Louis-H. Lafontaine



 

Son histoire à vol d'oiseau


Le 24 octobre 1873, le Gouvernement du Québec signa un premier contrat avec les S?urs de la Providence, communauté fondée à Montréal en 1843, par Mgr Ignace Bourget et Mère Emélie Gamelin. Les S?urs reçoivent les premiers pensionnaires de l'État en logeant les femmes à la maison de la ferme St-Isidore de la Longue-Pointe et les hommes aux casernes d'Hochelaga.

En 1874, Mère Thérèse de Jésus fait construire le premier asile, lequel sera inauguré le 14 août 1875. L'Hospice St-Jean-de-Dieu a une capacité de 1200 malades. Un incendie majeur détruit l'Hospice le 6 mai 1890. On dénombre 80 victimes. Dans l'espace de quelques mois, on construit les "pavillons rouges" pour loger les malades. En 1897 débutent les travaux de construction de l'hôpital permanent. Cette même année, St-Jean-de-Dieu devient municipalité civile. Le 23 septembre 1898, il est érigé en paroisse canonique du diocèse de Montréal. Cependant, déjà en 1896, il y avait un aumônier résidant (l'abbé Joseph Robillard). Au cours des années, de nouvelles constructions ne cessent d'augmenter la capacité de l'Hôpital: 3000 lits en 1901; 4118 lits en 1930; 5874 lits en 1954.

Suite à une demande de l'archevêque de Montréal, Monsieur le Cardinal Paul-Émile Léger, les Spiritains acceptent de prendre la relève du clergé séculier et en octobre 1954, deux Pères Spiritains (Eugène Andlauer et Joseph Roy) s'installent dans l'aile réservée aux aumôniers au rez-de-chaussée, Est, du pavillon Bourget, pour se mettre au courant du ministère qu'ils auront à exercer auprès des religieuses et des malades. Deux prêtres séculiers sont encore sur place. Une lettre du Cardinal Paul-Émile Léger, datée du 14 février 1955, ratifie le choix de quatre Pères désignés par le Père provincial, pour la nouvelle communauté à St-Jean-de-Dieu. À partir du mois de mai 1959, un cinquième aumônier se joint à la communauté. Après des travaux de rénovation, les aumôniers montent d'un étage en fin 1967. L'Hôpital héberge alors environ 6000 patients. Les S?urs sont au nombre de 300 environ.

En juin 1974, S?ur Gilberte Villeneuve, Directrice générale de l'Hôpital et Mairesse de la Municipalité est remplacée par le Dr Lazure. En octobre 1975, les Spiritains, tout en assurant les services de pastorale à St-Jean-de-Dieu, vident le département de pastorale et déménagent vers une maison sur la rue Sherbrooke Est. Le 1er mars 1976, St-Jean-de-Dieu devient Louis-H. Lafontaine. En janvier 1981, la municipalité St-Jean-de-Dieu est annexée à la ville de Montréal. La paroisse St-Jean-de-Dieu est supprimée le 8 avril 1983. Au cours de ces années, la clientèle de l'hôpital a régulièrement continué à baisser. À cause d'un incendie majeur qui avait détruit toute l'aile des femmes en septembre 1977, à cause de nouvelles ressources psychiatriques à la grandeur de la Province, à cause de nouveaux médicaments rendant possible un début de désinstitutionnalisation et le développement de ressources d'hébergement dans la communauté, et aussi parce qu'un grand nombre de patients fut pris en charge par le réseau de la déficience intellectuelle de Montréal, l'Hôpital, qui hébergeait encore, en 1982, environ 3000 patients, ne compte plus que 706 patients au début de l'an 2000.

Quant à l'aumônerie, de cinq prêtres qu'elle comportait dans les années cinquante, elle a doucement diminué en nombre et changé d'orientation. En effet, l'accent est maintenant moins sur la sacramentalisation et davantage sur l'accompagnement spirituel. L'équipe du Service de pastorale comprend présentement un prêtre spiritain et un couple laïque, mais compte également sur l'apport d'un autre spiritain à titre de contractuel et de trois confrères spiritains comme bénévoles. Plus que jamais, en effet, les Spiritains croient au bien-fondé de leurs engagements auprès de personnes ayant des problèmes de santé mentale.


Raison d'être de l'engagement des Spiritains

En 1954, quand les Spiritains ont commencé à St-Jean-de-Dieu, ils comprenaient leur engagement comme une ?uvre mariale. En effet, 1954 avait été déclarée Année mariale pour souligner le centenaire du dogme de l'Immaculée Conception. En préparation de ce centenaire, le Cardinal Préfet de la Sacrée Congrégation des Religieux avait, déjà en 1953, demandé aux Supérieurs majeurs des Congrégations religieuses de prendre en main une ?uvre sociale pouvant s'aligner sur les buts de chacune des Congrégations. Notre engagement comportait donc une triple dimension: il s'agissait d'une ?uvre sociale, entreprise pour honorer Marie et mise sous sa protection, et il manifestait d'une façon désintéressée notre désir de répondre aux désirs des autorités ecclésiastiques et de nous insérer dans l'Église locale de Montréal. Le Père Lucien Michaud, alors Supérieur provincial, pouvait écrire à juste titre dans sa lettre du 17 février 1955, adressée aux confrères de la Province:

C'est bien là la grande ?uvre Mariale de la Province du Canada que nous avons acceptée dans les vues les plus pures pour obéir filialement aux désirs du Cardinal Préfet de la S.C. des Religieux. Daigne Marie bénir cette ?uvre. Qu'elle daigne aussi bénir notre bonne volonté dans le travail auprès d'âmes que l'on peut dire, pour le moins, malheureuses.

