Togo

 
Togo - 25-Jul-2013
Législatives: Aux urnes dans le calme pour un vote "d'espoir"
"Depuis 7h ce matin les togolais vont aux urnes dans le calme. Pour le moment la journée électorale se déroule tranquillement. Les citoyens voient dans ces législatives un vote d'espoir: celui de pouvoir choisir leurs représentants librement et dans la transparence. Mais le plus grand espoir est que tout se passe de façon pacifique".

Des sources missionnaires contactées par la MISNA à Lomé décrivent en ces termes le climat qui règne dans la capitale tandis que trois millions d'inscrits son attendus aux urnes pour les législatives. "La campagne électorale a suscité un grand intérêt ce qui pourrait laisser présager un bon taux de participation – poursuit l'interlocuteur de la MISNA – malgré une crainte voilée que des violences puissent troubler le scrutin. Ces derniers mois les tensions sociales et politiques n'ont pas manqué dans notre pays, espérons qu'elles se dissipent". A Lomé "le ciel est couvert, il pourrait pleuvoir, mais il fait frais. C'est la bonne température pour aller voter et pour apaiser les esprits", conclut la source locale.

Pour l'une des premières fois dans l'histoire électorale récente du Togo, l'opposition a décidé de ne pas boycotter le vote. Elle sera essentiellement représentée par la Coalition Arc-en-ciel et le Collectif Sauvons le Togo (Cst), qui pendant des mois ont manifesté pour dénoncer un processus "peu transparent" en faveur du président Faure Gnassingbé et de son nouveau parti, l'Union pour la République (Unir), l'héritier du Rassemblement pour le peuple togolais (Rpt) fondé par son père Gnassingbé Eyadéma, président pendant 38 ans, de 1967 à 2005. En tout 91 sièges – dix de plus qu'actuellement – sont à pourvoir à l'Assemblée nationale et 26 partis politiques prennent part au vote. Les bureaux devraient fermer leurs portes à 16h et les résultats ne seront pas connus avant plusieurs jours. Dans le parlement sortant le parti présidentiel détient 50 sièges sur 81.

L'Union Africaine et la Communauté économique des pays d'Afrique centrale (Cédéao) ont déployé des observateurs sur le terrain pour veiller au bon déroulement du scrutin. A partir de lundi dernier plus de 31000 agents des forces de sécurité et de défense ont voté régulièrement.

La campagne électorale, qui s'est conclue mardi à minuit, s'est déroulée sans aucun incident particulier, mais société civile, défenseurs des droits de l'homme et évêques ont exprimé toute leur "préoccupation" face aux tensions croissantes qui "menacent la paix sociale" et pourraient dégénérer à l'occasion du vote.

Depuis l'indépendance, en 1958, la petite ex-colonie française a été le théâtre de fréquentes violences politiques et électorales. Les présidentielles de 2005 se sont conclues par des centaines de victimes et des milliers de réfugiés dans les pays voisins. Le Togo a été gouverné par une main de fer pendant plus de 30 ans par le président Gnassingbé Eyadéma. À sa mort, en 2005, l'armé a porté au pouvoir son fils, qui a remporté en 2005 et en 2010 des scrutins présidentiels dont les résultats ont été contestés par l'opposition.

 

PDF