Mali

 
Mali - 10-août-2012
Gao: Le drapeau noir du Djihad flotte sur la ville
Le drapeau noir du djihad flottant sur la ville de Gao annonce de loin qui sont ceux qui occupent désormais la ville. Après avoir chassé les Touaregs du Mouvement national pour la libération dell'Azawad (Mnla) fin juin, maintenant ce sont les islamistes qui font la loi ici.

Serge Daniel, envoyé de ‘Jeune Afrique', est l'un des rares journalistes étrangers qui ont réussi à franchir la forteresse des rebelles du Nord-Mali. À Gao, écrit Daniel, il y a « toute l'internationale djihadiste » : des combattants venus d'Algérie, des Somaliens, des Nigérians, des Béninois, des Nigériens, des Gambiens et des Guinéens. Les traces de la dernière bataille qui a opposé le Mnla aux djihadistes sont encore visibles. « On m'explique que c'est Mokhtar Belmokhtar, l'un des principaux émirs d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), qui a dirigé l'assaut contre les Touaregs » de la ville, écrit Daniel, où il s'y est installé avec sa famille depuis des semaines.

La ville est formellement entre les mains du Mouvement pour l'unicité et le djihad en Afrique de l'Ouest (Mujao). Tombouctou est sous le contrôle de l'Aqmi et Ansar Dine règne sur Kidal. Mais ce n'est que théorie : « Sur le terrain, les trois groupes islamistes sont très poreux et les combattants circulent facilement de l'un à l'autre ». Parmi eux on compte de nouvelles recrues, des mineurs, des jeunes armés et endoctrinés par les préceptes de la charia, la Loi islamique, qui est appliquée d'une manière plus sévère à Tombouctou. À Gao, le Mujao (dont le noyau dur est composé de Sahraouis) semble être plus tolérant et au marché noir on peut trouver des canettes de bière.

D'après le reportage de l'envoyé de ‘Jeune Afrique', Gao est désormais une ville à demi déserte (sur 70.000 habitants qui y vivaient, près de la moitié ont fui). Cependant, ceux qui sont restés reconnaissent aux conquérants de s'être montrés ‘respectueux', contrairement à ce qui a été fait par les Touaregs du Mnla, qui n'ont laissé de bons souvenirs. En outre, bien que les bars, les hôtels et les banques soient fermés, ce sont les islamistes qui fournissent certains services tels que le nettoyage des rues, la fourniture de gazole pour les groupes électrogènes, ainsi que la sécurité des transports au départ et à destination de Gao. Tout comme ce sont eux, écrit Daniel citant des sources locales, qui ont financé le nettoyage des caniveaux de la ville, une opération qui n'avait pas été faite depuis 15 ans.

 

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