Des Poulardises: Le Combat de Trente. (Suite 2)

par Cornelius Boekema - 26 juillet 2011, catégorisé sous :

Des Poulardises : Le Combat des Trente. (Suite 2)


À l’exemple de son aïeul Louis IX, le Bienheureux Charles de Blois était proche des Franciscains et peut-être qu’il était membre du Tiers-Ordre. Dans sa prison à Londres, il fut assisté par un Franciscain et il fut enterré au couvent des Frères Mineurs à Guingamp, où les Poularts de Kerbersault avaient aussi leur résidence.

Les témoignages, en faveur de ses vertus et des miracles obtenus par son intercession, sont nombreux. Il est alors intéressant de constater qu’à quelques reprises au cours de son procès de canonisation, nous rencontrons, parmi les témoins cités durant ce procès, un autre frère de Pierre Poulart. Il s’agit de Richard mentionné comme témoin 143 dans les Monuments du procès de canonisation du Bienheureux Charles de Blois (Albert de Sérent éd., Saint-Brieuc, 1921, traduit du latin d'après le manuscrit latin 3381 de la Bibliothèque Nationale, qui fut rédigé en 1371, donc sept ans après la mort du duc de Bretagne). Mettant en cause son frère Pierre, Richard témoigne ainsi de l’esprit de charité du duc: Même ses gens de finances murmurent, protestent, font assaut de mauvaise volonté, et finissent par prendre leurs précautions en se couvrant : « Je l’ai vu gourmander le seigneur Pierre Poulart, mon germain, qui était alors son trésorier, parce qu’il refusait de lui remettre de l’argent pour ses aumônes » (http://halshs.archives-ouvertes.fr/docs/00/45/64/32/PDF/ENTOURAGE.pdf, p. 11). Quant aux miracles, nous trouvons un autre témoignage qui implique Richard Poulart : Richard témoigne d'une faveur obtenue lors d'un accident qui a failli coûter la vie à son fils. Jean-Christophe Cassard relate cette anecdote dans son article SUR LA ROUTE... AVEC QUELQUES CHEMINEAUX ET ROUTIERS BRETONS VERS LA FIN DU MOYEN ÂGE : le fils de Richard Poulart allongé inerte dans le chariot de son père qui le ramenait à la maison. Blessé au château de Josselin où il servait comme soldat, le jeune homme est en effet menacé par la panique, provoquée par les hautes eaux, qui s’empare du couple de bœufs attelés à la charrette paternelle : l’un d’eux se précipite dans la rivière du Gouët par dessus le parapet du pont de Buis et menace d’entraîner dans sa chute le véhicule et son passager affaibli, bien incapable de s’extraire de son propre engin. Une opportune invocation adressée par son père à Charles de Blois, le sauve ; la survenue de paysans de l’endroit qui se rendaient au marché de Saint-Brieuc, l’habileté manœuvrière du bouvier contribuent ensuite à tirer de l’eau le char et les bœufs qui avaient basculé dans l’entre-temps. (Manuscrit auteur, publié dans "Kreiz (Etudes sur la Bretagne et les Pays celtiques), 16 (2002) 139-163 (http://hal.univ-brest.fr/docs/00/44/06/33/PDF/ROUTE_Kreiz_16_.pdf) En 1370, Olivier V de Clisson acquiert la seigneurie de Josselin et y fit constuire une citadelle munie de plusieurs tours et d'un donjon imposant. La bataille, pendant laquelle le jeune Poulart fut blessé, a dû avoir lieu vers les années 1380, alors que pour la population en général Charles de Blois était déjà vénéré comme un saint. 

Si pendant des siècles, il ne fut pas clair si Rome l’avait canonisé ou pas, il fut finalement clair que tel n’avait pas été le cas. C’est le 14 décembre 1904, que le pape Pie X a solennellement reconnu que le culte du bienheureux Charles de Blois s'était maintenu à travers les siècles. Citons quelques passages d’un panégyrique que l’évêque d'Orléans prononçait le 29 octobre 1905, dans la cathédrale de Blois en présence des évêques de Blois, de Quimper, d'Angers et de Nantes:

Sa foi était vive ; une foi du moyen âge d'ailleurs. Il aimait ouïr plusieurs messes chaque matin et chanter les heures canoniales. Il visitait longuement le Saint Sacrement ; il fréquentait les moines qui avaient l'esprit de leur état. Il accueillait volontiers les humbles et les petits ; il leur parlait affectueusement, les conseillait avec sagesse, les défendait avec fermeté. Il distribuait aux pauvres de larges aumônes ; il les servait fréquemment à table….

S'approchait-il de la sainte communion ? Sa gravité devenait imposante. Plus d'une fois on le vit arroser de ses larmes la croix de Jésus-Christ. Sa pénitence était extrême. Il jeûnait plusieurs fois par semaine, en dehors même des Carêmes et des Avents prescrits par l'Eglise. Il battait son corps de rudes disciplines. Il portait habituellement un cilice. Son innocence de vie, au milieu d'un siècle très dissolu, alors que ce sang barbare possède encore toute son âcre verdeur, fut remarquée. Sa fermeté d'âme dans l'adversité fut inébranlable. Général vaincu, prisonnier durement traité, il ne laissa jamais échapper une plainte. (http://www.infobretagne.com/charles_%20de%20_blois.htm)

Quand il succomba, sur le champ de bataille d'Auray, le 29 septembre 1364, il portait sous sa brillante armure, le fameux cilice. (À suivre)


Commentaires
sylvain bellemare - 5 mars 2012, 04:13
Bonjour à vous, J'ai déjà eu l'honneur de vous rencontrer il y a quelques années et j'en garde un excellent souvenir. Je souhaite vous lire très prochainement si cela vous est possible. Mes respects.
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