Niger

 
Niger - 24-Sep-2013
Uranium: Le gouvernement intensifie la pression sur Areva
Alors qu'il ne manque que quelques mois à l'expiration du contrat décennal passé entre l'Etat du Niger et la compagnie française Areva, le ministre des Mines, Omar Hamidou Tchiana, a ordonné un état des lieux sur tous les sites exploités par cette multinationale de l'uranium.

Le ministre a réitéré l'importance d'Areva en tant que partenaire stratégique du Niger tout en appelant à un partenariat équilibré de manière à ce que l'Etat puisse tirer profit du secteur de l'uranium en termes de taxes et de recettes. Présente au Niger depuis plus de 50 ans, Areva possède 63,6% de Comair et 31% de Cominak, les deux sociétés du Niger. Il y a quelques mois, le président Mahamadou Issoufou avait fait part de son intention d'augmenter les recettes issues de la vente d'uranium et qui ne représentent pourtant à l'heure actuelle que 5% du budget de l'Etat. Les ressources naturelles du Niger doivent servir les intérêts de la nation, a déclaré le ministre Tchiana, en envisageant de porter ce taux à 20% minimum.

Indépendamment des profits du secteur minier, Niamey mise également à obtenir de plus grandes garanties des négociations entreprises avec Areva, notamment en ce qui concerne les investissements dans les infrastructures routières du Nord du pays. Plus particulièrement, le régime mise sur la construction d'une nouvelle route entre Tahoua et la région minière d'Arlit, située à plus de 1000 km au nord de la capitale.

Au nombre des aspects controversés du partenariat figure l'ouverture du gisement d'Imouraren, dont l'exploitation, initialement prévue pour 2012, a été reportée de trois ans à cause de l'enlèvement de plusieurs employés d'Areva et de l'insécurité croissante dans la région depuis l'attentat à Arlit en mai dernier. Mais le ministre des Mines a quant à lui réaffirmé que l'échéance de 2015 ne serait pas négociable. Le gouvernement du président Issoufou ne veut pas essuyer de nouveaux retards d'autant plus qu'il en va de la crédibilité du chef de l'Etat, qui pourrait briguer un nouveau mandat à l'élection de 2016. Le site d'Imouraren, dont la capacité de production est estimée à 5000 tonnes par an, devrait en effet faire passer le Niger de la quatrième à la seconde place dans la classification mondiale des producteurs d'uranium.

Pendant ce temps, le gouvernement nigérien est en train d'ouvrir le secteur minier à de nouveaux partenaires : il y a quelques jours, il a octroyé une licence pour la recherche d'uranium et de substances reliées à la compagnie Pan African Minerals Ltd dans la région d'Agadez (Nord). Les termes du contrat passé avec cette compagnie australienne prévoient 1,2 million de dollars d'investissements dans des projets sociaux locaux. C'est précisément en raison des menaces croissantes contre la sécurité qui ont ralenti les activités dans le secteur de l'uranium et augmenté le budget militaire que le fonds Monétaire international (fmi) a revu ses prévisions à la baisse concernant la croissance économique du Niger, en les faisant passer des 6,2% initialement prévus à 5,8%. En revanche, la production pétrolière entreprise par la Chine depuis 2011 et qui a désormais atteint 16.500 barils par jour pourrait contribuer à permettre à l'économie de cette ancienne colonie française de souffler un peu.

 

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