Kenya

 
Kenya - 28-Sep-2017
Alarme des Evêques à propos du risque d'effondrement économique et de conflit ouvert en l'absence de dialogue entre les forces politiques
« Majorité et opposition doivent écouter l’appel au dialogue lancé par la Commission électorale indépendante (IEBC) afin que les élections du 26 octobre soient libres, correctes et crédibles » affirment les Evêques du Kenya dans une déclaration envoyée à l’Agence Fides exprimant « leur préoccupation profonde pour l’état de notre nation ».

L’IEBC se trouve cependant au centre de polémiques en ce qu’elle est accusée de ne pas être impartiale par le cartel de l’opposition dénommé NASA (National Super Alliance), dont le candidat, Raila Odinga, était arrivé en seconde position dans le cadre des élections présidentielles du 8 août dernier, annulées par la suite par la Cour Suprême après que l’opposition ait présenté un recours, faisant état de fraudes relatives au système de vote électronique (voir Fides 09/08 et 01/09/2017). Les nouvelles élections, prévues dans un premier temps pour le 17 octobre, ont été par ailleurs repoussées au 26 octobre à cause de problèmes d’organisation de l’IEBC. Le 26 septembre, la police a dispersé quelques 300 manifestants de l’opposition se trouvant face au siège de l’IEBC et demandant la démission de ses dirigeants.
A son tour, le Président sortant, Uhuru Kenyatta, qui avait remporté les élections annulées, accuse la Cour Suprême d’avoir commis un coup d’Etat au travers de sa décision. Dans les motivations de cette dernière, la Cour accuse l’IEBC d’avoir proclamé les résultats du scrutin sur la base de données incorrectes. Elle affirme en outre que le « système informatique a été infiltré et compromis de telle manière que les informations qui y étaient contenues aient été modifiées ».
Dans ce climat de forte tension politique et institutionnelle, les Evêques soulignent que « si la voie du dialogue et de la confrontation réciproque n’est pas suivie et que les étapes nécessaires à la stabilité et à la gestion effective ne font pas l’objet d’un accord, le risque de précipiter dans un conflit ouvert et un effondrement économique devient réel et ceci doit être évité à tout prix ».
Les Evêques en appellent au Président, Uhuru Kenyatta, afin qu’il « s’érige en symbole de l’unité nationale et indique la direction nécessaire en ce moment ». La déclaration invite par ailleurs majorité et opposition à travailler en faveur du bien commun, dans l’espoir que « ce cri provenant de nos cœurs soit écouté de bonne foi et qu’il permette de nous arrêter un moment pour comprendre que nous sommes tous vainqueurs lorsque l’on s’assoit autour d’une table pour parler ».
« Nous invitons tous les kenyans et les personnes de bonne volonté à éviter les manifestations violentes, les discours incendiaires et les menaces qui ne peuvent que renforcer la tension autour des élections. Nous continuons à prier pour notre pays afin qu’il puisse avoir des élections pacifiques et crédibles » conclut le Message. (L.M.) (Agence Fides 28/09/2017)
 

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