Rwanda

 
Rwanda - 08-Jan-2014
Vingt ans après le génocide, une flamme pour la mémoire
La commémoration du 20ème anniversaire du génocide a commencé au Rwanda. Dans le cadre d'une cérémonie tenue au Mémorial de Kigali, la ministre des affaires étrangères Louise Mushikiwabo a allumé une torche pour symboliser la mémoire collective, qui sera transporter depuis la capitale dans tous les villages du pays avant le début de la période de deuil national, qui commencera le 7 avril.

Près de 800.000 personnes, tutsis et hutus modérés, avaient été massacrées d'avril à juin 1994 pendant les violences déclenchées par des milices de hutus extrémistes et des groupes armés. Chaque année, la seconde semaine du mois d'avril coïncide avec une période de deuil national pour le Rwanda : la télévision d'État retransmet alors les images des violences qui avaient bouleversé le pays en l'espace de 100 jours seulement, tandis que les habitants portent des vêtements couleur pourpre en signe de deuil. À distance de 20 ans – et en dépit de progrès économiques enviables pour de nombreux pays de la région – le génocide de 1994 n'est toujours pas un chapitre classé de l'histoire du Rwanda. Les opposants du président Paul Kagame accusent celui-ci et son parti du Front Patriotique rwandais (Fpr) – ancienne rébellion actuellement au pouvoir – d'avoir commis des abus et des massacres pour lesquels ils n'ont jamais été inquiétés et de bâillonner l'opposition politique et idéologique au mépris des droits de l'homme. Le 13 décembre dernier, Victoire Ingabire, leader du parti d'opposition des Forces Démocratiques Unifiées (Fdu-Inkingi) a été condamnée à 15 ans de réclusion pour “conspiration” contre l'autorité constituée, terrorisme et négation du génocide. Arrêtée en octobre 2010, alors qu'elle venait de revenir au Rwanda après 16 ans d'exil aux Pays-Bas dans l'intention de se porter candidate à la présidentielle, Victoire Ingabire accuse le régime de manipuler la magistrature pour réprimer toute forme d'opposition. De fait, la plupart des détracteurs du président Kagame se trouvent soit en exil soit en prison soit attendent d'être jugés.
 

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