Amérique latine

 
Amérique latine - 30-Apr-2014
Grysnpan prône un Segib encore plus "latin"
“Je ne veux pas que le Secrétariat général ibéro-américain (Segib) de Madrid soit représenté dans les pays latino-américains. Ce que je veux, c'est la latino-américaniser”, a déclaré la nouvelle responsable du Segib, la Costaricaine Rebeca Grysnpan.

Politicienne et économiste, ancien vice-secrétaire générale de l'Onu et administratrice associée du Pnud (Programme des Nations Unies pour le développement) – ainsi que deux fois vice-présidente du Costa Rica – elle a été élue à l'unanimité par les 22 pays de ce bloc et succèdera ainsi à l'Uruguayen Enrique Iglesias. Son objectif consiste à “renouveler” le Segib, organe permanent de soutien institutionnel et technique près la Conférence ibéro-américaine, fondée en 1991 à Guadalajara, au Mexique, pour réunir les Etats américains et européens de langues espagnole et portugaise afin de leur faire jouer un rôle plus fort dans le monde, a-t-elle déclaré dans une interview à l'agence espagnole Efe. De passage à Sao Paulo dans le cadre de sa tournée d'investiture dans les Etats membres du bloc, Mme Grysnpan a insisté sur la nécessité de sortir de la sphère espagnole, en commençant par augmenter les bureaux de représentation du Segib en dehors de l'Espagne et actuellement limités à Mexico, Panama, Brasilia et Montevideo. “Nous envisageons d'en ouvrir beaucoup d'autres, nous ne savons pas combien mais ils devront également changer de nature”, a assuré la nouvelle secrétaire générale du Segib en précisant que les bureaux de “représentation” de l'organisme devraient devenir des bureaux de “décentralisation” de la gestion. Mme Grysnpan a également reconnu que le Segib, fondé en 2003, “est peu connu des gens par rapport aux grands projets qu'il promeut”. Seul M. Iglesias, selon elle, a représenté jusque là le symbole de l'Ibéro-Amérique, “mais il est temps de développer cette institution en tant que telle”, a-t-elle ajouté. Selon cette ancienne vice-secrétaire générale de l'Onu, l'Amérique Latine peut également à travers le Segib former une “voix commune” pour contribuer au débat du programme du développement post-2015, où expireront les dits Objectifs du millénaire et où, selon elle, il faudra laisser la place à “une seconde génération de politiques publiques accompagnées par la croissance”. Les inégalités sociales, un des principaux problèmes de la région latino-américaine, “se combat par des politiques publiques actives. Nous avons remporté des victoires en augmentant l'équité ces dernières années mais si nous voulons continuer sur cette route – a encore déclaré Mme Grynspan – il nous faut changer de stratégie”.
 

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