Afghanistan

 
Afghanistan - 21-Jan-2015
Attaques contre les médias et les journalistes, la sécurité incombe au gouvernement
En Afghanistan, la violence et les menaces exercées contre les journalistes par le gouvernement et les forces de sécurité ne cessent d'augmenter, mettant en péril la liberté de presse acquise après 2001, affirme Human Rights Watch (Hrw), dans un rapport paru ce mercredi.

Ce rapport de 48 pages intitulé “Arrête ou on va tuer ta famille : menaces contre la liberté des médias en Afghanistan” mentionne les agressions, les intimidations et les attaques subies par les journalistes et l'échec du gouvernement afghan à enquêter et poursuivre leurs auteurs. L'absence de protection pour les journalistes a fomenté les détracteurs de la moindre critique contre le régime, comme les forces de sécurité et autres sujets puissants de la société afghane. L'insurrection des talibans a considérablement contribué à ce climat de peur, en visant directement des journalistes qui donnaient des informations défavorables. Le gouvernement devra donc agir de façon résolue pour mettre fin à la violence et aux intimidations et les talibans devraient cesser leurs attaques contre des organisations civiles, y compris les médias. “Depuis 2002, les dirigeants afghans, les seigneurs de guerre et les insurgés ont menacé, agressé, tué des dizaines de journalistes, sans aucune crainte de représailles”, a déclaré Phelim Kine, vice-directeur de Hrw pour l'Asie. Dans son rapport le plus récent, l'organisation des médias afghans a déclaré 2014 l'année la plus violente à avoir jamais été enregistrée pour les journalistes en Afghanistan, avec une augmentation de 64% des attaques depuis 2013. Selon le rapport, les journalistes qui travaillent à l'extérieur des principales villes du pays sont plus exposés aux agressions de puissants individus et groupes en ce qu'ils y manquent d'une protection de base, telle celle fournie aux grands médias afghans, et de la présence d'organisations internationales. Plus particulièrement, les journalistes doivent affronter de grands défis : les restrictions sociales et culturelles limitent leur mobilité dans de nombreuses zones urbaine et rurales en les exposant davantage aux agressions et aux menaces. Pendant sa campagne électorale, le président Ashraf Ghani s'est engagé à laisser tomber toutes les accusations politiquement motivées et infondées contre les journalistes et a promis de sutenir la liberté d'expression et la protection des journalistes contre les abus. “La réforme de la loi serait un progrès vital pour assurer aux journalistes afghans la possibilité de faire leur travail (…). Mais le nouveau gouvernement de l'Afghanistan a besoin d'affronter les problèmes de la sécurité nationale pour garantir aux journalistes qu'ils puissent travailler sans risquer leur vie”, a souligné M. Kine.
 

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