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International - 02-Oct-2015
Le pape François à l'ONU, "la guerre est une agression contre l'environnement"
"Les gouvernants doivent faire tout le possible afin que tous puissent avoir les conditions matérielles et spirituelles minimum pour exercer leur dignité, comme pour fonder et entretenir une famille qui est la cellule de base de tout développement social.

Ce minimum absolu a, sur le plan matériel, trois noms : toit, travail et terre ; et un nom sur le plan spirituel : la liberté de pensée, qui comprend la liberté religieuse, le droit à l'éducation et tous les autres droits civiques", a déclaré le pape François devant les représentants du monde entier dans son discours tenu ce vendredi après-midi à l'Assemblée Générale des Nations Unies. S'adressant à l'"honorable assemblée des nations", le pape a immédiatement affirmé que "les conséquences néfastes d'une mauvaise gestion irresponsable de l'économie mondiale, guidée seulement par l'ambition du profit et du pouvoir, doivent être un appel à une sérieuse réflexion sur l'homme". Pendant son discours de près d'une heure, le Saint-Père – qui est le quatrième pape à prendre la parole au Palais de Verre, tel qu'il l'a lui-même rappelé – a appelé les représentants de la communauté internationale à manifester "une volonté effective, pratique, constante, des pas concrets et des mesures immédiates, pour préserver et améliorer l'environnement naturel et vaincre le plus tôt possible le phénomène de l'exclusion sociale et économique, avec ses tristes conséquences de traites d'êtres humains, de commerce d'organes et de tissus humains, d'exploitation sexuelle d'enfants, de travail esclave - y compris la prostitution -, de trafic de drogues et d'armes, de terrorisme et de crime international organisé". "L'expérience de ces 70 années, au-delà de tous les acquis, montre que la réforme et l'adaptation aux temps est toujours nécessaire, progressant vers l'objectif ultime d'accorder à tous les peuples, sans exception, une participation et une incidence réelle et équitable dans les décisions", a-t-il encore insisté. Une telle nécessité "vaut en particulier pour les corps dotés d'une capacité d'exécution effective, comme c'est le cas du Conseil de Sécurité, des Organismes Financiers et des groupes ou mécanismes spécialement créés pour affronter les crises économiques. Cela aidera à limiter tout genre d'abus et d'usure surtout par rapport aux pays en voie de développement". D'où l'appel du pape : "Les Organismes Financiers Internationaux doivent veiller au développement durable des pays, et à ce qu'ils ne soient pas soumis, de façon asphyxiante, à des systèmes de crédits qui, loin de promouvoir le progrès, assujettissent les populations à des mécanismes de plus grande pauvreté, d'exclusion et de dépendance". Tout en réitérant l'urgence d'un monde sans armes nucléaires, François a observé que "le récent accord sur la question nucléaire dans une région sensible de l'Asie et du Moyen Orient est une preuve des possibilités d'une bonne volonté politique et du droit, exercés de façon sincère, patiente et constante". Le pape a également estimé que "la limitation du pouvoir est une idée implicite du concept de droit. Donner à chacun ce qui lui revient, en suivant la définition classique de la justice, signifie qu'aucun individu ou groupe humain ne peut se considérer tout-puissant, autorisé à passer par-dessus la dignité et les droits des autres personnes physiques ou de leurs regroupements sociaux". François a par ailleurs mis l'accent sur l'existence d'un véritable "droit de l'environnement", en précisant que "toute atteinte à l'environnement (…) est une atteinte à l'humanité" et que "chacune des créatures, surtout les créatures vivantes, a une valeur en soi, d'existence, de vie, de beauté et d'interdépendance avec les autres créatures". Le pape a ensuite rappelé que "la guerre est la négation de tous les droits et une agression dramatique contre l'environnement", en évoquant tout particulièrement les persécutions subies par les chrétiens : "Je ne peux m'empêcher de réitérer mes appels incessants concernant la douloureuse situation de tout le Moyen Orient, du nord de l'Afrique et d'autres pays africains, où les chrétiens, avec d'autres groupes culturels ou ethniques, y compris avec les membres de la religion majoritaire qui ne veulent pas se laisser gagner par la haine et la folie, ont été forcés à être témoins de la destruction de leurs lieux de culte, de leur patrimoine culturel et religieux, de leurs maisons comme de leurs propriétés, et ont été mis devant l'alternative de fuir ou bien de payer de leur propre vie, ou encore par l'esclavage, leur adhésion au bien et à la paix". "J'élève la voix, me joignant à tous ceux qui souhaitent des solutions urgentes et efficaces. L'adoption de l'‘‘Agenda 2030 pour le Développement Durable'' au Sommet mondial, qui commencera aujourd'hui même, est un signe important d'espérance", a enfin appelé le pape François.
 

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