Congo Kinshasa RDC

 
Congo Kinshasa RDC - 23-Jan-2018
Annonce de tirs à balles réelles contre les manifestants de la part de la Nonciature apostolique et de la poursuite du mouvement de la part des laïcs catholiques
« Le gouvernement cherche actuellement à rejeter sur les organisateurs de la marche de protestation la responsabilité des violences de Dimanche (dernier NDT) » indiquent à l’Agence Fides des sources de l’Eglise en République démocratique du Congo où, le 21 janvier, dans différentes villes du pays, les forces de l’ordre ont réprimé dans le sang les manifestations organisées par le Comité Laïc de Coordination (CLC – organisation du laïcat catholique) pour demander au Président, Joseph Kabila, une déclaration par laquelle il s’engage à ne pas se présenter à sa propre succession, conformément à la Constitution et dans le respect des Accords de la Saint Sylvestre 2016.

Malgré la répression, les laïcs catholiques ne démordent pas, parce que, comme l’indiquent les sources de Fides, « ils veulent organiser d’autres manifestations de protestation et ce parce qu’il est maintenant nettement perceptible que ceux qui sont au pouvoir ne veulent pas le céder. Les marches demeurent donc la seule forme de protestation, même si insuffisant, pour faire pression et espérer que quelque chose change à l’intérieur du régime présidentiel ».
« De la dizaine de prêtres arrêtée Dimanche 21 janvier, on ne sait encore rien » affirment nos sources. « On sait seulement que l’un des prêtres arrêtés a été accusé par un Ministre de tentative d’agression parce que, en compagnie d’autres personnes, il s’était réfugié dans une maison appartenant au Ministre en question pour échapper au tir de grenades lacrymogènes de la police. Le Ministre et propriétaire a par suite accusé le prêtre et les personnes qui l’accompagnaient de tentative d’agression, mais il s’agit d’une version faussée des faits ».
« En conclusion, les laïcs catholiques ont pris la conduite des protestations contre J. Kabila. Différents Curé ont adhéré aux initiatives de protestation mais celles-ci ne sont pas parties de la CENCO (Conférence épiscopale nationale du Congo) pas plus que des Evêques pris singulièrement. Il s’agit, il faut le rappeler, d’initiatives prises par les laïcs » concluent nos sources.
Dans une Note technique remise aux moyens de communication par la Nonciature apostolique à Kinshasa, est confirmé le fait que les forces de l’ordre ont tiré à balles réelles, potentiellement létales, contre les manifestants dans la capitale, Kinshasa, et dans les villes de Kisangani (nord-est), Goma et Bukavu (Nord et Sud Kivu, dans l’est), Lubumbashi (sud-est) et Mbuji-Mayi (centre du pays). La note, intitulé « Paroisses bouleversées par les forces de l’ordre », accuse la police d’avoir encerclé des églises et d’avoir tiré des grenades lacrymogènes ainsi que des balles réelles.
Selon la note de la Nonciature, « au moins un prêtre a été blessé et trois autres ont été arrêtés à Kinshasa ». L’une des six victimes confirmées par la Nonciature a été tuée devant l’église Saint François – et non pas celle de Saint Kizito comme nous le mentionnions hier. Il s’agissait d’un « aspirant à la vie religieuse ». (L.M.) (Agence Fides 23/01/2018)
 

PDF