeurs spiritaines,

Depuis la mi-mars dernier, nous avons tous entendu ou lu des bribes de nouvelles sur ce qu'il est maintenant

convenu d'appeler « la crise au sein de

Développement et Paix (D&P) ». Les deux dernières semaines

ont été particulièrement riches en rebondissements.

Les textes sélectionnés ci-dessous retracent les origines de cette « crise » et indiquent l'orientation que

prennent les « décideurs », tant du côté de la Conférence des Évêques Catholiques du Canada (CECC)

que de celui de personnes engagées depuis des décennies au sein de cet organisme devenu le fleuron

de l'Église canadienne dans le domaine du travail au développement intégral de nos frères et soeurs des

pays moins fortunés et souvent victimes des injustices que nos sociétés d'abondance provoquent par leur

insouciance à leur égard…

Par ailleurs, un

« blogue » sur la crise à Développement et Paix vient d’être mis en place par quelques

membres de Montréal, accessible à : http://soutenonsdetp.wordpress.com/.

Vous y trouverez un lien vers la page « facebook » ainsi que pour la

pétition en ligne.

Finalement, nous saluons la parution du

300e numéro des « Informations ». C’est plus de 35 ans [depuis

janvier 1976] de fidélité assidue des administrations provinciales successives à tenir les membres de la

Province au courant de ce qui les touche, de près ou de loin. Bravo!

Bonne lecture et réflexion ! (Berthier Thériault, pour le Comité JPIC)

 

SALLE DE PRESSE

 

Pour votre solidarité, merci

18 mai 2011

Montréal

 

Voici la lettre remise à ceux et celles qui ont écrit à D

ÉVELOPPEMENT ET PAIX au lendemain de la dernière campagne

Carême de partage afin de réaffirmer leur appui à l’organisme et à sa mission. Le président, Ronald Breau,

et le directeur général, Michael Casey, remercient les gens pour leurs nombreux témoignages de solidarité.

 

Le 18 mai 2011

Chers amis,

Nous voulons d'abord vous remercier d'avoir pris le temps

de nous écrire suite à l'annulation de la visite du père Luis

Arriaga, s.j., du Centre mexicain ProDH, lors de notre plus

récente campagne Carême de partage. Nous avons été

particulièrement touchés par votre témoignage de solidarité,

ainsi que ceux reçus de centaines d'individus et d'organismes,

religieux ou non, de partout au Canada.

Le Centre ProDH est spécialisé dans la défense légale des

autochtones et des paysans mexicains, qui figurent parmi

les groupes les plus vulnérables au pays. Le Centre ProDH,

un organisme fondé et dirigé par les jésuites, est engagé

dans la défense des droits des plus pauvres et des plus

marginalisés de la société mexicaine. DEVELOPPEMENT ET

PAIX a maintenu des liens étroits avec cet organisme depuis

1995.

Une partie importante du travail du Centre ProDH est de

plaider devant les tribunaux au nom de victimes d'abus de

pouvoir, de répression et d’injustice. Leur travail n’est pas

relié à la santé reproductive des femmes, ni à l’avortement

ou à la contraception. Toutefois, en raison de certaines allégations

qui ont récemment circulé contre le Centre, les évêques

du Mexique ont soulevé des questions concernant

l’association du Centre à certains réseaux de la société civile.

Durant la visite du père Arriaga au Canada, l’archevêché

d’Ottawa a demandé des clarifications de la part de

l’archevêché de Mexico quant au statut du Centre, afin de

fournir un « nihil obstat » (aucune objection). Ceci visait à

assurer une continuation du programme de conférences qui

avait été prévu pour le père Arriaga, dans le cadre de la

campagne Carême de partage. La réponse reçue de la part

de l’Église du Mexique indiquait qu’elle avait encore de

sérieuses préoccupations quant au travail du Centre ProDH.

C’est pourquoi nous avons cessé notre partenariat avec le

centre. Bien que les projets de DEVELOPPEMENT ET PAIX

impliquent souvent des groupes qui ne sont ni catholiques,

ni mêmes religieux, nos partenaires ne peuvent pas

être en opposition aux valeurs et principes de l’Église.

Nous sommes un organisme catholique et notre financement

vient en grande partie des dons recueillis par les

diocèses catholiques du Canada.

Par ailleurs le cas du Centre ProDH soulève un enjeu plus

large, celui du travail en réseau. Nous savons que pour

travailler à la défense des droits humains, par exemple, ou

pour promouvoir de véritables changements sociaux, au

Sud ou ici même au Canada, il est nécessaire d’unir nos

forces et efforts à d’autres groupes qui partagent nos objectifs.

Ces groupes ne sont pas forcément des groupes

d’Église ou mêmes catholiques. La véritable force et crédibilité

des réseaux est souvent dans la diversité des voix qui

s’expriment et qui luttent, malgré leurs différences, pour

un idéal ou un principe supérieur de dignité humaine.

Nous tenons à rappeler que le mandat reçu par DEVELOPPEMENT

ET PAIX à sa fondation en 1967 est d'appuyer des

programmes de développement mis en place par des gens

du Sud, sans égard à leurs convictions religieuses. Bien

que nous ayons souvent travaillé et continuons de bénéficier

de relations proches avec des organisations de l’Église

catholique autour du monde, l'affiliation religieuse n'a

jamais été un critère d'acceptation des projets qui sont

présentés à DEVELOPPEMENT ET PAIX.

Le comité permanent mis sur pied récemment par la Conférence

des évêques catholiques du Canada (CECC) se penchera

sur l’ensemble des enjeux soulevés dans le cadre de la

controverse des dernières semaines. Nous comptons sur

l’appui de la CECC ainsi que sur le travail du comité permanent

pour nous éclairer sur ces questions difficiles et importantes.

Comment poursuivre notre mission de justice sociale,

inspirée par l’Évangile ? Nous devons trouver les

moyens d’assurer que les programmes et projets que nous

appuyons au Sud reflètent notre « ouverture à la vie au

centre du vrai développement » (Caritas in Veritate No. 28).

 

Nous continuerons d’apporter notre message d’amour, de

respect et de dignité humaine, non pas seulement à ceux

qui partagent notre foi, mais encore plus à ceux et celles qui

ne la connaissent pas, en travaillant avec eux pour un

monde meilleur.

Votre message de solidarité est très important pour nous et

votre appui futur l’est tout autant. Soyez assurés que DEVELOPPEMENT

ET PAIX continuera de faire connaître les préoccupations,

difficultés et injustices vécues par nos frères et

soeurs des pays du Sud autant auprès de la société canadienne

que dans l'Église.

En vous remerciant de nouveau pour votre solidarité,

 

Organisation catholique canadienne pour le développement et la paix

1425, Boul. René‐Lévesque Ouest, 3e étage, Montréal (Québec) H3G 1T7

Tél. : 514 257‐8711 / Télécopieur : 514 257‐8497 / Sans frais : 1 888 234‐

8533

Courrier électronique : info@devp.org Visitez notre site : www.devp.org

 

Contestation au sein de Développement et Paix

 

LE DEVOIR - Gwenaëlle Reyt 20 mai 2011

 

Des membres de l'organisme créé par l'épiscopat canadien

pour financer des projets dans le tiers‐monde craignent

pour les peuples du Sud.

Dans une lettre publiée aujourd'hui en page Idées, quatre

membres actifs de Développement et Paix (DP) s'inquiètent

de l'influence grandissante sur leur organisme de

groupes qu'ils qualifient de catholiques «extrêmes». Ces

membres dénoncent la décision de DP d'obliger chaque

partenaire du Sud à obtenir une lettre de soutien d'un

évêque local pour recevoir de l'aide financière. «Nous

voulons informer le public de la situation et des conséquences

qu'elle peut avoir sur les gens du Sud, assure

Normand Breault, cosignataire du texte. Tout le dossier de

la santé reproductive des femmes est litigieux par rapport

à un certain épiscopat. Avec la pression de la droite sur les

évêques qui ont déjà tendance à absolutiser la vie avant la

vie, ça pose problème quand on parle d'épanouissement

des femmes.»

Hormis ce dossier, l'homme qui est actif depuis plus de 30

ans à DP note également que le catholicisme n'est pas présent

partout et que l'accès à un évêque n'est pas toujours

possible. Il rappelle aussi que, malgré un financement issu

en grande partie des fidèles, l'organisme n'est pas une entreprise

missionnaire et que certains tendent à l'oublier.

Chez DP, rien ne semble pourtant définitif. «Nous sommes

en discussion avec le comité permanent qui a été mis sur

pied par la conférence des évêques, explique la directrice

générale adjointe, Josianne Gauthier, qui précise que cette

instance a été nouvellement fondée. Nous allons discuter

de ces enjeux qui pourraient avoir un impact sur l'avenir de

notre travail dans le Sud.» Selon elle, la requête d'obtenir le

soutien d'un évêque vient de la conférence des évêques, qui

souhaite un rapprochement avec l'Église dans les pays du

Sud. «L'enjeu est d'un côté que le financement provenant

de catholiques ne soit pas utilisé à des fins qui heurtent

leurs valeurs. De l'autre côté, il y a une préoccupation sur le

trop grand contrôle de ce qui pourrait être de l'aide au développement.

Le débat doit se tenir.» Le comité devrait se

réunir pour la première fois au mois de juin.

Développement et Paix

Le Sud perdratil un allié au Nord?

 

LE DEVOIR ‐ Constance Vaudrin, Lucille Plourde, Gérard

Laverdure, Normand Breault ‐ Membres de Développement

et Paix / 20 mai 2011

Nous, membres de Développement et Paix, sommes peinés

par la crise qui secoue notre organisme, crise d'abord

provoquée par les attaques intempestives de groupes

catholiques qui se prétendent les real catholics, mais qui

nous apparaissent plutôt quelque peu sectaires.

Nous regrettons — nous ne sommes pas seuls — qu'un

certain nombre d'évêques prêtent une oreille trop attentive

à ces groupes, tout en demeurant trop sourds aux

appels à la solidarité lancés par les groupes partenaires de

DP, engagés de toutes leurs forces dans la lutte contre les

structures d'injustice et d'oppression affligeant plusieurs

peuples du Sud.

Nous craignons fort pour ces peuples du Sud. En effet,

pour tenter de satisfaire ces extrémistes, Développement

et Paix décide d'obliger chaque partenaire à obtenir une

lettre d'appui de l'évêque local pour pouvoir recevoir

l'aide financière. On risque ainsi de priver certains partenaires

d'un appui financier nécessaire.