Le désintérêt fut d'autant plus remarquable parce que, dans ces années-là, tous nos efforts étaient orientés vers les missions en Afrique et que la pertinence de cette ?uvre, dite "sociale", était loin d'être évidente. Mais, l'Esprit savait bien que ces "âmes malheureuses" avaient de plus en plus besoin, dans la plus pure des traditions spiritaines, de personnes qui pouvaient leur apporter de l'espérance, se mettre à leur niveau, leur manifester du respect et défendre leurs droits les plus fondamentaux. Avec la Révolution tranquille s'amorçait un virage qui comportait comme effet secondaire un fort courant anticlérical et rendit suspect tout ce qui avait une saveur religieuse. Si l'expérience montre que la maladie mentale provoque facilement une crise existentielle et fait surgir des besoins spirituels sinon religieux, les patients étaient de plus en plus en contact avec un personnel laïque mettant l'accent sur une approche biopsychosociale et mettant en veilleuse la dimension spirituelle et religieuse. La fin du deuxième millénaire a vu une résurgence des valeurs spirituelles. Une quantité d'études scientifiques montre l'importance, même du point de vue économique, du support spirituel, voire religieux, des personnes aux prises avec des maladies de toutes sortes, la maladie mentale y comprise. L'engagement de notre équipe pastorale à Louis-H., tout en restant sous la protection de Marie, se veut donc plus que jamais une ?uvre sociale, dans la ligne de la Justice et de la Paix, deux valeurs qui sont promues à la grandeur de notre Congrégation.

Nous considérons comme partie constitutive de notre mission d'évangélisation:

  • la libération intégrale de l'homme;
  • l'action pour la justice et pour la paix;
  • et la participation au développement.

Nous devons, de ce fait, nous faire "les avocats, les soutiens et les défenseurs des faibles et des petits contre tous ceux qui les oppriment" (Règlements 1849; N.D., X, 517). Règle de vie spiritaine, n. 14.

 

Le responsable:
Cornélius Boekéma



 

Son histoire à vol d'oiseau


Le 24 octobre 1873, le Gouvernement du Québec signa un premier contrat avec les S?urs de la Providence, communauté fondée à Montréal en 1843, par Mgr Ignace Bourget et Mère Emélie Gamelin. Les S?urs reçoivent les premiers pensionnaires de l'État en logeant les femmes à la maison de la ferme St-Isidore de la Longue-Pointe et les hommes aux casernes d'Hochelaga.

En 1874, Mère Thérèse de Jésus fait construire le premier asile, lequel sera inauguré le 14 août 1875. L'Hospice St-Jean-de-Dieu a une capacité de 1200 malades. Un incendie majeur détruit l'Hospice le 6 mai 1890. On dénombre 80 victimes. Dans l'espace de quelques mois, on construit les "pavillons rouges" pour loger les malades. En 1897 débutent les travaux de construction de l'hôpital permanent. Cette même année, St-Jean-de-Dieu devient municipalité civile. Le 23 septembre 1898, il est érigé en paroisse canonique du diocèse de Montréal. Cependant, déjà en 1896, il y avait un aumônier résidant (l'abbé Joseph Robillard). Au cours des années, de nouvelles constructions ne cessent d'augmenter la capacité de l'Hôpital: 3000 lits en 1901; 4118 lits en 1930; 5874 lits en 1954.

Suite à une demande de l'archevêque de Montréal, Monsieur le Cardinal Paul-Émile Léger, les Spiritains acceptent de prendre la relève du clergé séculier et en octobre 1954, deux Pères Spiritains (Eugène Andlauer et Joseph Roy) s'installent dans l'aile réservée aux aumôniers au rez-de-chaussée, Est, du pavillon Bourget, pour se mettre au courant du ministère qu'ils auront à exercer auprès des religieuses et des malades. Deux prêtres séculiers sont encore sur place. Une lettre du Cardinal Paul-Émile Léger, datée du 14 février 1955, ratifie le choix de quatre Pères désignés par le Père provincial, pour la nouvelle communauté à St-Jean-de-Dieu. À partir du mois de mai 1959, un cinquième aumônier se joint à la communauté. Après des travaux de rénovation, les aumôniers montent d'un étage en fin 1967. L'Hôpital héberge alors environ 6000 patients. Les S?urs sont au nombre de 300 environ.

