Niger

 
Niger - 24-May-2013
Après les attentats d'Agadez et d'Arlit: Condamnations et menaces
"Nous condamnons le plus fermement possible les attentats survenus au Niger. Il n'y a aucune justification au terrorisme et le pire est quand il frappe des victimes innocentes. Cette condamnation nous rappelle aussi que ce type de menaces est global. Nous devons travailler ensemble, unir nos efforts en Afrique et avec le reste du monde pour lutter contre ce fléau", a déclaré le vice-président de la Commission de l'Union africaine (UA) Erastus Mwencha, quelques heures après la double attaque à Agadez et Arlit, soldée par 25 victimes et 30 blessés.

Ces premiers attentats à être perpétrés au Niger ont suscité l'indignation et les préoccupations des dirigeants de l'Union africaine, sise à Addis-Abeba, qui s'apprête à célébrer le cinquantenaire de l'organisation continentale. La présidente de la Commission de l'UA, Nkosazana Dlamini Zuma, a quant à elle réitéré l'engagement de tout le continent dans sa lutte contre le terrorisme et la criminalité transfrontalière en vertu du Plan africain de paix et de sécurité pour la région du Sahel-Sahara, mis au point il y a quelques mois.

de son côté, l'ancienne puissance coloniale au Niger, la France, dans le viseur des djihadistes qui ont attaqué un site de la compagnie française d'uranium Areva, a exprimé sa "pleine solidarité" aux autorités nigériennes et assuré toute l'assistance nécessaire dans la lutte contre les groupes terroristes. Ce vendredi matin, comme l'a confirmé le ministre nigérien de la Défense, Karidjo Mahamadou, les forces spéciales françaises ont participé à un assaut visant à capturer des miliciens cachés dans la caserne d'Agadez ; deux d'entre eux auraient été abattus en essayant de prendre la fuite. M. Mahamadou a assuré que les forces armées nigériennes maîtrisaient désormais la situation et étaient désormais résolues à protéger le Niger et son peuple "à n'importe quel prix". Le ministre des Affaires étrangères, Mohammed Bazoum, a quant à lui assuré que les attentats de jeudi ne remettaient nullement en question la détermination du Niger à combattre le terrorisme et à rester engagé militairement au Mali, où les troupes françaises et africaines ont lancé en janvier une offensive contre des groupes armés touareg et islamistes.

Au lendemain de ce double attentat, une nouvelle menace a été formulée par le Mouvement pour l'unité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao), groupe islamiste rallié à Al-Qaeda au Maghreb islamique (Aqmi), qui a revendiqué les attaques de jeudi. Le porte-parole du Mujao, El-Hassen Ould Khalil, a affirmé que les attentats visaient tant la France que le Niger pour leur coopération à la guerre contre les groupes armés, avant de menacer de nouvelles attaques contre tous les pays militairement engagés au Mali. Les chefs du mouvement, qui a occupé à partir de 2012 la vaste région du Nord du Mali, ont également révélé que la Katiba dei Mulathamin ("Brigade des frères de sang") avait participé aux attentats d'Agadez et d'Arlit. Le chef du groupe armé, l'Algérien Mokhtar Belmokhtar, aurait par ailleurs personnellement coordonné les attaques. Après avoir quitté les rangs d'Aqmi, Mokhtar Belmokhtar a créé il y a quelques mois son propre mouvement, responsable le 16 janvier dernier d'une attaque contre le site pétrolier de Tiguentourine, dans le Sud-est de l'Algérie, soldée par plus de 30 victimes. En mars, plusieurs sources, dont le gouvernement du Tchad, avaient annoncé la mort au combat de Belmokhtar dans le massif de l'Adrar des Ifoghas. Les attentats de jeudi auraient constitué une vengeance pour la mort d'Abdelhamid Abou Zeid, commandant d'Aqmi, advenue il y a deux mois à Tombouctou, au Mali.

 

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