 

Rappel aux évêques

 

Nous savons pourtant à quel point ces partenaires font un

travail exemplaire pour ces peuples chez qui, très souvent

encore, les droits de la personne sont bafoués, les femmes

sont victimes de violences et d'injustice, les citoyens et les

citoyennes ne peuvent s'exprimer librement. Et plusieurs

partenaires oeuvrent dans des pays où l'Église catholique

est fort minoritaire, ou encore sont des mouvements populaires

laïques sans lien structurel avec cette même Église.

Nous voulons rappeler aux évêques d'ici, ainsi qu'aux autorités

politiques et administratives de DP, l'existence des

«structures de péché» selon la belle expression de Jean‐

 

Paul II. Pour ce pape, en effet, les gestes individuels ne peuvent

pas être évalués isolément, en faisant abstraction du

contexte social, local et mondial, dans lequel nous vivons.

 

Conseiller sans intrusion

 

Nous désirons que le comité épiscopal permanent, tout

récemment institué, chargé des relations avec DP, joue à

plein son rôle de conseiller, mais s'abstienne de toute intrusion

dans la gestion interne de ce dernier, qui doit pouvoir

jouir d'une autonomie entière et retrouver son fonctionnement

démocratique, mis à mal ces derniers temps.

Nous rappelons enfin que, depuis Vatican II, la collaboration

de catholiques avec des personnes ou groupes ne partageant

pas toutes leurs valeurs est possible et souhaitable

dans le cadre de cette ouverture de l'Église en fidélité à ce

texte fondamental où il est affirmé: «Les joies et les espoirs,

les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des

pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent, sont aussi les

joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples

du Christ, et il n'est rien de vraiment humain qui ne

trouve écho dans leur coeur.»

 

Communiqué des Provinciaux jésuites du Canada et du Mexique

 

Bonjour,

Vous trouverez, en document joint, un communiqué des Provinciaux du Canada français, du Canada anglais et du Mexique

pour soutenir le Centre Miguel Pro et le P. Luis Arriaga, de Mexico.

C'est une réaction officielle des jésuites aux évènements qui ont eu cours en avril dernier,

alors que le P. Arriaga n'a pu participer comme il était prévu à la campagne de Développement et Paix.

 

Nous vous encourageons à faire connaître ce communiqué auprès des personnes et des groupes intéressés.

Je suis à votre disposition si vous avez besoin d'autres renseignements.

 

Pierre Bélanger, SJ / Service des communications / pierre.belanger@jesuites.org / 514-387-2541, poste 339

 

Le 25 mai 2011

 

Les jésuites du Canada et du Mexique

s’expriment sur le Centre Miguel Pro pour les droits humains (PRODH)

et sur son directeur, le P. Luis Arriaga

COMMUNIQUÉ

Sensibles aux requêtes qui leur ont été faites par

nombre de personnes et de groupes, les supérieurs

provinciaux des jésuites du Canada français,

du Canada anglais et du Mexique émettent

ce communiqué pour appuyer l’intégrité du travail

du Centre Miguel Pro pour les droits humains de

Mexico et de son directeur, le P. Luis Arriaga, un

engagement porteur de l’enseignement social de

l’Église catholique.

Le P. Luis Arriaga, directeur du Centre Miguel

Pro pour les droits humains (PRODH), de Mexico,

avait été invité par les responsables de Développement

et Paix, pour témoigner en avril dernier

de l’engagement du centre qu’il dirige. Un

ensemble de circonstances a rendu impossible

sa contribution. Plus spécifiquement, des groupes

de pression ont accusé le Centre PRODH

d’avoir contribué à promouvoir l’avortement au

Mexique.

Il y a deux ans pourtant, une commission spéciale

de la CECC s’était rendue sur place au

Mexique et avait conclu que, si la prudence dans

la participation à des coalitions liées à la promotion

des droits de la personne était de mise,

d’aucune façon le Centre PRODH n’avait participé

à la promotion de l’avortement; et aucune

faute ne pouvait être attribuée à l’organisme de

développement international Développement et

Paix qui avait soutenu le centre Dans l’esprit de

l’enseignement social de l’Église, et en appui au

Centre PRODH et à son directeur, le P. Luis Arriaga,

pour soutenir aussi les chrétiens et chrétiennes

engagés dans la promotion de la justice

sociale et des droits de la personne, les supérieurs

provinciaux du Mexique et du Canada tiennent

à exprimer publiquement ce qui suit :

 

• Comme l’avait affirmé le rapport de la commission

spéciale de la CECC en 2009, le Centre Miguel

Pro de Mexico n’a pas participé à la promotion

de l’avortement.

 

• Le P. Luis Arriaga, directeur du Centre PRODH,

est un religieux d’excellente réputation en règle

avec l’Église et agissant en conformité avec les

missions qui lui sont confiées par ses supérieurs

jésuites. On note que son expertise est reconnue

dans l’Église du Mexique puisqu’il agit comme

conseiller d’une commission épiscopale sur les

questions sociales.

 

• Dans le contexte de violence généralisée de la

société mexicaine, le travail du père Luis Arriaga,

ainsi que de l’ensemble des membres du

Centre PRODH, est un engagement constant

pour le droit à la vie de tous et de toutes. La vie

de ces défenseurs des droits humains est ellemême

souvent menacée et c’est la solidarité internationale

que nous leur témoignons qui leur

permet de poursuivre leur engagement indispensable.

 

• Plus largement, le témoignage chrétien pour la

promotion de la justice et la promotion des droits

de la personne qui lui est lié s’exercent aux frontières,

dans des contextes difficiles où les partisans

du statu quo mettent tout en oeuvre pour

bloquer l’avancement des valeurs évangéliques

fondamentales.

Dans ces circonstances, les personnes qui

s’engagent sur ce terrain, comme le font le P. Luis

Arriaga et son équipe, méritent notre appui.

Montréal, Toronto et Mexico, le 25 mai 2011.

 

Jean-Marc Biron, S.J. Jim Webb, S.J. Carlos Morfín Otero, S.J.

Supérieur provincial Supérieur provincial Supérieur provincial

Province du Canada français Province du Canada anglais Province du Mexique

Pour information :

Pierre Bélanger, S.J. / Service des communications / pierre.belanger@jesuites.org / Tél. : 514-387-2541

 

En finir avec l'injustifiable

38

e Semaine de la dignité des personnes assistées sociales

 

En finir avec l’injustifiable

 

Québec, 4 mai 2011 –

Dans le cadre de la 38e Semaine de la dignité des personnes assistées sociales, le Collectif pour un Québec sans

pauvreté

tient à réitérer sa solidarité avec le Front commun des personnes assistées sociales du Québec (FCPASQ) et exige l’abolition

des catégories à l’aide sociale. La ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Madame Julie Boulet, doit mettre fin à cette injustice au

plus vite.

 

L’obstination de la ministre

 

Abolir les catégories à l’aide sociale signifie hausser toutes les prestations à 873 $ par mois et compenser les frais liés à une limitation

fonctionnelle. Ce montant ne permettrait toujours pas aux personnes de réaliser leur droit à un revenu décent, ni même de couvrir leurs

besoins de base, mais améliorerait significativement les conditions de vie de centaines de milliers de QuébécoiSEs. Une partie de plus

en plus grande de la population s’entend pour dire qu’il est impossible de vivre avec 574 $ par mois. De plus, lors de la Commission

parlementaire sur l’itinérance en novembre 2009, tous les partis ont convenu de l’urgence d’améliorer le revenu des personnes les plus

pauvres, qu’elles travaillent ou non. Un tel consensus est rare à l’Assemblée nationale et s’explique : la réalité québécoise le démontre,

c’est lorsqu’on supporte adéquatement les personnes et les familles, sur le plan du revenu, qu’elles ont une chance de sortir de la pauvreté.

Il semble que seuls la ministre et son gouvernement refusent de le reconnaître. La ministre a même osé affirmer, lors de l’étude des crédits

du

Ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale (MESS) du 19 avril dernier, que la situation des personnes seules s’est améliorée depuis

2003. Pourtant, son propre gouvernement reconnaît explicitement que les personnes seules ont été laissées de côté. Dans les faits, entre

2003 et 2009, les personnes seules à l’aide sociale ont vu leur revenu réel diminuer de 4,3 %. L’ignore-t-elle? Ne sait-elle pas que les

couples sans enfants sont dans une situation similaire?

 

Une question de discrimination

 

L’enjeu de la fin des catégories à l’aide sociale ne se limite pas à la question du montant des prestations.

« La fin des catégories, c’est

la fin d’un traitement discriminatoire, maintenu par des préjugés tenaces. C’est la fin d’une injustice flagrante et un pas important vers la

garantie des droits de touTEs les citoyenNEs »,

a martelé Serge Petitclerc, porte-parole du Collectif. La ministre et son gouvernement

condamnent des centaines de milliers de QuébécoisESà rester dans une pauvreté extrême.

« C’est carrément indécent. Qu’attendent-ils?

D’être plus riches avant d’être plus justes? Les sociétés les plus riches ne sont pas nécessairement les plus justes. La justice est un choix,

un choix que ce gouvernement refuse de faire »

, a conclu M. Petitclerc.

- 30 -

 

Renseignements : Martin Michaud, responsable des communications. Cellulaire : 418-254-7238.

Courriel : communications@pauvrete.qc.ca. Site Internet : www.pauvrete.qc.ca

 

Semaine de la dignité des personnes assistées sociales

 

- L'aide sociale n'a rien d'un choix

 

Véronique Martineau - Front commun des personnes assistées sociales du Québec

 

LE DEVOIR - 6 mai 2011 Actualités en société

 

Il n'y a pas une journée dans l'année où les personnes assistées

sociales ne se font pas écraser, humilier, diminuer, dégrader,

déshumaniser ou traiter de profiteuses. Nous sommes victimes

de mépris, d'injustice, d'isolement et d'indifférence de la part d'un

système violent sur les plans économique, physique et psychologique.

Nous nous sentons traitées comme des déchets de la

société et non comme des personnes humaines.

Plusieurs personnes préfèrent fermer les yeux sur la réalité que

nous vivons. Il est plus facile de nous écraser davantage que de

nous tendre la main et d'écouter notre histoire. Avez-vous déjà

pris le temps de demander à une personne pourquoi elle doit

subsister avec l'aide sociale et ce qu'elle peut vivre quotidiennement?

Savez-vous que plusieurs d'entre nous doivent essayer de

survivre avec 599 $ par mois? Savez-vous que des femmes

assistées sociales se font offrir par leur propriétaire de lui donner

des services sexuels en échange d'une diminution de loyer?

