Niger

 
Niger - 09-Jan-2014
Relancer le développement local en sauvant les girafes
Espèce à risque d'extinction désormais présente dans le seul sud-ouest du Niger, la girafe camelopardalis peralta, dont le nombre d'exemplaires est passé de 311 en 2011 à 366 l'année suivante, dont 189 femelles et 177 mâles, est parvenue à se reproduire.

Cette bonne nouvelle a été donnée par l'Association pour la sauvegarde des girafes du Niger (Asgn) et le ministère nigérien de l'Environnement en vertu du dernier recensement réalisé sur le terrain. Cette augmentation de 18% découle d'un programme de primes financières incitant les communautés locales à sauvegarder ce ruminant en contribuant à la survie et à la reproduction de celui-ci. L'Eden de la girafe du Niger se situe dans la savane de Kouré, à environ une heure de voiture à l'est de la capitale Niamey (entre 60 et 80 kilomètres) et dans le canton de Harikanassou, dans la région sud-occidentale du pays. Le programme de l'Asgn, en partenariat avec le zoo français de Doué La Fontaine, a déjà permis de réaliser des puits d'eau, de créer des banques de céréales, de gaines et d'engrais ainsi que d'ouvrir de petites activités commerciales grâce à des micro-financements destinés aux femmes. La girafe du Niger se distingue des autres spécimens de l'espèce – avec lesquels elle se reproduit fréquemment – de par ses taches rousses et très claires sur une robe jaune pâle. La girafe peralta n'est parvenue à survivre que dans cette région du Niger, qui s'étend sur 42 kilomètres carrés seulement, et qui est peuplée par plus de 80.000 personnes, soit l'une des plus densément peuplées de tout le pays. Certains exemplaires ont été localisés au Tchad et au Burkina Faso. Par le passé, cette grande herbivore vivait dans une vaste partie du Sahel, du Sénégal jusqu'au Cameroun. Il y a 15 ans, on estimait que l'espèce ne comptait plus qu'une cinquantaine de spécimens et était menacée d'extinction par le braconnage et les prédateurs naturels de la girafe. Le refuge trouvé dans la savane de Kouré a permis à la girafe du Niger de renaître et devenir tant un symbole national qu'une richesse touristique inestimable. Un tournant a été marqué par les primes financières instaurées par l'Association pour la sauvegarde des girafes du Niger : en effet, les exemplaires de cette espèce ont vu leur nombre multiplié par six depuis 1996. Pendant ce temps, la population de 45 villages de la région en question ont vu se construire de nouvelles écoles, des puits, des pistes rurales ainsi que des emplois grâce à l'éco-tourisme dans les “zones Girafes” et au reboisement qui a permis aux agriculteurs de recommencer à travailler la terre. Le redémarrage économique du Kouré a par ailleurs freiné l'exode rural en direction de Niamey et l'émigration de la population riveraine vers d'autres pays africains et européens, tout en augmentant le revenu quotidien des habitants locaux. Mais la bataille pour la girafe du Niger est loin d'être finie, a mis en garde l'Asgn : l'avancée désertique et la conquête de nouvelles terres agricoles par les agriculteurs détruisent progressivement son habitat naturel. Depuis quelques temps, la reine des girafes s'est déplacée à plusieurs centaines de kilomètres de son “domaine”, jusqu'à arriver au Nigeria, où elle se retrouve de nouveau menacée par les activités de braconnage.
 

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