Afghanistan

 
Afghanistan - 30-Oct-2015
Le défi de l'université pour les étudiantes
L'université reste un enjeu majeur dans la consolidation du développement de la situation des femmes en Afghanistan depuis la fin du régime taliban en 2001, tel qu'en témoigne le fait que les nombreuses Afghanes qui revêtent des fonctions publiques ou des postes administratifs de haut niveau dans le pays ont fait leurs études à l'étranger.

Des millions de filles ont recommencé à fréquenter l'école depuis 14 ans, mais encore rares sont les Afghanes inscrites à l'université. À la pénurie des structures et des possibilités de trouver un emploi s'ajoute la constante menace talibane qui freine toute initiative susceptible de développer la participation des femmes à la société afghane. Pour tenter de pallier ce vide, l'Université de Kaboul a mis en place un premier cours consacré aux études des femmes. En effet, en dépit des nombreuses difficultés, l'Afghanistan connaissait une tout autre situation dans les années 1970, avant l'invasion soviétique et la réaction intégriste successive. Avant la longue série de conflits – qui sévissent encore d'une certaine manière – les Afghanes figuraient au nombre des femmes les plus émancipées de la région, ce qui a rendu d'autant plus traumatisant pour elles l'annulation de leurs droits et libertés avec l'avènement au pouvoir des talibans en 1996. Seuls 18 femmes et 10 hommes sont actuellement inscrits au cours, entrepris malgré les fortes réticences exprimées jusque par les milieux musulmans modérés du ministère de l'Instruction et de l'Université de Kaboul, qui jugent contraire aux préceptes islamiques l'égalité des sexes. Cette initiative est d'autant plus rejetée qu'elle est considérée comme le résultat d'une intervention étrangère arbitraire : en effet, elle est financée par des fonds sud-coréens et du Programme des Nations Unies pour le Développement (Pnud) qui l'organise en collaboration avec le gouvernement de l'Afghanistan.
 

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