Savez-vous que tomber amoureux lorsqu'on est à l'aide sociale

signifie s'appauvrir? En effet, lorsqu'un couple de personnes

assistées sociales demeure ensemble depuis un an, le gouvernement

leur donne un seul chèque de 919 $ par mois pour deux

personnes. Cela veut concrètement dire qu'un couple s'appauvrit

de 279 $ par mois.

Est-ce trop difficile d'entendre que dans une société dite civilisée,

des personnes assistées sociales se font dire par certains agents

d'aide sociale: «T'es belle! Qu'est-ce que tu fais ici? Trouve-toi un

homme, ça va améliorer ta situation.» «Fais pas ta demande

d'aide sociale, car de toute façon tu risques de retourner chez ton

mari violent.» «Nous ne pouvons t'offrir ce programme de

formation, car tu n'es pas assez intelligent pour le suivre.»

 

Déterminés à nous en sortir

 

Toutefois, même si nous vivons chaque jour le mépris et que

nous sommes pauvres dans une société riche, nous avons notre

dignité, notre fierté, notre débrouillardise, notre créativité, notre

courage et notre volonté de sortir de la pauvreté. Nos luttes

quotidiennes pour la survie et nos gestes pour joindre les deux

bouts montrent notre détermination à nous en sortir. Nous

voulons vivre et contribuer à la société par notre engagement

social.

Jusqu'au 8 mai, nous serons dans la rue pendant la Semaine de

la dignité des personnes assistées sociales pour exiger du

gouvernement un réel droit à l'aide sociale où nous aurions un

revenu suffisant pour nous nourrir, nous loger et exister. Nous

souhaitons que le gouvernement abolisse les catégories à l'aide

sociale qui divisent les personnes assistées sociales selon leurs

«aptitudes à travailler» sans reconnaître l'ensemble des facteurs

qui font en sorte que des gens peuvent être exclus du marché du

travail. Pour couvrir nos besoins essentiels, n'avons-nous pas

tous et toutes besoin du même montant?

 

D'autres demandes

 

Pour les besoins spéciaux, comme ceux liés à la maladie, nous

demandons au gouvernement d'accorder des montants supplémentaires.

Ces catégories permettent au gouvernement de

perpétuer le mythe voulant que les personnes assistées sociales

dites aptes au travail soient des paresseuses. Un rapport interne

du ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale signalait, en

novembre 2006, que seulement 8,5 % des adultes considérés

comme «aptes au travail» par l'aide sociale pourraient se trouver

un emploi sur le marché du travail.

Nous demandons aussi au gouvernement de cesser le détournement

des pensions alimentaires pour les enfants des personnes

assistées sociales et étudiants. Finalement, nous demandons au

gouvernement de garantir à chaque personne un plein chèque,

même si elles sont en couple.

 

Bilan désastreux des cinq dernières années de pouvoir conservateur
 

 

Chers confrères,

L'Entraide missionnaire, en tant qu'organisme membre de la coalition Pas de démocratie sans voix (PDSV), nous

invite à diffuser la brochure publiée par cette coalition le 25 mars 2011. Nous la reproduisons dans les pages qui suivent.

Elle est mise en ligne par la LIGUE DES DROITS ET LIBERTÉS - http://liguedesdroits.ca/.

Cette brochure fait état du bilan désastreux des cinq dernières années de pouvoir conservateur en matière de droits humains

et de démocratie. À la fin de cette brochure, vous pourrez consulter une série de recommandations s'adressant au

gouvernement ainsi qu'à tous les partis politiques afin de rétablir les droits et la démocratie au Canada.

Bonne lecture et réflexion en cette période de campagne électorale ! (Berthier Thériault, au nom du Comité JPIC)

 

Les conservateurs au pouvoir

Une attaque frontale

contre la démocratie

 

Depuis qu'il est aux commandes du

pays, Stephen Harper cherche à

transformer le visage du Canada.

Appuyé par des groupes néo-libéraux

de droite – voire d'extrême

droite – et des mouvements religieux

fondamentalistes, son gouvernement

met en danger les valeurs

d'égalité, de justice sociale et

de solidarité.

Bref, pour Harper, la démocratie est

une entrave à sa gouvernance.

Incapable de soutenir la critique, il musèle les contestations ou opinions

contraires à son dogme idéologique, tout en rendant la mobilisation

citoyenne difficile et en exerçant un contrôle de plus en plus grand sur le

débat public.

Entouré de néoconservateurs qui partagent ses convictions, il annule les

subventions aux groupes de défense des droits sociaux, économiques et

culturels, tels que les groupes de femmes, les communautés de lesbiennes,

gais, bisexuels et transgenres (LGBT), les organismes de coopération

internationale et les groupes écologistes. Il abolit le programme de

contestation judiciaire.

Au mépris de la démocratie, le premier ministre Harper impose le bâillon

aux fonctionnaires, aux diplomates, aux responsables d'agences gouvernementales

et aux scientifiques. De plus, il concentre le pouvoir politique

entre les mains du Bureau du Conseil privé et réduit considérablement

celui de ses ministres.

Incapable d'obtenir un gouvernement majoritaire qui lui permettrait de

faire adopter tous ses projets de loi, il manipule les institutions canadiennes,

notamment le Sénat, et cherche par tous les moyens à paralyser la

Chambre des communes.

Au nom de la sécurité, il n'hésite pas à durcir les politiques de l'immigration

et à affaiblir le rôle du Canada dans la lutte au racisme et à la

discrimination. Quant à ses prises de position dans plusieurs forums

internationaux, elles fragilisent encore plus la place du Canada sur la

scène internationale.

Incapable de passer sous silence les agissements de ce gouvernement, le

collectif Pas de démocratie sans voix dénonce haut et fort ces atteintes aux

institutions démocratiques, à la liberté d'expression et aux droits humains.

 

Cinq ans au pouvoir : un lamentable constat

 

Stephen Harper aura réussi, en cinq ans, à contrôler la critique, à museler le débat politique

et à faire preuve d'un grand mépris pour la Chambre des communes. Des faits impossibles à oublier…

 

 Prorogation à deux reprises du Parlement, la première pour

s'accrocher au pouvoir alors qu'il n'avait plus la confiance de

la Chambre et la deuxième pour mettre fin aux débats sur le

sort des prisonniers afghans, ce qui lui a permis d'éviter de

devoir rendre des comptes devant la Commission d'examen

des plaintes concernant la police militaire.

 

 Interdiction au personnel des ministères de comparaître devant

les comités parlementaires.

 

 Contrôle absolu sur les relations de presse et restriction sur les

marges de manoeuvre des communications entre les

ministères et la population.

 

 Manipulations du Sénat visantà mettre en échec les projets de

loi votés par la Chambre des communes.

 

 Négociations d'ententes commerciales avec différents pays,

sans avoir obtenu le mandat de la population ni l'accord de la

Chambre des communes.

 

 Refus de créer une commission d'enquête publique sur le

transfert des détenus en Afghanistan.

 

 Tentatives de museler les hauts fonctionnaires

chargés de surveiller l'action

gouvernementale, comme la vérificatrice

générale et le directeur général des

élections.

 

 Refus de reconnaître l'expertise scientifique

si elle contrecarre sa vision du développement

économique, des changements

climatiques ou des jeunes contrevenants.

 

 Nominations partisanes pour mieux contrôler certaines institutions.

 

 Non-renouvellement du mandat de certaines personnes à la

direction d'organismes en raison de leur prise de position

publique contre les politiques du gouvernement Harper.

 

 Refus de sanctionner la ministre Bev Oda qui a pourtant induit

délibérément la Chambre des communes en erreur au sujet de

la subvention de l'Agence canadienne de développement

international (ACDI) à l'organisme Kairos.

 

Droits humains : un bilan désastreux

 

Le Canada est devenu un véritable cancre sur la scène internationale.

 

 Il est l'avant-dernier pays à avoir appuyé la Déclaration sur les

droits des peuples autochtones.

 

 Il s'est opposé à l'adoption d'une résolution de l'Organisation

des Nations Unies reconnaissant l'accès à l'eau comme un

droit fondamental.

 

 Il refuse toujours de ratifier deux conventions de l'Organisation

internationale du travail portant sur l'interdiction du travail des

enfants et, aussi, sur la garantie du droit d'association et de

négociation collective.

 

 Il a renié la signature du Canada sur l'accord de Kyoto en

agissant systématiquement pour empêcher toute entente

efficace et contraignante en matière de contrôle des gaz à effet

de serre.

 

Un respect pour les droits humains à géométrie variable…

 

Le Canada fait tout ce qu'il peut pour empêcher les demandeurs

d'asile de fuir la persécution en se réfugiant au pays, notamment

par sa politique de visa, son entente avec les États-Unis pour

refouler les demandeurs qui se présentent à la frontière ainsi que

leur traitement différencié selon leur pays d'origine.

Pire, le gouvernement Harper s'est fait le complice des États-Unis

dans les multiples violations de droits dont Omar Kadhr a été

victime : traitements cruels et inhumains, simulacre de procès,

aveux obtenus sous la contrainte et condamnation. Or, ce prisonnier

aurait dû bénéficier de la protection accordée aux enfants

soldats en vertu des conventions internationales que le Canada a

signées.

Fidèle allié du gouvernement israélien et du lobby sioniste, le

gouvernement Harper a cautionné sans réserve les violations des

droits commises par ce pays. Pensons aux bombardements du

Liban du Sud et de Gaza ainsi qu'aux attaques meurtrières contre

la flottille humanitaire de ravitaillement de Gaza.

Enfin, en dépit d'une forte opposition, le Canada a signé un accord

de libre-échange avec la Colombie, et ce, malgré les violations

flagrantes des droits de la personne dans ce pays – notamment l-

'assassinat de plus de 2 700 syndicalistes depuis 1986.

 

Une position radicale à peine voilée

 

M. Harper s'est prononcé publiquement en faveur de la peine de

mort. Et que dire du fait que, dorénavant, le gouvernement

canadien ne demandera plus automatiquement aux pays dits

démocratiques de commuer la peine des Canadiens condamnés à

mort !

Par ailleurs, ignorant les statistiques qui montrent une baisse de la

criminalité, le gouvernement Harper durcit le Code criminel,

privilégie la criminalisation des jeunes au lieu de leur réhabilitation

et investit massivement dans de nouvelles prisons.

 

Droit à l'information et liberté d'expression compromis

 

Le contrôle de l'information est une véritable obsession pour le gouvernement Harper.

