Benin

 
Benin - 21-Dec-2011
Nouveau régime d'assurance maladie: "Un premier pas, mais la route est longue"
“D'un point de vue politique et éthique c'est une excellente décision qui aurait dû être prise depuis longtemps.

Mais au-delà de la volonté des gouvernants, le gros problème sera l'application du régime d'assistance sanitaire universelle : dans le système actuel pour 98% des béninois qui ont un emploi saisonnier et informel, il est presque impossible de payer une assurance maladie et l'État n'est pas en mesure de les soutenir. Il faudra entre 25 et 30 ans avant que le nouveau régime soit totalement opérationnel”: telle est la lecture faite à la MISNA par le sociologue et membre de la société civile, Urbain Amegbedji, au sujet du lancement officiel du dispositif de Régime d'assurance maladie universelle (Ramu).

Le président Thomas Boni Yayi a annoncé que “toutes les catégories sociales sans aucune distinction seront prises en charge au niveau sanitaire à partir du 1er avril 2012”, rapporte le site d'information ‘Sonangnon'. Le projet, au centre de l'attention du gouvernement depuis 2008, prévoit d'améliorer l'accès des populations à des soins de qualité, conformément à la constitution de 1990 qui reconnaît que “l'accès à un niveau de protection sociale adéquat” est un “droit fondamental de tous”. Ces derniers mois l'exécutif a décrété la gratuité du traitement de la malaria et de la césarienne.

“Je me demande avec quel argent la grande majorité des citoyens pourra contribuer au fonds d'assurance sanitaire qui implique le versement de cotisations mensuelles élevées. Pour ma famille, à savoir mon épouse et deux enfants, je paye environ 550 euros par an. Nous sommes peu nombreux à pouvoir se permettre une telle dépense. Lorsque nous allons à l'hôpital nous avons droit à tous les soins gratuits tandis que trop de béninois meurent chaque jour car ils n'ont pas les moyens de payer une assurance. De fait ils ne peuvent pas avoir accès aux soins et aux médicaments, ni même aux urgences hospitalières. C'est un système injuste qui doit être totalement revu” conclut l'interlocuteur de la MISNA.

La ministre de la Santé, Dorothée Kindé Gazard, considère le Ramu comme un “instrument qui offre des avantages sociaux et économiques indéniables” et constitue également un “facteur d'intégration nationale, de cohésion sociale, de paix et de progrès qui devrait mettre tous les citoyens à sur le même plan”.

Selon des données officielles, 52% des dépenses sociales sont supportées par les ménages béninois et 76% de ces dépenses sont consacrées aux produits pharmaceutiques et médicaux.

 

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