Togo

 
Togo - 10-Jul-2013
Accord gouvernement-opposition: Report des élections
Les élections législatives du Togo se tiendront le 25 juillet et non pas le 21, tandis que la campagne électorale se terminera le 23 du même mois. La nouvelle date du scrutin a été annoncée à l'issue d'un dialogue politique, qui s'est conclu mardi à Lomé par la signature d'un accord entre le gouvernement, la Coalition arc-en-ciel et le Collectif Sauvons le Togo (Cst).

Ces négociations, qui avaient débuté le 14 juin dernier, ont vu la médiation de Mgr Nicodème Barrigah-Benissan, évêque d'Atakpamé et président de la Commission vérité, justice et réconciliation (Cvjr), et de l'ambassadeur des Etats-Unis au Togo, Robert Whitehead. Selon les médiateurs, l'accord conclu confère "de plus grandes garanties pour un vote pacifique et serein".

L'accord prévoit notamment la désincarcération provisoire et la levée des restrictions imposées à certaines personnes prévenues et incarcérées dans l'affaire des incendies des marchés de Kara et de Lomé de janvier dernier, la prorogation du délai de dépôt des candidatures et le renforcement de la représentation de l'opposition au sein des commissions locales de la Ceni et des bureaux de vote. Le 25 juillet prochain, près de 3,1 millions de Togolais pourront élire 91 députés dans les 30 circonscriptions électorales qui composent le pays. Les législatives avaient été initialement prévues il y a neuf mois, avant d'être reportées du fait de tensions politiques et de protestations promues par la Coalition arc-en-ciel et le Collectif Sauvons le Togo, qui dénonçaient le manque de transparence du processus électoral, en faveur du président Faure Gnassingbé et de son parti Union pour la République (Unir).

Les deux forces de l'opposition pourront maintenant entamer leur campagne électorale, qui a officiellement début le 5 juillet. "25 juillet, Unir unit pour gagner" est le slogan choisi par le camp Gnassingbé, le seul en lice dans les 30 circonscriptions. Cependant, les débats voient déjà la participation active de l'Union des forces de changement (Ufc), de l'historique opposant Gilchrist Olympio, intégré au gouvernement de cohabitation, promu par le président Gnassingbé après sa réélection en 2010.

Jusqu'à présent, la campagne électorale se poursuit dans le calme, bien que les évêques du Togo, la société civile et les défenseurs des droits de l'homme aient dernièrement exprimé leurs "préoccupations" pour le mécontentement diffus et les tensions croissantes qui "menacent la paix sociale" et pourraient dégénérer au moment du scrutin. Depuis qu'elle a accédé à son indépendance en 1958, cette ancienne petite colonie française s'est souvent retrouvée le théâtre de violences politiques et électorales, soldées à la présidentielle de 2005 par des centaines de victimes et des milliers de déplacés.

 

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