 

 

Le premier ministre limite le plus possible ses rencontres avec

les journalistes. Ses ministres et lui ont d'ailleurs pris l'habitude

d'annoncer leurs politiques à l'extérieur d'Ottawa. Et c'est

l'attaché de presse de M. Harper qui détermine quels journalistes

auront le droit de le questionner lors des conférences de

presse.

 

 

L'accès aux documents gouvernementaux est de plus en plus

difficile. Et quand, finalement, ils sont rendus disponibles, ils

sont le plus souvent censurés. Pas surprenant alors que, selon

une étude britannique comparant l'accès à l'information dans

cinq démocraties parlementaires, le Canada se classe au

dernier rang.

 

 

Les fonctionnaires sont désormais muselés. Les scientifiques

de Ressources naturelles Canada, par exemple, ont appris au

printemps 2010 qu'ils devaient avoir l'autorisation du bureau du

ministre Paradis avant de s'adresser à

des journalistes canadiens ou étrangers.

 

 

Le gouvernement a supprimé l'obligation de répondre au

questionnaire long du recensement canadien pour la remplacer

par une enquête volontaire. Devant l'absence de données

fiables, il pourra dorénavant établir ou modifier ses politiques

sur une base arbitraire selon ses orientations idéologiques ou,

encore, ses intérêts partisans.

 

 

Celles et ceux qui osent s'opposer aux politiques gouvernementales,

comme l'ancien diplomate Richard Colvin dans

l'affaire des prisonniers afghans, sont dénigrés publiquement.

Wesley Wark, professeur à l'Université de Toronto, affirme qu'il

n'a jamais vu un tel « climat de peur » au sein de la fonction

publique fédérale. Les fonctionnaires s'autocensurent et n'osent

plus participer à des événements publics.

 

Une force policière démesurée

pour contenir une manifestation pacifique

 

Plus de mille personnes manifestant pacifiquement ont été arrêtées lors du sommet du G20 à Toronto – la grande

majorité sans accusation. Et un grand nombre d'entre elles ont été détenues pendant plusieurs jours dans des

conditions humiliantes et dégradantes. La force policière déployée visait indéniablement à intimider et à empêcher

les manifestants de se faire entendre.

 

La susceptibilité d'un gouvernement ou la fin de l'indépendance…

 

Le gouvernement Harper s'en prend aux organisations non

gouvernementales – canadiennes ou étrangères – qui critiquent ses

politiques, condamnent les positions du gouvernement d'Israël ou

défendent les droits des Palestiniens.

 

 

L'organisme Match International, travaillant à la formation des

femmes dans les pays en voie de développement, a perdu sa

subvention de 400 000 $ le jour même où il tenait une table

ronde critiquant la politique du gouvernement Harper en matière

de santé maternelle.

 

 

Pour justifier la purge à l'organisme Droits et Démocratie, il n'a

pas hésité à salir Al-Mezan, Al-Haq et B'Tselem, des organisations

respectées de défense des droits qui avaient reçu une

subvention de Droits et Démocratie.

 

 

Kairos et Alternatives, deux organisations critiques envers Ie

gouvernement israélien ont vu leurs subventions supprimées ou

amputées.

 

 

Le gouvernement Harper a aussi tenté d'empêcher la tenue

d'une conférence universitaire sur la Palestine et d'interdire

l'entrée au pays à George Galloway, un député anglais critique

des politiques israéliennes.

 

Des reculs importants pour les femmes

 

Depuis qu'il est au pouvoir, le gouvernement

Harper a démantelé plusieurs programmes et

mesures visant la défense et la promotion des

droits des femmes. Au fil des ans, il a notamment 

 remis en question le libre choix par plusieurs projets de loi;

 

 diminué de 43 % le budget de fonctionnement de Condition

féminine Canada;

 

 fermé 12 des 16 bureaux régionaux de cet organisme, particulièrement

en milieu rural;

 

 aboli le financement des activités pour la défense des droits

des femmes;

 

 annulé le Programme national d'investissement dans les

services de garde. Il a aussi nié le droit des femmes à l'équité

salariale en faisant adopter la Loi sur l'équité dans la rémunération

du secteur public. Par cette loi :

 

 il oblige les femmes à présenter leurs plaintes seules, sans le

soutien de leur syndicat;

 

 il impose une amende de 50 000 $ aux syndicats qui encouragent

ou aident leurs membres à déposer une plainte en matière

d'équité salariale.

 

Les droits des peuples autochtones ? Quels droits ?

 

Le gouvernement Harper n'a pas hésité à renier l'Accord de Kelowna qui visait à favoriser la

réussite scolaire de jeunes au secondaire et aux études postsecondaires ainsi qu'à assurer la

qualité de l'eau et à améliorer la santé dans les réserves.

 

En sous-finançant les écoles des communautés

non conventionnées, sous juridiction

fédérale, il a aussi nié le droit à

l'éducation des jeunes autochtones. Ces

écoles sont soumises à une formule de

financement élaborée en 1998, qui n'a

pas été indexée depuis vingt ans et,

conséquemment, ne permet pas d'assumer

les coûts reliés à une éducation de qualité.

Il a mis aussi un an avant de renouveler son soutien au programme

Soeurs par l'esprit de l'Association des femmes autochtones du

Canada, lequel viseà contrer les disparitions et les assassinats des

femmes autochtones. Le programme est toutefois amputé de ses

volets recherche et mobilisation pour les droits.

Après trois années de refus, ce gouvernement s'est finalement

résigné à appuyer la Déclaration des Nations Unies sur les droits

des peuples autochtones, qui avait pourtant été proposée par le

Canada, en la qualifiant de « document d'aspirations ». Il serait

surprenant qu'il en respecte l'esprit ou la lettre, car pour lui cette

Déclaration n'est pas juridiquement contraignante, ne constitue pas

une expression du droit international coutumier et ne modifie pas

les lois canadiennes.

 

Un gouvernement homophobe ? La question se pose…

 

Sous le gouvernement Harper, les droits des personnes LGBT se sont fragilisés.

Et pour cause ! Les conservateurs ont…

 

 remis en question le droit au mariage des couples de même

sexe;

 

retiré toute mention des acquis juridiques LGBT dans le

document Découvrir le Canada – Les droits et responsabilités

à la citoyenneté, édition 2010, remis aux personnes

immigrantes, tout en restreignant l'immigration des personnes

LGBT;

 

nommé Gérard Latulippe à la tête de l'organisme Droits et

Démocratie, lequel s'est déjà prononcé contre les droits des

gais et pour la peine de mort;

 

retiré aux personnes transsexuelles incarcérées le droit de

poursuivre leur processus de réassignation de sexe;

 

 voté contre le projet de loi C-386 visant l'inclusion de la

notion d'identité de genre comme motif de discrimination

dans la Charte canadienne des droits et libertés;

 

et supprimé le financement des organismes et des festivals

LGBT.

 

La coopération internationale menacée

 

Pendant plus de 30 ans, l'ACDI, grâce à ses mécanismes de financement réactifs,

a joué un rôle de catalyseur.

 

Depuis juillet 2010, les partenariats entre

l'ACDI et les organismes de coopération

internationale (OCI) sont désormais soumis

à un système concurrentiel d'appels

de propositions. Ce modèle contredit

l'essence même d'une relation de partenariat,

laquelle tire son efficacité de

l'accompagnement à long terme, de la

prévisibilité et de la sensibilité aux besoins. En instaurant cette

nouvelle approche, qui lui laisse toute liberté de restreindre le

financement à des domaines précis, le gouvernement ne tient plus

compte des perspectives des partenaires du Sud.

Qui plus est, l'obligation nouvelle de proposer des projets qui

s'inscrivent dans les plans des gouvernements locaux signifie que

les OCI ne sont pas traités comme des acteurs du développement

qui mettent en place des approches novatrices, mais comme de

simples sous-traitants.

Et ça ne s'arrête pas là ! Les intérêts politiques ont interféré avec

les normes publiques dans l'attribution de financement. Le financement

d'organismes qui ont fait leurs preuves a été supprimé (Kairos

et le Conseil canadien pour la coopération internationale) ou

fortement amputé (Alternatives).

 

===========================================

ACEF du Haut Saint-Laurent

ACEF du Sud-Ouest de Montréal

ACEF Rive-Sud de Québec

Action Autonomie

Action travail des femmes

Alliance alimentaire Papineau

Amnistie internationale, Canada francophone

Association canadienne pour la santé mentale - Division du

Québec

Association coopérative d'économie familiale (ACEF) des

Bois-Francs

Association de protection de l'environnement des Hautes

Laurentides (APEHL)

Association des citoyennes averties d'Alma Inc.

Association des familles monoparentales ou recomposées

La Source

Association des groupes d'éducation populaire autonome

Centre-du-Québec

Association des retraités (es) AREQ

Association du Québec pour l'intégration sociale (AQIS)

Association québécoise de la dysphasie

Association québécoise des organismes de coopération

internationale (AQOCI)

ATTAC-Québec

Bureau de Ressources des AssistéEs Sociaux (BRAS Villeray)

Carrefour d'éducation populaire de Pointe-Saint-Charles

Carrefour de participation, ressourcement et formation

Centrale des syndicats démocratiques (CSD)

Centrale des syndicats démocratiques - Montréal

Centrale des syndicats du Québec (CSQ)

Centre Au Coeur des Femmes

Centre communautaire des femmes sud-asiatiques

Centre d'intégration au marché de l'emploi (CIME)

Centre de femmes avec des Elles

Centre de femmes l'Étincelle

Centre de femmes Mieux-être de Jonquière

Centre de Femmes Vie Nouv'Elles

Centre de femmes, Entre Ailes Ste-Julie

Centre de ressources sur la non violence

Centre des F.A.M des Moulins

Centre des femmes de Forestville

Centre des femmes de Rosemont

Centre des femmes du Plateau Mont-Royal

Centre féminin du Saguenay

Centre Femmes aux 4 vents de Sept-Iles, région Côte-Nord

Centre international de solidarité ouvrière (CISO)

Centre justice et foi

Centre Québécois de formation pour les jeunes en matière

de droits humains (CQF)

Centre ressources pour femmes de Beauport

Centres d'aide et de lutte contre les agressions à caractère

sexuel (CALACS) de Charlevoix

Cible Retour à l'Emploi

Coalition Gaie et Lesbienne du Québec

Coalition jeunesse montréalaise de lutte à l'homophobie

Coalition Montréalaise des tables de quartier

Coalition pour la justice et la paix en Palestine

Collectif D'abord solidaire

Collectif pour le Libre Choix

Comité d'action des citoyens et citoyennes de Verdun

Comité de l'environnement de Chicoutimi

Comité de Solidarité/Trois-Rivières

Comité de soutien du mouvement marocain du 20 fevrier à

montreal

Comité des Travailleurs et Travailleuses accidentés de l'Estrie

Comité logement Rosemont

Comité pour les droits humains en Amérique latine (CDHAL)

Confédération des syndicats nationaux (CSN)

Conseil central des syndicats nationaux Saguenay-Lac-St-

Jean (CSN)

Conseil central du Montréal métropolitain (CSN)

Conseil d'intervention pour l'accès des femmes au travail

(CIAFT)

Conseil des Canadiens, chapitre de Montréal

Conseil national des chômeurs (CNC)

Conseil québécois des gais et lesbiennes (CQGL)

Conseil régional de la FTQ - Montréal métropolitain

 

Une déclaration

 

L'appui de la société civile québécoise à la Coalition

est significatif et se base sur une déclaration

commune qui aborde concrètement les effets des

politiques de droite du gouvernement fédéral.

