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Libéria - 09-Jul-2013
Lutte contre la corruption: Destitution de hauts dirigeants
"Unissez-vous à notre lutte sans quartier contre la corruption", a lancé à la classe politique et à la population la présidente Ellen Johnson-Sirleaf, qui a annoncé à la surprise générale la destitution de hauts dirigeants de l'administration publique.

La présidente a limogé l'"Auditor general" Robert Kilby, qui, nommé l'an dernier à ce poste, est accusé de conflit d'intérêt. Mme Sirleaf a précisé que l'intéressé, inspecteur des comptes de l'Etat, n'avait pas réussi à séparer ses affaires privées de ses responsabilités comme chef de l'institution préposée au contrôle de la gestion des finances publiques et chargée de la transparence et de la lutte contre la corruption. Mme Sirleaf a destitué au même motif le directeur de l'Agence des services généraux (Gsa), Pearine Davis-Pakinson, qui a approuvé des contrats impliquant M. Kilby "au mépris des lois et des procédures en vigueur".

Trois autres dirigeants publics ont perdu leur poste pour leur présumée implication dans des trafics d'êtres humains : il s'agit du directeur de l'Office de contrôle des frontières, Wilson Garpeh, du ministre délégué à l'Administration et à la Sécurité publique, Freddie Taylor, et du commissaire délégué aux Services de l'immigration, Robert Budy. Le chef de l'Etat a également précisé qu'une commission d'enquête formée par le ministère de l'Emploi poursuivait ses activités pour vérifier l'implication d'autres hauts fonctionnaires publics dans des crimes dérivés de la traite d'êtres humains et de la corruption. Pendant ce temps, le ministre délégué aux Travaux publics, Victor Smith, a été suspendu de ses fonctions en ce qu'il est soupçonné de ne pas avoir respecté certaines procédures en passant des contrats de construction avec plusieurs entreprises.

Première femme d'Afrique à avoir été élue présidente en 2006, avant d'être confirmée dans ses fonctions en 2011, Mme Sirleaf a fait de la lutte contre la corruption et le népotisme l'une des priorités de son second mandat. Alors que 10 ans se sont écoulés depuis la fin de la guerre civile, soldée par près de 150.000 victimes – 250.000, selon certaines sources – le Libéria se heurte à une corruption diffuse au sein de ses institutions ainsi qu'à l'impunité de seigneurs de guerre et de miliciens auteurs de violences.

 

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