Togo

 
Togo - 26-Jul-2013
Législatives: Parti au pouvoir en tête, mais le collectif avance
Au moins 66% des préférences et dans certaines circonscriptions la majorité absolue: sur la base des premiers résultats partiels des législatives d'hier, l'Union pour la République (Unir) du président Faure Gnassingbé arrive largement en tête. Le parti au pouvoir est né en avril dernier des cendres du Rassemblement du peuple togolais (Rpt), fondé par son père Gnassingbé Eyadéma, président pendant 38 ans, de 1967 à 2005.

Les résultats diffusés au fur et à mesure du dépouillement par la Commission électorale nationale indépendante (Céni) attribuent la seconde place au Collectif Sauvons le Togo (Cst, opposition), dirigé par Jean-Pierre Fabre, candidat malheureux aux présidentielles de 2010. Le Cst est suivi, à la troisième position, de la Coalition Arc-en-ciel qui aurait fait une incursion inattendue dans la circonscription électorale du Grand Lomé tout en conservant ses fiefs traditionnels de Yoto et de Vo. Hormis ces trois forces politiques, l'Union des forces de changement (Ufc) de l'opposant historique Gilchrist Olympio, réalise le plus bas score de son histoire en perdant plusieurs de ses bastions. Aucune liste indépendante ou de petits partis n'a réussi à émerger du lot.

Selon certains analystes les premières tendances des législatives, pour l'attribution de 91 sièges dans un parlement élargi, semblent indiquer une bipolarisation du paysage politique togolais entre l'Unir, parti largement composé de nouvelles têtes, et le Collectif Sauvons le Togo avec Fabre qui s'affirme comme le nouveau leader de l'opposition. Le vote d'hier devrait confirmer le recul d'Olympio, sanctionné par les électeurs pour sa politique d'alliance avec le pouvoir depuis 2006.

À deux ans des présidentielles, les législatives sont considérées comme une répétition générale clarifiant l'échiquier politique national. Hier si la tension était palpable, surtout dans certains quartiers de Lomé, fiefs de l'opposition, globalement les opérations de vote se sont déroulées sans incidents graves. De nombreuses insuffisances ont été signalées sur le plan logistique, comme du matériel manquant et des bureaux qui ont ouvert en retard, ayant porté la Céni à prolonger de plusieurs heures le scrutin, dans certains sièges jusqu'à 19h ou 20h. Le taux d'abstention oscillerait entre 30 et 35% des trois millions d'électeurs. Le seul incident marquant a été la fermeture à l'improviste de Radio Légende, une radio d'opposition, par les gendarmes qui ont bouclé le siège de la station en présence d'une foule de manifestants. Les transmissions ont été suspendues durant toute la journée sans aucune explication officielle des autorités.

 

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