Cette déclaration est disponible sur le site web à

l'adresse :

 

www.pasdedemocratiesansvoix.qc.ca.

Les représentantes et les représentants de

 

« Pas de démocratie sans voix » demandent

un changement de cap radical et, par conséquent,

les partis politiques doivent s'engager à :

 

% protéger et défende les droits et libertés, en

particulier la liberté d'expression, sans parti

pris, en situation de paix comme de conflit, au

Canada et à l'étranger, ainsi que la place du

débat public comme fondement de la vie démocratique;

 

% faire preuve de transparence et répondre

aux demandes d'information du Parlement et

de la population;

 

% respecter les institutions démocratiques

canadiennes et mettre fin aux manoeuvres pour

courtcircuiter les débats au Parlement canadien;

 

% reconnaître et respecter le rôle essentiel,

l'expertise et l'indépendance des organisations

de la société civile québécoises et canadiennes

pour la défense des droits et libertés et en faveur

d'une plus grande justice sociale, tant au

Canada qu'à l'international, et ce, notamment

en maintenant le financement de leurs activités;

 

% mettre en place un processus coordonné de

surveillance de la mise en oeuvre des obligations

internationales du Canada en matière de

droits de la personne qui puisse assurer

l'imputabilité en y impliquant tous les paliers de

gouvernement ainsi que la société civile et les

peuples autochtones;

 

% tenir une commission parlementaire sur l'état

de la démocratie, du droit à l'information et de

la liberté d'expression au Canada.

 

Pas de démocratie sans voix est une Coalition

composée de près de 130 organisations

québécoises [ci-contre] mobilisées autour de la

défense de la démocratie et des droits au Canada

et préoccupées par les politiques du gouvernement

et leurs répercussions sur les droits et la

démocratie.

 

==============================================

Corporation de développement communautaire Action solidarité

Grand Plateau

Corporation développement communautaire du Granit

Équipe diocésaine de solidarité sociale du Saguenay Lac Saint-

Jean

Fédération des associations de familles monoparentales et

recomposées du Québec (FAFMRQ)

Fédération des femmes du Québec (FFQ)

Fédération des travailleurs et des travailleuses du Québec (FTQ)

Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ)

Fédération du Québec pour le planning des naissances (FQPN)

Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ)

Femmes Autochtones du Québec Inc. / Quebec Native Women

Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU)

Gai-Côte-Sud

Groupe d'économie solidaire du Québec (GESQ)

Groupe-Ressource du Plateau Mont-Royal

Halte-Femmes Montréal-Nord

Illusion-Emploi de l'Estrie

L'Écho des femmes de la Petite-Patrie

L'R des Centre de Femmes du Québec

La Jarnigoine, Centre d'alphabétisation de Villeray

La Marie Debout, centre d'éducation des femmes

La Petite Maison de la Miséricorde

Le Centre d'Entraide La Destinée, Centre de Femmes de Gatineau

Le Centre d'Entraide La Destinée, Centre de Femmes de Gatineau

Les Amis du monde diplomatique

Les Éditions Écosociété

Les Femmes métisses de la Boréalie

Ligue des droits et libertés

L'Entraide missionnaire (EMI)

Mouvement Action Chômage Lac-Saint-Jean (MAC Lac-Saint-

Jean)

Mouvement d'éducation populaire autonome du Québec (MÉPACQ)

Mouvement des Personnes d'Abord de Montréal

Mouvement pour une démocratie nouvelle

Organisation populaire des droits sociaux de Montréal (OPDSRM)

Projet ÉCOSPHÈRE

Récif 02 - Table de concertation des groupes de femmes Saguenay

Lac St-jean

Regroupement des centres d'aide et de lutte contre les agressions

à caractère sexuel (RqCALACS)

Regroupement des comités logement et associations de locataires

du Québec (RCLALQ)

Regroupement des groupes de femmes de la région de la Capitale

Nationale (Portneuf-Québec-Charlevoix)

Regroupement des organisames communautaires autonomes

jeunesse du Québec (ROCAJQ)

Regroupement d'éducation populaire en action communautaire

des régions de Québec et Chaudière-Appalaches, le RÉPAC 03-12

Réseau d'action des femmes en santé et services sociaux

(RAFSSS)

Réseau des lesbiennes du Québec

Réseau des tables régionales de groupes de femmes du Québec

Réseau québécois d'action pour la santé des femmes (RQASF)

Réseau québécois de l'action communautaire autonome

Réseau québécois des groupes écologistes (RQGE)

Services juridiques communautaire de Pointe-Saint-Charles et

Petite-Bourgogne

Solidarité Laurentides Amérique centrale (SLAM)

Solidarité populaire Estrie (SPE)

Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ)

Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement

du Québec (SPGQ)

Syndicat local du CSSS d'Ahuntsic/Montréal-Nord (APTS)

Table de concertation du mouvement des femmes de la Mauricie

Table des groupes de femmes de Montréal

Table des regroupement provinciaux d'organismes communautaires

et bénévoles

Table régional des organismes volontaires d'éducation populaire

de Montréal (TROVEP)

Table régionale des centres de femmes de Montréal-Laval

Table ronde des organismes volontaires d'éducation populaire de

l'Estrie

Terravie

Un Seul État Démocratique (en Palestine historique)/Rezeq Faraj

Union des consommateurs

Voix juives indépendantes – Montréal (VJI-M

 

 

 

Chers confrères,
Ce mois-ci, à travers notre participation aux activités de l'Entraide missionnaire, nous appuyons la prise de position du ROJeP
(Réseau oecuménique Justice et Paix) qui demande au gouvernement de donner « Priorité au respect de la population et de son
territoire » dans le débat sur les gaz de schiste. (Voir ci-dessous)
Bonne lecture et réflexion ! (Berthier Thériault, au nom du Comité JPIC)
COMMUNIQUÉ DE PRESSE -Pour diffusion immédiate

Des groupes chrétiens se positionnent sur les gaz de schiste :
Priorité au respect de la population et de son territoire


Montréal, le 25 février 2011 – Nous, soussignés, membres du
Réseau oecuménique Justice et Paix (ROJeP), souhaitons affirmer
notre vive préoccupation concernant l'exploration et l'exploitation
des gaz de schiste. Nous refusons de céder aux pressions de
l'industrie en raison du danger que représente pour l'environnement
et la santé des citoyens du Québec cette source d'énergie
fossile. Nous le faisons sur la base de nos convictions éthiques
concernant la prépondérance du droit de la population à son bien-
être et au respect de son territoire sur les privilèges concédés à
l'industrie. Porter atteinte au territoire, c'est mépriser la population qui
l'habite. « La terre et moi, flanc contre flanc, c'est mon affaire »
(Gaston Miron, L'Homme rapaillé).

Un consensus de plus en plus large et documenté existe au sujet des
nombreux problèmes majeurs autour de l'exploitation des gaz de
schiste : utilisation et contamination de millions de litres d'eau; injection
dans le sol de divers produits chimiques toxiques dont seulement 40 %
à 60 % sont récupérés, la balance percolant jusqu'aux nappes
phréatiques; émanation de gaz nocifs comme le radon et le méthane;
usage industriel des meilleures terres agricoles; entrave au développement
des énergies alternatives. Par ailleurs, les citoyens du Québec
doivent impérativement savoir que cette industrie ne peut être rentable
que si elle est intensive : il s'agit là d'un virage majeur dans la gestion
des ressources collectives qui n'a pas fait l'objet d'un débat public. Ce
manque de transparence a été dénoncé comme il se devait, et nous partageons cette indignation.

1. Bureau de justice sociale des Soeurs de SteAnne (BJS-SSA)
2. Carrefour de participation, ressourcement etformation (CPRF)
3. Centre culturel chrétien de Montréal (CCCM)
4. Centre de formation sociale Marie-Gérin-Lajoie
5. Centre justice et foi
6. Comité de solidarité sociale Sainte-Croix
7. Comité Justice Québec de la Conférence religieuse canadienne
8. Comité pour les droits humains en Amériquelatine (CDHAL)
C'est pourquoi nous déplorons fortement le refus du gouvernement
d'entendre la demande démocratique d'un moratoire qui démontrerait
sa volonté de respecter le bien-être des populations et l'intégrité de
leur territoire. Malgré les risques encourus et avérés, l'industrie des gaz
de schiste et les instances gouvernementales ont plutôt essayé
d'imposer leur projet au nom d'un objectif trompeur de « développement
économique » qui risquerait fort de profiter d'abord et avant tout
aux entreprises et aux investisseurs.

Nous demandons donc l'arrêt immédiat des activités d'exploration
et exigeons la tenue d'un moratoire afin de prendre un recul
nécessaire. Cette mesure paraît d'autant plus incontournable que,
dans l'état actuel du dossier, tout porte à croire qu'une analyse
rigoureuse pourrait bien mener à un refus global de l'exploitation des
gaz de schiste.

Le Québec possède le potentiel requis pour devenir un leader mondial
dans le domaine des énergies renouvelables, mais cela ne peut sefaire sans une réelle volonté politique. À cet effet, l'économie doit être
au service de la population et du territoire en s'assurant du
consentement libre, préalable et éclairé des communautés.

Le Réseau oecuménique Justice et Paix (ROJeP) est formé de groupes
enracinés dans la foi chrétienne et engagés dans la promotion de la
justice, de la paix et de l'intégrité de la création.


