Deux derniers jours à Halifax

par Cornelius Boekema - 28 juillet 2010, catégorisé sous :

Nos deux derniers jours à Halifax.


Papa était sans doute trop fatigué le samedi soir pour écrire beaucoup, tandis que le dimanche soir, il fallait faire les valises et se coucher de bonne heure. Son journal se termine donc assez abruptement.

Le samedi, 19 juin

Cette nuit, il a plu énormément. Ce matin, d’abord de la brume, ensuite de nouveau un temps magnifique. Cet après-midi, nous avons ensemble joué au soccer chez Cor. Moi-même et Jantje sont raides de toutes nos promenades, colline après colline, et dans des forêts magnifiques comme en Hollande. (Je crois que c'était le vendredi qu'ils étaient allé visiter la citadelle, toute en hauteur. )


Quantité de beaux oiseaux. Partout des mûres, des framboises sauvages, des fraises, mais qui viennent de fleurir. Eh bien, nous allons nous coucher de nouveau. C’est déjà 10 heures. Bonne nuit et à demain.

Le dimanche, 20 juin

Ce matin, levée à cinq heures quinze. Nous sommes allés à la messe à 6 heures, car nous déjeunons à 7h. 30. Ça fait, qu’avant cela (7h.30), nous pouvions tous communier ensemble. Il fait de nouveau un très beau temps, pas beaucoup de vent et le soleil agréablement chaud.

Cet après-midi, nous sommes allés dans un parc d’Halifax. Un très grand parc. Quantité de fleurs, des milliers de poissons rouges et différentes espèces d’oiseaux. Beaucoup de monde dans le parc, en promenade ou assis sur des bancs. Eh bien, c’est notre dernière soirée ici et nous ferons nos valises pour prendre le train tôt demain matin. Nous sommes à 5 minutes de marche du train tout proche. Et nous verrons bien à quelle distance et où nous allons nous trouver « dans la brousse ». Eh bien, bonne nuit à tous. À demain.

Le lundi, 21 juin

Et c’est ainsi que papa termina son journal. Il avait sûrement l’intention d’y ajouter une autre journée, mais sans doute qu’il ne trouvait pas le temps pour le faire. Dommage, parce que les deux journées suivantes ne manquaient pas de nouvelles expériences. D’abord le voyage en train, dans un monde tout à fait nouveau. Ensuite, la découverte que le système ferroviaire au Canada ne conduit pas toujours à destination la même journée. En fin d’après-midi, en effet, le train s’arrêta à Saint-John, et nous avions à débarquer afin de nous rendre à Saint-Stephen. Nous pensions bien de faire un simple transfert et de poursuivre notre route. Mais, il n’y avait pas de connexion, seulement le lendemain. En apercevant dans la gare, une affiche « Traveller’s Aid », je me suis adressée à une dame qui nous a aidés pour trouver un hôtel pas cher à proximité, pour y passer la nuit. C’est le lendemain, dans une chaleur accablante, le mardi 22 juin 1954, que nous avons fait connaissance, à Saint-Stephen, avec monsieur Moffatt, un fermier, écossais d’origine, vivant seul sur une petite ferme avec sa bru, dont le mari travaillait chez Canada Packers, et qui s’était brisé l’avant-bras lors d’un accident. Mais, pour raconter la suite de nos aventures, il faudrait plutôt écrire un livre, et ceci n’est qu’un blog.


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