Benin

 
Benin - 21-Nov-2011
Après la visite du Pape, moment de "profonde réflexion"
Après le départ du Pape « dans le cœur des béninois reste une joie profonde et une pleine satisfaction du succès de cette visite, mais aussi de la profondeur des messages diffusés pendant son séjour », dit à la MISNA Jean-Marie Agoi, président de Caritas Bénin contacté à Cotonou, la capitale économique.

« Ses paroles simples, claires, fortes et compréhensibles par tous resteront longtemps dans les esprits et alimentent déjà des réflexions à la fois au niveau politique et social », a ajouté le responsable de l'organisation caritative catholique, soulignant qu'« avec son autorité morale, il a invité tous les dirigeants politiques et chacun d'entre nous à contribuer individuellement, en tant qu'africains, au développement de notre continent ».

Hier, 55.000 personnes ont assisté à la messe célébrée au Stade de l'amitié de Cotonou, et 30.000 autres ont suivi l'homélie sur de grands écrans disposés dans les alentours. Benoît XVI a prononcé son exhortation post-synodale apostolique à 150 évêques venus au Bénin des quatre coins de l'Afrique. La veille, lors d'une visite à Ouidah, où il y a 150 ans arrivèrent les premiers missionnaires, le Pape a signé le texte de son exhortation, intitulé « L'engagement pour l'Afrique », déjà défini «feuille de route» pour l'Eglise du continent, contenant les conclusions du deuxième Synode pour l'Afrique, qui s'est tenu au Vatican en octobre 2009. Le document appelle la classe politique à la bonne gouvernance, l'abolition de la peine de mort, la lutte contre les discriminations et les abus contre les femmes et les enfants.

« Lors de sa rencontre émouvante avec des enfants défavorisés de la paroisse de Sainte-Rita, tenue par les Sœurs de Notre-Dame de la Charité, le Pape a clairement indiqué que ce sont eux, les enfants, l'avenir de notre pays, de notre continent et que, par conséquent, une plus grande attention est nécessaire », rapporte le président de Caritas, avec l'espoir que « son exhortation à ne restera pas lettre morte, et se traduise au plus vite en action concrète ».

Au cours de sa deuxième visite en Afrique, après celle de mars 2010 qui l'a conduit au Cameroun et en Angola, Benoît XVI a également adressé un message d'encouragement, reçu avec grand enthousiasme. Il a parlé de l'Afrique comme « le continent de l'espoir qui a beaucoup de valeurs et d'atouts à exploiter », mais surtout comme le continent qui « à l'avenir, pourra montrer aux autres la voie à suivre », a déclaré à la MISNA père André Quenum, directeur de l'hebdomadaire ‘La Croix du Bénin'. Face à des centaines de milliers de fidèles, qui ont suivi étape par étape le séjour du Pape, il a lancé un appel fort qui pourrait donner un nouvel élan à tout le continent: « Afrique, lève-toi ! ».

Dans la société civile, il y a ceux qui, comme Urbain Amegbedji, secrétaire du centre ‘Afrika Obota', ont été impressionné par le message politique « fort et courageux » prononcé vendredi au Palais de la République, devant le président Thomas Boni Yayi et les ministres, pour demander « la bonne gouvernance, la fin de la corruption, qui ne fait autre que tuer les espoirs du peuple ».

Aujourd'hui, certains à Cotonou réfléchissent sur les paroles de Benoît XVI et cherchent à en tirer les conclusions, comme les Conférences épiscopales d'Afrique et de Madagascar, qui tiennent un colloque, alors que l'Eglise catholique du Bénin a déjà commencé à faire traduire l'exhortation apostolique dans les langues locales « pour être sûr que n'importe qui puisse le comprendre pleinement », précise père Quenum.

La visite du Pape a été une vraie « fête pour l'ensemble de l'Afrique », témoin de son engagement religieux, social et politique, aussi « au nom de la paix et la réconciliation » sans laquelle « il peut y avoir de développement inclusif » conclut le membre de la société civile.

 

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