Source : Julie Sabourault / ROJeP / Cell. : 438.764.0302 /

info@justicepaix.org

LISTE DES MEMBRES SIGNATAIRES :

9. Commission justice, paix et intégrité de la création
(Petites Soeurs de l'Assomption)
10. Conférence religieuse canadienne (CRC)
11. Conseil des églises pour la justice et la criminologie
12. Développement et paix
13. Fondation Béati
14. Groupe de théologie contextuelle du Québec (GTCQ)
15. Groupe Solidarité Justice
16. Groupe Solidarité Justice SNJM (Soeurs des SaintsNoms de Jésus et Marie)
17. Jeunesse du Monde
18. Justice écologie tendresse (JET)
19. L'Entraide missionnaire
20. Mouvement des Travailleurs Chrétiens
(MTC)
21. Pastorale Sociale du Diocèse de Montréal
22. Pastorale sociale du Diocèse de Saint-Hyacinthe
23. Pastorale sociale du Diocèse de Valleyfield
24. Programme Église verte
25. Service de promotion humaine du Diocèsede Saint-Jean-Longueuil
26. Société religieuse des amis (Quaker)
27. Table diocésaine des agents et agentes depastorale sociale de secteurs (Montréal)  

 

Chers confrères,

Le débat sur les projets d'exploration et d'exploitation du

gaz de schiste au Québec nous tient en haleine

depuis quelques mois et les citoyens concernés ont pris la parole, de sorte que l'industrie et le gouvernement

doivent préciser leurs positions avant d'aller de l'avant. L'article ci-dessous fait le point et apporte des

précisions importantes. Pour plus d'information, vous pouvez consulter le nouveau site

http://www.regroupementgazdeschiste.org/

(Site officiel du Comité Inter-Régional Gaz de Schiste de la Vallée du St-Laurent. Québec, Canada).

Bonne lecture et réflexion !

(Berthier Thériault, au nom du Comité JPIC)

 

Gaz de schiste - Le ton et le fond

 

LE DEVOIR

- Josée Boileau, 22 janvier 2011, Québec

 

Le ministre du Développement durable, de

l'Environnement et des Parcs, Pierre Arcand, s'est

montré plus ferme hier en ce qui concerne l'industrie

du gaz de schiste. Mais il a été plus prudent que ce

que bien des médias ont rapporté: il n'a pas parlé de

moratoire, pas plus que ne l'a fait le premier ministre

Jean Charest qui a pris la parole par la suite. Questionné

à ce sujet, le ministre s'est contenté de dire

qu'il attendait le rapport du Bureau d'audiences

publiques sur l'environnement (BAPE), fin février. M.

Charest, lui, a fait valoir que le gouvernement sera

conséquent: c'est lui qui a commandé un rapport au

BAPE, il va donc tenir compte de ses recommandations.

La précision est importante, car le mandat que le

gouvernement a confié au BAPE ne porte en rien sur

la pertinence d'exploiter ou non les gaz de schiste!

L'organisme doit plutôt

«proposer un cadre de

développement de l'exploration et de l'exploitation

des gaz de schiste»

afin que ces activités cohabitent

«harmonieusement» avec les populations et

l'environnement. Il doit aussi proposer

«un encadrement

légal et réglementaire qui assure [...] le développement

sécuritaire de cette industrie dans le

respect du développement durable».

Ce mandat-là n'a pas changé: il ne faut pas confondre

changement de ton et changement de cap.

Jusqu'à maintenant, le gouvernement avait donné

carte blanche à l'industrie. Le rôle de porte-voix de

l'enthousiasme gouvernemental avait été confié à la

ministre des Ressources naturelles et de la Faune,

Nathalie Normandeau, qui a multiplié les déclarations

d'appui à l'exploration, n'hésitant pas à frôler le

ridicule (combien faut-il de pets de vaches pour

équivaloir aux émissions d'un puits de gaz de schiste?...).

Hélas pour elle, jour après jour les faits ont révélé

que tout n'est pas sous contrôle dans l'univers des

gaz de schiste. Le manque d'informations est flagrant,

notait encore la semaine dernière l'Institut

national de la santé publique du Québec. Quant aux

fuites dans les puits, on sait maintenant que l'industrie

peine parfois à les colmater et que surtout, le

ministère des Ressources naturelles n'en informe pas

la population (les journalistes font le travail!) et s'en

ouvre avec réticence au BAPE. A-t-on même assez

d'inspecteurs sur le terrain pour mener un travail

soutenu de vérification?

Le gouvernement, hier, a donc décidé de délaisser

son ton jovialiste, ce qui est le minimum. Tout

comme se montrer plus strict en matière de sécurité

relève de l'évidence: la chose aurait dû être faite

depuis des mois.

Mais le débat préalable à ces considérations sécuritaires

est toujours esquivé: le Québec doit-il exploiter

le gaz de schiste? Doit-il le faire dans les zones

habitées? Et si exploitation il y a, pourquoi seules

certaines entreprises en tireront-elles le gros des

profits? Qui a décidé de leur choix? Et pourquoi,

pourquoi, les Québécois ont-ils su après-coup que

leur sous-sol était déjà vendu?... Ces réponses-là, ce

n'est pas le BAPE qui nous les donnera...

 

Ben Parfitt est un chercheur de Victoria, en Colombie-Britannique, auteur du rapport

"Fracture Lines: Will Canada's Water be Protected in the Rush to Develop Shale Gas ?"

Lignes de fractures, est-ce que l'eau du Canada sera protégée dans la ruée pour exploiter le gaz de schiste?

rédigé pour le programme "Program on Water Issues" pour Munk School of Global Affairs

à l'université de Toronto. Le document porte la date du 15 septembre 2010.

 

« Depuis une décennie, l'industrie du gaz naturel a connu une véritable révolution qui transforme le milieu énergétique et

politique de l'Amérique du Nord. Juste au moment où l'on pensait que les sources de gaz conventionnel étaient sur le point

de se tarir, l'industrie pétrolière a marié une technologie vieille de 60 ans appelée

fracturation hydraulique avec la

technologie du

forage horizontal afin d'exploiter une ressource qui semblait jusqu'alors hors de notre portée: le gaz naturel

emprisonné dans le roc, du shale, ou schiste, profond et dense.

La fracturation hydraulique,

l'injection de tonnes de sable, d'eau et de produits chimiques à haute pression, a permis à

l'industrie de fracturer ce roc de la même façon qu'une pierre fait éclater un pare-brise. Les fractures qui en résultent créent

de minuscules passages qui permettent aux pochettes de gaz naturel de s'échapper du shale... »

[Extrait du rapport]

 

 

Chers confrères,

Quoi de mieux, pour terminer l'année, que de nous laisser questionner par la réflexion d'un

enseignant au primaire qui ose faire des rapprochements que nous omettons trop souvent de faire

parce qu'ils sont dérangeants...

Bonne lecture et réflexion !

(Berthier Thériault, au nom du Comité JPIC)

 

Deux photos qui nous rendent responsables du monde de demain

 

LE DEVOIR -

Éric Cornellier - Enseignant au primaire - 7 décembre 2010 - Actualités en société

 

Il arrive que des rapprochements impromptus

favorisent des prises de conscience

essentielles. Ainsi, dans Le Devoir

du 26 novembre dernier, une très belle

photo montrant une fillette indienne vivant

dans l'extrême pauvreté (photo de Pawan

Kumar de l'agence Reuters) coiffait un

article aux sombres propos nous apprenant

que «le nombre de pays très pauvres a

doublé en quarante ans» (Agence France-

Presse).

 

Quatre jours plus tard, une autre photo,

toujours dans Le Devoir, montrait un groupe

de personnes appartenant à «l'élite de

la finance québécoise» [une quinzaine

d'hommes et une seule femme...]. L'article

accompagnant cette photo de Jacques

Nadeau (article écrit par François Desjardins)

nous apprenait que cette élite souhaitait

«étendre son influence dans le

monde».

J'ai ressenti le besoin de réfléchir au sort

du monde à partir d'une observation comparée

de ces deux photos.

D'un côté, une enfant très pauvre vivant

dans un pays pauvre, une vie de misère. Et

pourtant, la photo laisse clairement transparaître

une indéfinissable beauté émanant

de toute sa personne. Cette jeune fille, qui

semble avoir entre huit et dix ans, est en

train de marcher. Elle transporte deux

grosses cruches, une dans chaque main,

servant fort probablement à aller chercher

de l'eau. Le mouvement vers l'avant de sa

marche, l'écartement de ses bras par rapport

à son corps, comme si ceux-ci étaient

des voiles doucement tendues par le vent,

la légère inclinaison de sa tête vers un chemin

imaginaire qu'elle semble vouloir suivre

du regard, tout cela donne à cette

photo la puissance évocatrice d'une danse

qui témoignerait de l'indicible joie de se

sentir vivant, joie illuminatrice d'une

conscience saisissant sa propre existence

dans le monde.

 

De l'autre côté, une quinzaine de personnes

qui semblent s'accorder la plus haute

importance. Ce sont des financiers, des

gens sérieux et respectés pour leur savoirfaire.

Engoncés dans leurs complets aux

couleurs sombres, souliers vernis, boutons

de manchette et montres-bracelets de luxe.

Les cous sont bien serrés par une incontournable

cravate impeccablement nouée.

Mais ce qui frappe les yeux quand on

compare cette photo avec celle de la jeune

fille, c'est qu'ici la beauté a déserté. Ces

messieurs sont visiblement aussi affreusement

coincés dans leur tête que dans leur

corps. Les lèvres sont serrées. Tout sent ici

le renfermé, une impression d'étouffement

nous envahit. Sous leur oeil morne et

sévère, la simple joie d'exister n'ose plus

montrer le bout de son nez.

 

Renouer avec l'activisme

 

Quand le monde de la finance étend son

pouvoir sur le monde réel, ne reste plus

alors que la triste excitation des profits et

pertes. Que la piètre satisfaction d'avoir su

tirer son épingle du jeu. Et ce jeu est dangereux

parce que pour gagner il faut savoir

exploiter, avant que les autres ne le fassent,

toutes les ressources naturelles et

humaines au moindre coût possible jusqu'à

l'épuisement des stocks.

Si nous ne voulons pas être de vulgaires

hypocrites, nous ne pouvons pas continuer

à différer indéfiniment le choix de notre

camp. L'architecture financière mondiale

entretient des injustices flagrantes entre

les pauvres et les riches, et ce, tant entre

les pays qu'à l'intérieur de ceux-ci. Devant

cet état de fait, demeurer inactifs équivaut

à se faire complices des structures économiques

inéquitables qui nous gouvernent.

Ceux qui n'acceptent plus que la richesse

des uns s'édifie sur la misère des autres

doivent passer à l'action. Des gestes concrets

peuvent être faits par tout un chacun.

Premièrement, il faut cesser de laisser le

sort du monde entre les mains des pouvoirs

financiers. Cela veut dire exiger de nos

gouvernements qu'ils réglementent cette

sphère d'activité. Cela suppose que l'on

renoue avec un certain activisme politique

et social.

