Rwanda

 
Rwanda - 24-Apr-2014
Kigali: Fermeture du centre culturel français
Le centre culturel français de Kigali est fermé depuis plusieurs jours à la suite d'un acte d'expropriation délivré par la municipalité de la capitale pour non respect du plan urbanistique, a confirmé l'ambassadeur français en poste au Rwanda, Michel Flesch, qui a précisé que le terrain où se situe l'édifice blanc de l'institut a été remis aux autorités locales le 16 avril dernier.

Selon l'administration de Kigali, la France n'aurait pas valorisé le terrain conformément au plan urbanistique en vigueur, a précisé le diplomate, en indiquant que toutes les activités du centre culturel avaient été suspendues le temps de lui trouver un autre siège. Le Quai d'Orsay a quant à lui minimisé l'affaire, en annonçant que les cours se tiendraient dorénavant auprès de l'école française de Kigali et les autres activités dans la section francophone de la bibliothèque municipale. Les meubles et les documents du centre culturel ont quant à eux déjà été transférés dans une résidence appartenant à l'ambassade. L'expropriation du centre culturel français intervient en une période de nouvelles tensions diplomatiques entre Kigali et Paris, dont les représentants ont été tenus à l'écart de la célébration du 20ème anniversaire du génocide. Le 7 avril dernier, le président rwandais Paul Kagame a une nouvelle fois accusé indirectement la France pour son implication dans les massacres de 1994, qui n'a jamais été formellement reconnue. Écartant l'existence de toute relation entre la confiscation légale et la récente crise diplomatique entre le Rwanda et la France, le maire de Kigali, Fidèle Ndayisaba, a quant à lui précisé que la municipalité avait mis en œuvre la procédure il y a plusieurs mois et que le terrain occupé par l'Institut français du Rwanda (Ifr) n'avait pas été utilisé de manière rationnelle au regard de la loi de 2008 qui impose plusieurs coefficients de densité. Une première requête avait été remise aux autorités françaises dès novembre 2013, avec un délai de 90 jours, jusqu'en février dernier. Le mois dernier, la commune de Kigali a présenté une demande de confiscation en laissant à l'Ifr un délai de 30 jours pour mettre un terme à son occupation du terrain. L'acte d'expropriation invite la France à faire démolir l'immeuble dans les 15 jours en ce que celui-ci pourrait représenter une menace à la sécurité. À défaut, la démolition de l'édifice serait directement réalisée par la municipalité aux frais de l'ambassade de France. En théorie, la représentation diplomatique française est bénéficiaire pour ce terrain d'un bail de 30 ans, conclu en 2010 avec les autorités rwandaises, après que Kigali avait renoué des relations diplomatiques avec Paris. Entre 2006 et 2009, pendant les années de la rupture diplomatique entre les deux pays, l'Ifr était resté fermé.
 

PDF