En juin 1974, S?ur Gilberte Villeneuve, Directrice générale de l'Hôpital et Mairesse de la Municipalité est remplacée par le Dr Lazure. En octobre 1975, les Spiritains, tout en assurant les services de pastorale à St-Jean-de-Dieu, vident le département de pastorale et déménagent vers une maison sur la rue Sherbrooke Est. Le 1er mars 1976, St-Jean-de-Dieu devient Louis-H. Lafontaine. En janvier 1981, la municipalité St-Jean-de-Dieu est annexée à la ville de Montréal. La paroisse St-Jean-de-Dieu est supprimée le 8 avril 1983. Au cours de ces années, la clientèle de l'hôpital a régulièrement continué à baisser. À cause d'un incendie majeur qui avait détruit toute l'aile des femmes en septembre 1977, à cause de nouvelles ressources psychiatriques à la grandeur de la Province, à cause de nouveaux médicaments rendant possible un début de désinstitutionnalisation et le développement de ressources d'hébergement dans la communauté, et aussi parce qu'un grand nombre de patients fut pris en charge par le réseau de la déficience intellectuelle de Montréal, l'Hôpital, qui hébergeait encore, en 1982, environ 3000 patients, ne compte plus que 706 patients au début de l'an 2000.

Quant à l'aumônerie, de cinq prêtres qu'elle comportait dans les années cinquante, elle a doucement diminué en nombre et changé d'orientation. En effet, l'accent est maintenant moins sur la sacramentalisation et davantage sur l'accompagnement spirituel. L'équipe du Service de pastorale comprend présentement un prêtre spiritain et un couple laïque, mais compte également sur l'apport d'un autre spiritain à titre de contractuel et de trois confrères spiritains comme bénévoles. Plus que jamais, en effet, les Spiritains croient au bien-fondé de leurs engagements auprès de personnes ayant des problèmes de santé mentale.


Raison d'être de l'engagement des Spiritains

En 1954, quand les Spiritains ont commencé à St-Jean-de-Dieu, ils comprenaient leur engagement comme une ?uvre mariale. En effet, 1954 avait été déclarée Année mariale pour souligner le centenaire du dogme de l'Immaculée Conception. En préparation de ce centenaire, le Cardinal Préfet de la Sacrée Congrégation des Religieux avait, déjà en 1953, demandé aux Supérieurs majeurs des Congrégations religieuses de prendre en main une ?uvre sociale pouvant s'aligner sur les buts de chacune des Congrégations. Notre engagement comportait donc une triple dimension: il s'agissait d'une ?uvre sociale, entreprise pour honorer Marie et mise sous sa protection, et il manifestait d'une façon désintéressée notre désir de répondre aux désirs des autorités ecclésiastiques et de nous insérer dans l'Église locale de Montréal. Le Père Lucien Michaud, alors Supérieur provincial, pouvait écrire à juste titre dans sa lettre du 17 février 1955, adressée aux confrères de la Province:

C'est bien là la grande ?uvre Mariale de la Province du Canada que nous avons acceptée dans les vues les plus pures pour obéir filialement aux désirs du Cardinal Préfet de la S.C. des Religieux. Daigne Marie bénir cette ?uvre. Qu'elle daigne aussi bénir notre bonne volonté dans le travail auprès d'âmes que l'on peut dire, pour le moins, malheureuses.

Le désintérêt fut d'autant plus remarquable parce que, dans ces années-là, tous nos efforts étaient orientés vers les missions en Afrique et que la pertinence de cette ?uvre, dite "sociale", était loin d'être évidente. Mais, l'Esprit savait bien que ces "âmes malheureuses" avaient de plus en plus besoin, dans la plus pure des traditions spiritaines, de personnes qui pouvaient leur apporter de l'espérance, se mettre à leur niveau, leur manifester du respect et défendre leurs droits les plus fondamentaux. Avec la Révolution tranquille s'amorçait un virage qui comportait comme effet secondaire un fort courant anticlérical et rendit suspect tout ce qui avait une saveur religieuse. Si l'expérience montre que la maladie mentale provoque facilement une crise existentielle et fait surgir des besoins spirituels sinon religieux, les patients étaient de plus en plus en contact avec un personnel laïque mettant l'accent sur une approche biopsychosociale et mettant en veilleuse la dimension spirituelle et religieuse. La fin du deuxième millénaire a vu une résurgence des valeurs spirituelles. Une quantité d'études scientifiques montre l'importance, même du point de vue économique, du support spirituel, voire religieux, des personnes aux prises avec des maladies de toutes sortes, la maladie mentale y comprise. L'engagement de notre équipe pastorale à Louis-H., tout en restant sous la protection de Marie, se veut donc plus que jamais une ?uvre sociale, dans la ligne de la Justice et de la Paix, deux valeurs qui sont promues à la grandeur de notre Congrégation.

Nous considérons comme partie constitutive de notre mission d'évangélisation:

  • la libération intégrale de l'homme;
  • l'action pour la justice et pour la paix;
  • et la participation au développement.

Nous devons, de ce fait, nous faire "les avocats, les soutiens et les défenseurs des faibles et des petits contre tous ceux qui les oppriment" (Règlements 1849; N.D., X, 517). Règle de vie spiritaine, n. 14.

 

Le responsable:
Cornélius Boekéma