Deuxièmement, nous devons exiger de

nos gouvernements qu'ils respectent leur

promesse de consacrer 0,7 % de leur PIB

pour l'aide publique au développement des

pays les plus pauvres. Cette mesure, facilement

réalisable, serait un premier pas dans

la bonne direction.

Et finalement, le plus difficile, mais le

plus essentiel, ce serait que chacun d'entre

nous fasse l'effort moral et intellectuel

nécessaire pour s'extirper de la pensée

économique dominante qui appauvrit de

plus en plus d'êtres humains partout sur la

planète. Car sur les plans social, économique

et politique, il n'y a pas de fatalité.

Le monde dans lequel nous vivons est le

fruit des choix — du courage ou des lâchetés

— des humains qui nous ont précédés.

Dire cela, c'est reconnaître notre pleine et

entière responsabilité face au monde de

demain.

 

Chers confrères,

La tenue récente du « Sommet populaire contre la guerre et le militarisme », organisé par le

Collectif ÉCHEC À LA GUERRE, nous a permis d'appuyer leur « Déclaration » grâce à nos

activités avec L'ENTRAIDE MISSIONNAIRE. Nous sommes heureux de vous en faire part.

Bonne lecture et réflexion ! (Berthier Thériault, au nom du Comité JPIC)

 

DÉCLARATION CONJOINTE

CONTRE LA GUERRE ET LE MILITARISME

Montréal, 21 novembre 2010

. Le Sommet populaire contre la guerre et le militarisme, qui s'est tenu à

Montréal en fin de semaine et auquel ont participé 225 personnes, rend aujourd'hui publique

une déclaration conjointe déjà endossée par plus de 70 organisations de tous les horizons de

la société.

Alors même que les dirigeants du Canada et des autres pays membres de l'OTAN, réunis en

sommet à Lisbonne, ont décidé de prolonger la guerre en Afghanistan jusqu'en 2014 et même

après – à l'encontre de la volonté de leurs populations – les participants et participantes au

Sommet ont réitéré la demande du retrait immédiat des troupes canadiennes de l'Afghanistan

et, de plus, exigé le retrait du Canada de l'OTAN, une alliance guerrière et antidémocratique,

comme ses plus récentes décisions l'ont encore démontré.

Lors de la conférence d'ouverture, Jean Bricmont, auteur de l'ouvrage «

L'impérialisme

humanitaire », a déconstruit le discours qui cherche à légitimer l'ingérence militaire unilatérale

des grandes puissances en Afghanistan et ailleurs au nom de la défense des droits de la

personne et de la démocratie. Pendant toute la journée du samedi, les discussions ont porté

sur les enjeux qui se posent au mouvement anti-guerre et ont dégagé des pistes d'action sur

le recrutement dans les établissements scolaires, l'environnement, les dépenses militaires,

les droits des femmes, l'aide internationale et les armes nucléaires.

Au terme du Sommet, le

Collectif Échec à la guerre s'est engagé à poursuivre son travail dans

les prochains mois afin d'augmenter le nombre de signataires de la Déclaration dans tous les

secteurs de la société. Madame Suzanne Loiselle, porte-parole du Collectif, a déclaré que

« face au virage militariste des dernières années, les organisations signataires de la Déclaration

réclament la tenue d'un vaste débat public sur la politique étrangère canadienne et le rôle

de l'armée canadienne ».

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Pour en finir avec la logique

de guerre et de domination !

En tant qu'organismes québécois voués à la défense et à l'élargissement des droits civils et politiques,

économiques, sociaux et culturels, ici et partout dans le monde,

En tant que citoyennes et citoyens du Québec épris de paix et de justice et soucieux de développer des

relations internationales de coopération fondée sur l'égalité et la solidarité,

1. NOUS SOMMES INDIGNÉ-ES

• de la spirale guerrière et antidémocratique dans laquelle le Canada s'enfonce de plus en plus;

• de la participation du Canada, depuis octobre 2001, à une guerre d'occupation en Afghanistan qui sème mort

et destruction sous prétexte de lutte pour la démocratie, la sécurité et les droits des femmes dans ce pays et qui

s'étend maintenant au Pakistan;

• du vote du Parlement canadien prolongeant cette intervention au moins jusqu'en juillet 2011, à l'encontre de la

volonté de la majorité de la population;

• de l'allocation à cette logique guerrière de fonds publics sans cesse croissants (au Canada seulement, 58

millions de dollars par jour en 2009-2010) au détriment des dépenses sociales et d'une véritable aide au

développement;

• de la complicité du Canada avec la torture, tant celle des Afghans faits prisonniers dans les combats que celle

de certains citoyens canadiens dans des prisons étrangères;

• de la militarisation de la société canadienne qui engendre l'augmentation de la violence, notamment envers les

femmes;

• de la campagne de peur axée sur une menace terroriste exagérée pour justifier la guerre et plusieurs mesures

de surveillance et de répression qui érodent nos droits et libertés;

• de l'omniprésence des activités de relations publiques de l'armée canadienne dans les grands événements

sportifs, sociaux et familiaux et de leurs campagnes de recrutement dans les institutions d'enseignement jusque

dans les écoles primaires;

• des conséquences socio-environnementales de plus en plus graves des guerres et des entraînements militaires;

• de la militarisation croissante de l'Arctique, qui va de pair avec des projets économiques néfastes pour

l'environnement et la négation des droits des peuples autochtones.

2. NOUS DÉNONÇONS LES « VA-T-EN-GUERRE » ICI MÊME AU CANADA

• les gouvernements canadiens successifs, libéraux et conservateurs, qui nous ont entraînés dans cette

dynamique et ont justifié la guerre avec des faux arguments;

• les grands milieux d'affaires – Conseil canadien des chefs d'entreprises en tête – qui n'y voient que des

occasions de profits, notamment pour l'industrie militaire;

• les partis politiques qui mettent en oeuvre des politiques guerrières ou qui ne s'y opposent que du bout des

lèvres;

• les grands médias qui véhiculent peu l'opposition de la majorité de la population à la guerre et ne présentent

pas ses conséquences tragiques pour les populations civiles.

INF. 11/2010, No. 294, p. 11

3. NOUS REJETONS CATÉGORIQUEMENT

le faux discours de la « guerre contre le terrorisme »

et l'implication militaire, directe ou indirecte, du Canada aux côtés des États-Unis dans le cadre d'une

politique visant à étendre leur hégémonie à l'ensemble de la planète et caractérisée par :

• plusieurs guerres déclenchées et menées en violation du droit international, dont le droit humanitaire

international : Kosovo en 1999, Afghanistan en 2001, Irak en 2003, Liban en 2006, Gaza en 2009; et d'autres

appréhendées, contre l'Iran et la Corée du Nord, que l'on menace même de frappes nucléaires;

• le détournement du Conseil de sécurité qui ne condamne ni ces agressions illégales, ni les crimes de guerre

qu'elles entraînent, ni les projets flagrants de mainmise étrangère mis en oeuvre par les agresseurs à l'encontre

du droit international;

• l'élargissement provocateur de l'OTAN vers l'Est et sa double transformation en tant que bras armé de

l'hégémonie étasunienne intervenant partout dans le monde et en tant que mandataire de l'ONU, jetant ainsi

un profond discrédit sur l'ONU aux yeux de l'opinion publique mondiale;

• les menaces et les plans de déstabilisation à l'égard de certains pays qui refusent de se soumettre au « Nouvel

ordre mondial » imposé par les États-Unis;

• la relance d'une course aux armements, y compris le développement de nouvelles armes nucléaires et une

militarisation accrue de l'espace.

4. NOUS APPELONS LA POPULATION QUÉBÉCOISE À SE MOBILISER pour contribuer à

renverser cette dynamique mondiale destructrice en exigeant

du Gouvernement du Canada :

• le retrait immédiat des troupes canadiennes de l'Afghanistan;

• la réduction importante des dépenses militaires et la tenue d'un vaste débat public sur la politique étrangère

canadienne, le rôle de l'armée, l'industrie militaire et le commerce des armes;

• la fin du partenariat militaire avec les États-Unis, y compris le retrait du Canada de l'OTAN;

• la fin de son discours d'instrumentalisation des droits des femmes et de promotion de la « responsabilité de

protéger » pour justifier la guerre et la condamnation ferme de toute intervention non conforme au droit

international;

et de la communauté internationale :

• le renouvellement démocratique de l'ONU, notamment par le respect intégral de sa Charte, le renforcement

du rôle de l'Assemblée générale et une réforme en profondeur du Conseil de sécurité dont l'abolition du droit

de veto;

• l'application de la résolution 1325 du Conseil de sécurité de l'ONU concernant l'implication des femmes

dans la prévention et le règlement des conflits ainsi que les processus de paix.

 

CONGRÈS 2010 DE L'ENTRAIDE MISSIONNAIRE
Par-delà l'aide internationale : des solidarités à inventer

Le Bulletin de l'Entraide missionnaire, « L'EMI en bref » (Numéro 56 – Octobre 2010, pp. 2-3) vient de publier le rapport officiel de ce Congrès dont plusieurs d'entre nous ont sans doute déjà pris connaissance. Alfredo Ramanandraibe, l'un de nos confrères participants à ce Congrès, en a préparé un résumé qui vient ajouter une réflexion complémentaire à ce rapport. Le voici pour le bénéfice des membres de notre Province. [Berthier Thériault, au nom des membres du Comité JPIC].

Le Congrès 2010 de l'Entraide Missionnaire s'est déroulé cette année les 11 et 12 septembre au Collège de Rosemont à Montréal. Michel Last, Berthier Thériault et Alfredo Ramanandraibe ont participé à ce rassemblement. Certains points méritent d'être partagés pour que chacun et chacune d'entre nous puisse en bénéficier dans les réflexions en cours et les nouvelles orientations liées à notre participation à la Mission de Jésus à travers notre praxis de la solidarité internationale.

Le questionnement de départ du Congrès visait à expliquer comment l'aide internationale des dernières décennies n'a pas réussi à réduire les inégalités et à faire décoller le développement de nombreux pays.

Pour y parvenir, tout au long du Congrès, le débat a été orienté vers un double souci: celui de clarifier la raison d'être de la solidarité internationale, manifestation humaine profonde du don à l'autre, et celui de rectifier des comportements liés à la fausse compréhension de cette solidarité, qui risquent, sous couvert d'une action humanitaire mal comprise, de devenir obstacles à l'émancipation intégrale des victimes du système mondial actuel.

