Afghanistan

 
Afghanistan - 29-May-2015
Talibans, une milice dans le Nord pour soutenir l'armée
Les législateurs et les experts de la Défense ont exprimé leurs préoccupations pour la formation d'une milice dans le Nord de l'Afghanistan, résolue à soutenir les forces de sécurité nationales. Une telle initiative pourrait néanmoins intensifier les rivalités locales et donner lieu à une guerre civile, en donnant à ces anciens seigneurs de guerre l'autorisation officielle de reprendre les armes.

Selon les rapports repris par les médias locaux, le gouverneur de la province de Kunduz, Omar Safi, a déclaré que 1000 effectifs locaux seraient répartis dans la région pour combattre les talibans et les mercenaires étrangers. M. Safi a également précisé qu'il avait sollicité la collaboration des sages de la zone pour convaincre les habitants à se joindre aux rangs de cette force depuis leurs secteurs d'habitation. L'offensive de printemps des talibans – dénommée Azm (“résoudre”) – s'est avérée cette année particulièrement violente dans les districts des provinces de Chardara, Imam Sahib, Khanabad, et Gul Tepe. Des dizaines de milliers de civils ont pris la fuite et, à moins que les combats ne cessent très vite, la plupart des semailles de la saison pourraient être définitivement perdues. L'intensité des récentes attaques à Kunduz a pris les forces de sécurité afghanes par surprise, générant de profondes préoccupations au sein des fonctionnaires du gouvernement de Kaboul et de ses alliés internationaux. Vers la fin du mois dernier, les miliciens talibans étaient parvenus à pénétrer à Kunduz, chef-lieu de la province, obligeant les agents de sécurité locaux à demander des renforts. Kunduz est le fief de différents groupes armés non officiels et, selon les estimations en circulation, le nombre total des membres de telles milices oscillent de 5000 à 10.000. Selon les observateurs, s'appuyer de nouveau sur ces groupes armés dans la lutte contre les talibans pourrait constituer une solution à court terme tout en donnant lieu à des répercussions extrêmement risquées pour la sécurité des populations riveraines. Au cours des 10 dernières années, le comportement prédateur de ces milices et les abus commis – dont des exécutions extrajudiciaire de civils, des mauvais traitement, des mises à sac – ont souvent induit les civils à soutenir les mouvements talibans.
 

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