Afghanistan

 
Afghanistan - 31-Jul-2015
Colloques de paix, la menace des intérêts locaux
La formation de groupes de miliciens pour combattre les talibans ne servirait que les intérêts de certains individus et comporterait des conséquences néfastes pour les institutions nationales et pour les colloques de paix entre le gouvernement de l'Afghanistan et les rebelles, ont insisté des experts politiques afghans, convaincus que l'histoire du pays prouve à elle seule que la création de milices indépendantes n'a jamais abouti à la paix et même à contribué à détériorer la situation sécuritaire et le chaos en étendant les activités et le pouvoir de mouvements locaux et en leur donnant le droit de se défendre contre qui que ce soit.

Les experts estiment en effet que le gouvernement devrait dépenser davantage de ressources dans l'armée nationale afghane et dans ses forces de police au lieu de former des milices pour tenir tête aux talibans. En même temps, ils soutiennent que toute action lancée contre les miliciens talibans devrait être conforme à la législation nationale. À l'heure actuelle, l'Afghanistan compte près de 400.000 agents préposés à la sécurité, dont le personnel de police, l'Armée Nationale Afghane (Ana) et la Direction Nationale de la Sécurité (Nds). Cependant, le sens de la responsabilité et de la professionnalité fait souvent défaut aux effectifs de ces organes. Selon des sources de la presse locale, des officiers de police du district de Warduj, dans l'Est, et du district de Kohistanat, dans le Nord, auraient rejoint les rangs des talibans il y a quelques jours. Au bout de 14 ans d'insurrection, les talibans et le gouvernement afghan ont réussi à tenir un premier cycle de négociations directes à Murree, localité touristique située près d'Islamabad. Tout en reconnaissant que le processus sera long et difficile, les délégués du gouvernement, qui comprennent parmi eux le président Mohammad Ashraf Ghani en personne, sont optimistes quant à l'issue des colloques, susceptibles d'aboutir à une paix durable dans le pays. Au second cycle de colloques de paix avec les talibans, fixé au 31 juillet, les représentants du gouvernement espèrent pouvoir débattre de la question – tout aussi délicate que complexe – du cessez-le-feu.
 

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