Des personnes-ressources ont aidé les participants au Congrès à mieux comprendre la situation mondiale de 2010, notamment : Nancy Thede, une anthropologue de l'UQAM (Université du Québec à Montréal) qui a élaboré une perspective critique de l'aide internationale; Lody Auguste, une intervenante communautaire venant d'Haïti, qui a décrit la situation de l'action humanitaire internationale actuellement comme une cacophonie et confusion complète dans son pays; ensuite, Angel Saldomando, un sociologue et économiste du Nicaragua qui a exposé son point de vue après ses recherches sur les résultats de l'intervention humanitaire en Amérique centrale balayée par le puissant ouragan Mitch il y a une dizaine d'années; et Micheline Ravololonarisoa, directrice sortante du département Afrique au sein du Fonds de développement des nations Unies pour la femme (UNIFEM) et originaire de Madagascar, qui a démontré, pour sa part, que la solidarité est en crise mais qu'il est possible de définir des valeurs communes pour mieux la vivre.

En explorant la vue d'ensemble de l'architecture de la solidarité mondiale, certaines constatations convergent entre les présentations des intervenants : premièrement, il existe actuellement une violence structurelle qui agresse l'imaginaire collectif affecté par des idées préconçues dans la compréhension de la solidarité et du développement; l'engagement est devenu un outil qui sert au trafic d'influence pour dominer l'autre. Deuxièmement, la solidarité et l'aide humanitaire sont donc vidées de leur sens et elles sont devenues des outils de cœrcition du système capitaliste. Troisièmement, les riches élaborent des plans géopolitiques, géo-économiques et géostratégiques pour maintenir les victimes des inégalités dans leurs conditions actuelles. Quatrièmement, le résultat de cette manipulation se manifeste surtout par l'incapacité des pauvres à reconnaître et à défendre leurs droits humains et par la criminalisation des mouvements populaires et de dissension d'opinion par les détenteurs du pouvoir.

Ensuite, certaines mises en garde ont été soulignées durant le congrès: d'abord, on constate que le terme solidarité est vidé de son sens. Ce terme est devenu un alibi pour l'idée du développement véhiculée par des technocrates de l'impérialisme qui ne visent que la promotion de l'accumulation des profits du marché à partir de la domination via l'aide humanitaire et l'aide au développement. Par ailleurs, il faut bien prendre conscience que certains pays se développent sans l'aide publique au développement (tels la Chine, le Brésil, le Chili). De plus, il faut démystifier le courant d'idée qui encourage l'action humanitaire sans mettre la science comme condition primordiale. Les engagés sociaux de nos jours ont besoin de la science pour bien comprendre comment le fonctionnement des manipulations s'effectue pour maintenir la majorité de la population de la planète dans une situation de pauvreté inutile. Les stratégies qui sont capables de faire face à la structure sociale abusive actuelle relèvent du domaine de la science. Ainsi, la démarche doit commencer par réfléchir pour réussir à accomplir des actions efficaces et pas se contenter de faire de l'humanitaire à partir des sentiments et de soucis de charité. Il ne faut pas avoir peur de dire que la solidarité exige moralement de déconstruire l'impérialisme et son idéologie néolibéraliste et cette exigence nécessite des stratégies bien élaborées scientifiquement. Le fond de la question n'est pas de débattre sur l'importance de telle ou telle action modèle du développement ou de l'aide humanitaire mais de débattre sur la manière à prendre pour aider les pauvres à identifier et défendre leurs droits.

En conséquence, les alternatives proposées ne consisteront pas à encourager les pauvres à accumuler des profits et à participer à la logique de l'idéologie du marché qui a utilisé le terme « développement » comme prétexte, mais à les aider à bien découvrir que le système capitaliste les a trompés et à chercher ensemble des solutions alternatives. Des actions ponctuelles ont été proposées comme la construction de « villages de vie » dans la situation d'Haïti, le renforcement des solidarités Sud-Sud dans le monde en évitant la polarisation de la solidarité Nord-Sud, l'invention de solidarités locales qui visent à favoriser l'autogestion des locaux et l'importance de tenir compte de la complexité de la situation actuelle à chaque réflexion sur la mise en application d'une solidarité humaine qui se soucie d'éviter les dérives du consumérisme.

Le congrès a en outre souligné que l'approche descriptive des conséquences de la domination ne suffit plus pour l'engagement social de nos jours en terme de justice, mais chacun et chacune d'entre nous est invité-e à élaborer des stratégies qui sont capables de déconstruire le mythe du développement capitaliste et la manipulation de la solidarité humaine par les idéologies néolibérales.

La 2e moitié du film documentaire de Philippe Diaz : « La fin de la pauvreté? » [Durée totale : 1 h 44 min - Décembre 2009 – DVD : avril 2010] a été présentée le samedi 11 septembre, en fin d'après-midi : illustration éclairante de bien des affirmations entendues pendant la fin de semaine au congrès. - Une production Cinéma libre studio présentée par le Comité pour l'annulation de la dette du tiers-monde (CADTM).

 

 

Ce monde ...
immense et beau



 

Guide d'engagement pour l'intégrité de la création



Le Comité Justice, Paix et Intégrité de la Création (JPIC) de la Province a résolu, avec l'accord du Conseil provincial, de soumettre à la réflexion de chacun des membres de la Province le contenu principal du Guide nommé ci-haut à l'occasion de la parution mensuelle des « informations » de l'année courante (2 pages chaque fois).
Il s'agit de huit (8) thèmes relatifs à l'intégrité de la Création que la Conférence Religieuse Canadienne (CRC) proposait au grand public en 2008 grâce au travail de recherche et de composition du « Comité Justice et Paix et Intégrité de la Création » des Missionnaires Oblats de Marie Immaculée produit par le Centre Victor-Lelièvre (Québec). Le Père Bernard Ménard, auteur principal de ce travail, nous a généreusement accordé la permission d'utiliser les sections de ce Guide que nous croyons pertinentes pour nos besoins.
Cette première parution vous soumet le POURQUOI de ce guide (ci-dessous) ainsi que les ATTITUDES ET CONVICTIONS DE BASE qui « nous aident à découvrir le sens de nos actions » (page suivante).
Bonne lecture à touTEs.
Berthier Thériault,
au nom des membres du Comité JPIC.

Pourquoi ce Guide d'engagement?


1.   Pour saisir l'urgence d'une transformation radicale de nos comportements, alors que la planète elle-même nous lance des signaux de détresse.
2.   Pour reconnaître le lien entre ces enjeux sociaux et notre engagement auprès des pauvres, dans un monde où la misère est le fruit des inégalités et de l'exploitation d'une large portion de l'humanité par la minorité des bien-nantis.
3.   Pour baser nos actions et nos interventions sur des faits vérifiés et sur des convictions solides.
4.   Pour fournir des points de repères, des sources d'information et des pistes d'engagement.
5.   Pour coordonner les efforts de changements faits par des individus et des communautés isolément, de manière à nous compromettre collectivement.
6.   Pour entrer résolument dans un mouvement répandu à la grandeur du globe, et ainsi établir des solidarités avec les organismes qui s'engagent à contre-courant de la culture dominante.
7.   Et surtout, pour donner des pattes aux belles déclarations d'intention et laisser des traces visibles dans notre quotidien en diminuant notre empreinte négative dans l'environnement.



Attitudes et
convictions de base



Rien ne changera vraiment à moins que tout le monde s'y mette, avec réalisme, conscience et passion.
Voici quelques points d'appui pour notre engagement personnel et collectif dans ce champ humanitaire
et missionnaire tout à la fois.
   Respect et émerveillement devant la Création, don du Créateur et sa première Parole. Dieu n'est pas extérieur au monde, mais pleinement au milieu de ce monde qu'il aime. La terre est remplie de la gloire de Dieu. Que tes ?uvres sont belles! chantons-nous fièrement.
   Le Dieu de la Bible nous a constitués intendants de son jardin, tous et toutes co-responsables de ce qui arrive à notre univers et à tous les humains.
   Nos options évangéliques contestent les systèmes qui mènent actuellement le monde. Qu'on le veuille ou non, nos engagements ont une dimension politique, sociale, économique, dès que nous touchons aux causes des situations actuelles. Nous ne sommes jamais neutres quand nous travaillons à faire advenir le Royaume de justice, de paix, de fraternité universelle.
   C'est proprement criminel de laisser des millions d'enfants mourir de faim et des milliards d'humains réduits à mendier leur nourriture et leur survie même. Nous désintéresser de leur sort conduit à la dureté du coeur et à l'incapacité d'être réellement solidaires.
   II y a suffisamment de ressources sur notre planète pour répondre aux besoins réels de tous, mais certes pas aux envies et caprices individuels. Gandhi : « Earth provides enough to satisfy every man's needs, but not every man's greed. »
   Les ressources naturelles ne sont pas illimitées; on ne peut entretenir indéfiniment une croissance économique au rythme des pays dits développés. Les pays émergents touchent vite leurs limites, et les guerres se multiplient entre pays riches pour le contrôle de ces ressources.
   Que les peuples nantis cessent de faire désirer aux défavorisés et démunis leur genre de vie comme l'idéal qu'il faille chercher à atteindre à tout prix. Nous savons maintenant ce que notre mode de vie coûte à la planète, et combien peu il apporte le vrai bonheur.
   Oser afficher nos couleurs et convictions, sans pour autant empoisonner tout le monde par un excès de zèle. Nos pratiques en ce domaine doivent se vivre dans le respect des autres, avec humour et modération, et non comme une religion sectaire.
   Nous qui parlons de pauvreté et en faisons profession, ne pas nous désolidariser de la situation concrète des gens, à cause de nos « sécurités ». Un minimum de cohérence s'avère nécessaire, surtout si nous invitons les autres à s'engager. Les générations précédentes, dans nos Congrégations, ont souvent vécu dans une grande sobriété et en lien direct avec les populations défavorisées.
10 « Nous n'héritons pas la terre de nos ancêtres, nous l'empruntons à nos enfants », dit un proverbe Massaï, repris par Antoine de St-Exupéry. Quel souci réel avons-nous des générations à venir?
11 Valoriser les résultats déjà obtenus dans ces domaines, car il y en a. Exemples : les pluies acides largement contrôlées depuis 15 ans; l'utilisation des bacs de recyclage en voie de passer dans les moeurs; le leadership des communautés religieuses dans l'opposition à un projet nucléaire.
12 Ne pas baisser les bras devant la complexité des situations et des problèmes. Combattre le défaitisme, le sarcasme qui font croire qu'on n'y peut rien comme simples citoyens.