Haïti -
23-juil.-2010
Le FMI annule la dette, le maire déplore une reconstruction "désordonnée"
Près de six mois après le terrible séisme du 12 janvier, le Fonds monétaire international (Fmi) a annulé la dette de 209 millions d'euros contractée par Haïti. Son annulation était réclamée à grands cris par la société civile et les organisations humanitaires qui opèrent dans le pays.
Le Fmi a par ailleurs octroyé à Haïti un nouveau prêt, soi-disant à des conditions privilégiées, pour contribuer à la reconstruction du pays. Pendant ce temps, les critiques se multiplient dans la capitale Port-au-Prince et les régions limitrophes ravagées par le séisme. Dans une interview à Alterpresse, le maire de la capitale Jean-Yves Jason déplore le manque de coordination et d'organisation entre le pouvoir central et les collectivités locales ainsi qu'entre les antennes territoriales, le gouvernement et les grandes ong. "Depuis la crise, je n'ai rencontré le président (René Préval, Ndlr) que deux fois, à ma demande. Et on n'a impliqué la mairie de Port-au-Prince dans aucune initiative en cours dans le cadre de la reconstruction. En dépit de nos multiples démarches pour demander l'intégration de la mairie dans les actions entreprises. [...] À Port-au-Prince, plus d'une centaine d'ong sont en fonctionnement, mais elles sont toujours réticentes à informer sur leurs actions et à laisser la mairie les accompagner. Néanmoins, nous travaillons avec une vingtaine d'entre elles de façon soutenue", soutient M Jason. Sous la pluie caractéristique de la saison estivale, des centaines de milliers de personnes vivent dans des conditions très précaires dans les tentes distribuées par des pays amis ou dans des abris de fortune au milieu de la ville. "Nous recevons quotidiennement environ 50 groupes qui viennent nous offrir un type de logement différent. Il y en a qui viennent seulement chercher une signature au bas d'un protocole de collaboration pour pouvoir entreprendre des recherches de fonds. J'ai signé un protocole avec l'ong Village du monde. L'argent est là, mais nous avons un problème cadastral. Les terrains appartiennent-ils à l'État, ou bien est-il prêt à les acheter pour les mettre à la disposition des collectivités ? Cette question n'a pas été soulevée. Nous ne savons rien d'un arrêté publié par le gouvernement pour déclarer d'utilité publique un périmètre du centre-ville. Ils ne m'ont pas rencontré et ne m'ont pas demandé ma vision de la ville", a dénoncé le maire de Port-au-Prince.